Arnaud Galy, responsable de publication de la revue Zig Zag, mars 2010.

Arnaud Galy, vous êtes responsable de publication de la revue « Zig Zag ». Pouvez-vous la présenter ?

Le magazine en ligne ZigZag est né à l’automne 2009. L’équipe de journalistes, photographes, graphistes, enseignants et traducteurs qui le conçoit est disséminée en France, Pologne ou Roumanie. Sans oublier, deux Moldaves expatriées…

Il a deux objectifs majeurs : le premier est d’être divertissant et rigoureux en publiant des articles et des reportages ayant un en rapport direct avec la francophonie. Il peut s’agir de reportages de découverte illustrant des pays francophones, de chroniques littéraires ou cinématographiques, de sujets en rapport avec l’environnement, l’histoire ou la société. Régulièrement, nous publions des articles prêtés par des journaux francophones du monde entier, qu’ils soient suisses, québécois, iraniens ou libanais… Une large part du sommaire est, naturellement, consacrée à la France car nous ne perdons pas de vue l’attrait de Paris et de la France ! Cela dit, nous souhaitons proposer un horizon le plus large possible afin que les francophones et francophiles du monde entier se sentent reliés.

Le second objectif, qui va de paire, est d’offrir aux enseignants, aux apprenants et aux amoureux de la langue et de la culture une « matière première » en mots et en images. Nous pensons que les établissements scolaires, les centres culturels ou les Alliances Françaises verront un intérêt à diffuser ZigZag au sein de leur médiathèque. Les sujets sont imprimables facilement grâce à des fichiers PDF et nous n’interdirons à aucun enseignant d’utiliser une photographie captée dans le magazine. Dans le cadre de son exercice professionnel… bien entendu ! Zigzag a été conçu comme une « fenêtre ouverte » sur des sociétés différentes reliées par la langue française. Avec elle chacun vit, survit, crée, reproduit, échange, lègue… chacun selon sa propre histoire et selon les conditions offertes par sa terre natale ou sa terre d’adoption. Grâce à cette langue commune nous avons un moyen de goûter ou bénéficier de l’expérience de tous… ZigZag, en toute modestie, contribuera à cet échange Nord-Sud et Est-Ouest.

Votre site propose des lexiques et des lectures audio pour les roumanophones. De quoi s’agit-il ?

L’idée est très simple… tous les deux mois nous proposons un certain nombre d’articles dotés de lexiques et de lectures audio. Nous tenons à une distinction entre les francophones et les francophiles. Nous souhaitons, simplement, que les francophiles ou les apprenants de tout âge, ne soient pas exclus de la lecture de ZigZag.

Les Moldaves et les Roumains développent une sensibilité toute particulière pour la langue française et à l’espace francophone mais cela ne signifie pas que tous parlent un français qui leur permette de lire et de comprendre tout type de textes. C’est pourquoi nous publions en ligne des lexiques pour faciliter la lecture et la compréhension. A cela nous ajoutons des lectures audio qui offrent à tous la possibilité d’avoir la musicalité de la langue dans l’oreille. Nous pensons que la lecture d’un texte et son écoute simultanée sont un outil d’apprentissage, qui plus est… divertissant ! Permettez-moi de préciser que des lexiques en anglais, polonais et russe sont aussi disponibles.

Comment définiriez-vous la communauté francophone, et la place des Moldaves dans celle-ci ?

Dégager une définition de la communauté francophone est un défi dans lequel je ne m’aventurerai pas ! D’autant plus que je tiens à ma distinction francophonie – francophilie… Cela dit pour qu’un Moldave développe un esprit de communauté en liaison avec un Québécois, un Haïtien, un Libanais, un Malien ou un Français il faut qu’il puisse utiliser la langue comme un outil de découverte. C’est un acte volontaire.

Le temps est révolu où la France rayonnait, où elle imposait plus ou moins ses valeurs sur des parcelles du monde. Aujourd’hui l’anglais agit comme une vague qui recouvre le monde ce qui, selon moi, est une chance pour les francophones ! Peut-être vais-je choquer en disant cela… je vais donc essayer de m’expliquer en quelques mots ! L’anglais est parlé, voir mal parlé, par la planète entière. Il est presque impensable pour un être humain de ne pas savoir s’exprimer ou « baragouiner » dans cette langue. Celui qui décide d’apprendre le français alors qu’il est né à Chişinău, Bucarest, San Francisco ou Melbourne le fait volontairement, du fait d’un environnement familial sensibilisé, d’une envie de voyager en pays francophone, par curiosité pour l’histoire culturelle française ou toute autre motivation. Mais une chose est certaine, l’apprentissage du français est motivé par une émotion, une envie, un plaisir ou une volonté personnelle. Quel bonheur pour un « natif francophone » de prendre conscience que des « non natifs francophones » pratiquent par plaisir et non par strict besoin ! En disant cela, je pense, évidemment à la communauté francophile moldave. Au 19e siècle, les relations entre la Roumanie et la France furent étroites et culturellement enrichissantes. Il est savoureux de constater qu’après un 20e siècle chaotique où les clivages entre les blocs furent sanglants, la langue française a réussi à conserver son attrait.

Depuis Paris, Bruxelles ou Québec, je ne suis pas certain que l’on juge à sa juste valeur l’action culturelle française ou francophone qui existe ici. C’est pourquoi nous devons tisser des liens, créer des passerelles entre les uns et les autres, faire passer les informations… ZigZag, à sa mesure, se positionne dans cet esprit là.