Marianne Paul-Boncour, Patrick de Sinety, auteurs de Voyage au pays des Gagaouzes. Mai 2007.

Marianne Paul-Boncour et Patrick de Sinety, vous venez de sortir un livre sur la Gagaouzie intitulé "Voyage au pays des Gagaouzes". Qu’est-ce qui vous a décidé à partir dans cette région ?

De retour d’un voyage en Russie où nous avons pénétré en terres tatare et kalmouke, nous avons cherché, une fois rentré en France, à en savoir davantage sur ces populations, leur langue, leurs traditions, parfois même des institutions politiques…

Et ne trouvant rien à leur sujet en librairie voire même en bibliothèque, nous avons décidé de nous y atteler, et de créer cette collection à la fois ethnographique et littéraire “Voyage au pays des…”

L’idée est d’aborder en une centaine de pages, l’histoire et les cultures de populations méconnues.

Nous ne sommes pas des spécialistes, simplement des voyageurs curieux, attirés par des destinations à la fois peu fréquentées et habitées par une mémoire littéraire, politique, historique.

Nous inaugurons cette collection avec les Gagaouzes, au nom d’une part étonnant, et population en pleine quête d’identité depuis qu’ils ont gagné leur autonomie à la chute de l’URSS.

Le deuxième titre que l’on publie est consacré aux Mapuches, indiens indomptables du Chili. L’idée étant de bien alterner les continents.

Quelle est l’anecdote que vous aimez raconter à propos de votre périple gagaouze ?

Le simple fait de raconter que le peuple gagaouze existe, qu’ils ont même leur région autonome, la Gagaouzie, avec une capitale, Comrat, et que la superficie du territoire équivaut au département des Yvelines, suffit en général à attiser la curiosité de nos interlocuteurs.

Avec davantage de temps, nous aimons particulièrement raconter notre rencontre avec Mikhail Formuzal, maire de Ceadir Lunga, que l’on peut considérer comme la deuxième ville de Gagaouzie, devenu peu de temps après notre rencontre, le Bashkan (équivalent d’un gouverneur) de la Gagaouzie, contre toute attente.

Il était le principal opposant de Tabunshik, jusqu’alors Baskan et marionnette de Chisinau, Formuzal était au plus mal lorsque nous l’avons rencontré (il lui était interdit de quitter sa ville, lui et son entourage subissait des pressions de toutes sortes, etc.) Mais il est parvenu à séduire les habitants de la province à force de pugnacité. Il fait parti de la nouvelle génération, et incarne à ce titre une certaine ouverture, et, peut-être, l’espoir du changement…

Quels conseils donneriez-vous à un touriste qui souhaiterait s’égarer à Comrat ?

De suivre les conseils pratiques figurant à la fin du livre, un peu à la façon d’un carnet de route. Pour y aller, effectivement, rien de plus simple. Vol Paris-Chisinau, puis deux petites heures de route en bus dans la belle campagne vallonnée moldave.

Sur place, on peut véritablement creuser l’histoire des Gagaouzes, grâce aux musées répartis en au moins trois lieux du territoire.

On peut également se procurer de jolis tapis made in Gagaouzie. Attention, ils sont de réputation internationale, et puis il faut rapporter du bon vin du terroir gagaouze. Il est divin !

Propos recueillis par Florent Parmentier