Christian Heitzmann, représentant de l’ONG Partenaires. Décembre 2005.

« Un projet au service des enfants handicapés et défavorisés »

1) Comment avez-vous fait le choix de la Moldavie ?

Partenaires privilégie les pays un peu oubliés du reste du monde. Rien que pour cette raison, la Moldavie pouvait déjà rentrer dans la liste des pays prioritaires. En outre, nous étions présents sur tous les continents, sauf en Europe et c’est bien vers le pays le plus pauvre de ce continent que nous devions nous tourner. Surtout, élément fondamental pour notre intervention, nous y avons trouvés des partenaires locaux dont la motivation et l’engagement ont achevé de nous convaincre de mener des programmes en Moldavie.

2) Quels sont vos domaines d’activités sur place ?

En 2003, nous avons menés un programme pilote en participant à la construction d un centre pour les enfants handicapés et défavorisés de Perecesina : nous y avons construit les sanitaires et installé le chauffage. Aujourd’hui, cette institution permet a une cinquantaine d’enfants de profiter d’une bonne rééducation de la scolarisation, et de l’accès à la culture. L’un des aspects du projet qui nous avait séduit résidait dans le volet consistant a faire changer le regard des gens sur le handicap, grâce par exemple à des pièces de théâtres ou des peintures réalisées par ces enfants et produites devant les habitants de la ville.

Cette expérience nous a sensibilisé à la situation des enfants handicapés en Moldavie. Nous intervenons maintenant dans plusieurs écoles-internats auxiliaires, institutions accueillant des enfants handicapés mentaux légers de familles dépourvues de moyens. Nous réhabilitons le système sanitaire, souvent obsolète, conduisant les enfants à se soulager dans des latrines de fortune a l’extérieur.

Nous mettons en place des programmes d’animation avec de jeunes bénévoles venant passer plusieurs mois dans une institution, nous souhaitons créer une ferme pédagogique et mettons en place des programmes de formation professionnelles comme la pyrogravure ou la coiffure afin que ces jeunes puissent avoir quelque chose entre les mains a leur sortie. Nous avons, grâce à l’Alliance française mené un programme d’échange franco-moldave avec des pédo- psychiatres des deux pays. Nos partenaires sont les internats de Sculeni, Popeasca, Crihana Veche et Nisporeni et un orphelinat de la région de Soroca.

Enfin, nous avons pris en charge le salaire d’un professeur d’informatique au centre Amicul de Chisinau.

3) Comment se déroulent vos opérations ?

Nous avons un volontaire sur place, Monsieur Hervé Dupouy, un bureau a Chisinau et sommes officiellement enregistres. Nous nous appuyons beaucoup sur nos partenaires et tentons de pérenniser au mieux nos interventions. Nous sommes pleinement satisfaits de la motivation et du désir du personnel encadrant de ces institutions d’aider au maximum les enfants dont ils ont la charge. La Moldavie est un pays bureaucratique, mais par rapport à d’autres régions où nous intervenons, nous perdons beaucoup moins de temps en palabre avec l administration. On est tout de même très libre d’agir et pour nous c’est nouveau !

Pour en savoir plus, consultez le site d’ONG Partenaires : http://www.partenaires-association.org/

Propos recueillis par Florent Parmentier, analyste-politique pour Moldavie.fr