Il a quitté la France pour s’installer en Moldavie

Tandis que des milliers de Moldaves quittent leur pays natal dans l’espoir qu’un pays d’accueil leur offrira une vie meilleure, il y a des étrangers qui voudraient prendre des racines en Moldavie. Ayant quitté la France, un jeune Français souhaite rester ici pour toujours. Il est tombe « follement » amoureux de Chisinau et fait de son mieux afin de s’adapter le plus vite possible aux traditions du pays, travaillant aux côtés des Moldaves.

L’hospitalité l’a conquis

Anthony Le Trionnaire
Anthony Le Trionnaire

Anthony Le Trionnaire a 27 ans et il est originaire de la région française de Bretagne. Il y a un an, il a dit au revoir à ses parents et à la France et a pris la route de l’Est. « Je suis venu en Moldavie pour la première fois il y a deux ans. Je faisais mes études à une école de santé publique de Paris qui a des échanges avec la Moldavie. Donc, on m’a proposé de venir dans ce pays. Je ne savais pas où il se trouvait et je le cherchais sur la carte de l’Amérique, alors qu’en fait c’est en Europe de l’Est », se rappelle Anthony de son premier contact avec la Moldavie.

Il s’est mis en route sans préjugés et sans même se faire des impressions avant d’entrer en contact direct avec des Moldaves. « Bien sûr, je ne m’imaginais pas que c’était un pays d’Afrique où les gens sont vêtus de feuilles. Je n’ai pensé à rien et je n’ai pas cherché des informations sur l’Internet », dit Antony.

Il est difficile pour lui d’expliquer ce qui l’a fait choisir notre pays. Il est tombé amoureux de la Bessarabie et c’est tout ! Tout d’abord, Anthony a été impressionné par les valeurs familiales et les relations amicales étroites entre les Moldaves, ainsi que par l’hospitalité avec laquelle ils traitent les étrangers. « Chez nous, c’est un peu différent. Nous ne sommes par autant ouverts et j’ai été étonné de voir comme vous êtes accueillants. J’ai déjà de nombreux amis ici et je reconnais que je parle plus à des Moldaves qu’à des Français », dit le jeune homme.

Au bout d’un mois, il a trouvé un emploi, sans même connaître la langue

Le premier mot qu’il a appris en roumain était : Noroc (Bonne chance en français). Il sait encore quelques phrases en russe. « Je prends des leçons hebdomadaires de langue roumaine et je peux déjà former des propositions. Je comprends ce que les gens disent, parce que quand je fais des achats je m’adresse en roumain, mais j’ai dû aussi apprendre quelques phrases en russe, car partout on l’entend et c’est plus facile pour moi dans certaines circonstances, vu que les Russes ne parlent pas roumain », remarque le Français qui s’est récemment fait un compte sur le réseau social russe odnoklassniki. « Ce réseau est très bien et je l’aime plus même que Facebook. »

Au début, c’était difficile pour Anthony de trouver un emploi parce qu’il est venu en Moldavie sans savoir même où il allait dormir et habiter. « Au bout d’un mois, j’ai trouvé du travail. J’ai demandé à tous mes amis de m’aider. Je voulais travailler dans un ONG en tant qu’avocat, car c’est mon métier, mais il était difficile parce que je ne savais pas le roumain. Cependant, je suis heureux de mon travail, mon salaire est d’environ 300 euros », dit Anthony, qui est manager des ventes dans une compagnie spécialisée en consultance et services d’externalisation informatique.

Il fait les emplettes au marché central

L’argent qu’il gagne lui suffit pour s’entretenir un mois et il fait même des économies. « Je fais des achats au marché central, j’ai me suis acheté une chemise là-bas et j’ai même appris à négocier avec les vendeurs. Je le dis car, la première fois que je suis venu à Chisinau, j’ai pris un taxi dans le centre de la ville pour aller dans un autre secteur, très proche, et parce que je ne parlais pas roumain, le chauffeur s’est rendu compte que je suis étranger et m’a demandé un prix double. Sinon, le salaire me suffit vraiment et quand je pars en France et le chauffeur de taxi me demande 35 Euros, je dis : « Oh, combien j’achèterais de cet argent en Moldavie et même je pourrais vivre une semaine avec cela », raconte Anthony.

Pendant son temps libre il participe à diverses activités. « J’ai une vie sociale très active. Je participé à diverses formations. Je visite des aménagements paysagers – Orheiul Vechi, la forteresse de Soroca, le monastère de Capriana. Vous avez de jolis endroits. J’ai invité mes parents en vacances ici, parce qu’il y a des choses à voir », ajoute Le Trionnaire enthousiasmé.

Les chauffeurs sont comme des Schumacher

Cependant, il y a des choses qui le laisse bouche bée. Par exemple, les voyages en minibus. « Pour la première fois dans ma vie, j’ai vu un minibus transporter des passagers dans la ville. Surtout avec une vitesse comme si c’était Schumacher. On y fait entrer tellement de gens, comme si les murs étaient élastiques ! A part cela, il y a des éléments hérités de la période communiste : les ascenseurs, certains immeubles et la bureaucratie », dit le jeune homme.

Les saisons lui donnent des maux de tête, surtout la froideur et la chaleur. « Chez nous, en Bretagne on n’a pas moins de -5 degrés en hiver et si la neige monte à 5 centimètres, personne ne va au travail, mais ici les gens sont habitués. À -25 degrés, tout le monde va au travail. La même chose en été, quand la chaleur est insupportable certains jours, mais on voit de gens se balader tranquillement dans les rues. En France, personne ne sortirait de chez soi », dit en souriant le jeune Français.

Il n’a pas encore de petite amie, mais il souhaiterait avoir une relation avec une Moldave. « La première fois quand je suis venu ici, j’ai été étonné par la beauté des femmes moldaves et je demandais si on les fabriquait quelque part. J’ai vraiment rien que de beaux mots pour elles et en général vous êtes un peuple avec beaucoup de capacités et vous avez du potentiel économique. J’aime la Moldavie et je voudrais m’y installer définitivement », dit Anthony Le Trionnaire pour conclure.

Article repris sur le portail http://www.ziarulnational.md/a-parasit-franta-pentru-a-se-stabili-in-r-moldova/

Traduit par Liliana ANGHEL.

Le 11 décembre 2013