A la recherche de la société civile : une conférence sur la Moldavie au Palais du Luxembourg

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Article de Gilles Ribardière

Le 14 février dernier, les Moldaviens et Jean-Jacques Combarel réunissaient un public attentif dans les locaux du Palais du Luxembourg, grâce à la Sénatrice Josette Durrieu.

La conférence était consacrée à l’émergence d’une société civile en Moldavie, dans le contexte de l’intégration européenne. Animée par Florent Parmentier, la conférence permit d’entendre deux intervenants : David Cadier, enseignant à Sciences Po Lille et spécialiste de la politique étrangère des pays d’Europe Centrale, et Nikki Ikani, membre du projet collectif de Sciences-Po Paris qui a travaillé sur la création d’un Conseil économique, social et environnemental en Moldavie. L’assistance a eu en outre la chance d’écouter S.E. Oleg Serebrian, ambassadeur de la République de Moldavie.

David Cadier proposait une réflexion sur la société civile dans le partenariat oriental, inspirée par les débats centre-européens actuels et passés, avec un intérêt particulier pour le cas de la Moldavie. De son côté, Nikki Ikani rendait compte des conclusions du projet collectif dont elle faisait partie, piloté par Florent Parmentier et Gilles Ribardière. Ce projet collectif de 2010-2011 comptait cinq membres du Master affaires européennes de Sciences Po : Nikki Ikani, Oana Badan, Pauline Lejeune, Hélène Merlot et Charlotte Norlund-Matthiessen.

Le propos de David Cadier permettait de comprendre ce qu’était le « partenariat oriental ». Il s’agit de la mise en œuvre d’un travail de coopération entre, d’une part, l’Union Européenne et, d’autre part, les 3 pays du Caucase (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan), le Belarus, l’Ukraine et la Moldavie. Cette coopération a pour objectif d’accompagner ces pays dans la voie des réformes afin qu’ils se rapprochent des standards « ouest-européens », certes grâce à des réformes économiques, mais aussi grâce à des réformes démocratiques.

David Cadier a pu illustrer par l’exemple de la Moldavie les effets possibles de cette coopération en indiquant quels progrès avaient été accomplis ; ainsi a-t-il pu rendre compte d’un classement qui place le pays au premier rang quant à la densité d’intégration, ainsi que pour l’adoption des normes européennes. En revanche, il se situe en seconde place pour la gouvernance, derrière la Géorgie.

Par ailleurs, la Moldavie obtiendrait un très bon score en termes d’implication de la société civile (à cet égard, on notera qu’il y aurait 6000 ONG dans le pays), une faiblesse notoire étant à regretter en matière d’éducation.

Le propos de Nikki Ikani était parfaitement complémentaire de celui de l’intervention précédente. Elle montra comment, petit à petit, la Moldavie structurait sa société civile, tout en pointant la faiblesse évidente du dialogue social entre les différents partenaires sociaux (syndicats comme patronat), les difficultés économiques du pays, avec notamment une agriculture ayant été déstructurée, et la sécession de la Transnistrie. Mais il est à souligner que cette situation a permis aux étudiants du projet collectif de faire une proposition originale : associer au fonctionnement d’un Conseil économique, social et environnemental des représentants de la Transnistrie. La synthèse de ce projet est d’ailleurs téléchargeable ici.

Le débat permis à Madame Durrieu, ainsi qu’à Monsieur l’Ambassadeur Oleg Serebrian, de souligner les efforts accomplis dans le pays pour se rapprocher des normes européennes, tout en reconnaissant que le chemin serait encore long notamment compte-tenu des difficultés économiques.

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