Les 8/9 Mai 1945 : la guerre était-elle finie ?

Article par Gilles Ribardière

Lorsque l’on évoque la seconde guerre mondiale avec des citoyens des pays qui furent satellites ou partie de l’Union Soviétique, on sent que l’on soulève de douloureux chapitres d’une histoire qui reste conflictuelle, et qui risque de le rester longtemps.

Il en est ainsi en Moldavie, comme en témoigne la prise de position du Président par intérim, Mihai Ghimpu, qui a refusé notamment de participer au défilé de commémoration du 65e anniversaire de la fin du conflit.

En fait, ce qu’en Europe de l’Ouest on a du mal à concevoir, c’est que le conflit, commencé en 1939 s’est, dans l’esprit d’une partie de l’opinion est-européenne, terminé en fait à la chute du mur de Berlin, et même un peu après, notamment lors des déclarations d’indépendance (août 1991 pour la Moldavie).

Une grande partie des populations de ces territoires estime que le joug soviétique n’a rien à envier en violence avec le joug hitlérien. On rejoint ainsi l’analyse de l’historien Stéphane Courtois en introduction de l’ouvrage collectif « Le livre noir du communisme : crime, terreur et répression », qui « ose » renvoyer dos-à-dos nazisme et communisme. Publié en 1997 cet ouvrage suscita de vives controverses en France.

La Moldavie est confrontée très concrètement à ce type de débat, et plus particulièrement, une commission « chargée d’étudier et d’apprécier le régime communiste totalitaire » a été mise en place en janvier de cette année.

On doit alors souhaiter qu’avec toute la rigueur souhaitable, la communauté scientifique, dans ce cadre, se penche sur ce passé douloureux, pour ainsi peut-être contribuer à tempérer des points de vue polémiques des acteurs politiques.

Cela peut-être contribuerait à décrisper non seulement le climat politique à l’intérieur de la Moldavie, mais aussi les relations avec la Russie, très susceptible quant à la manière dont il est rendu compte de la Grande Guerre Patriotique !

Mais émettre la simple idée d’une démarche de réévaluation de l’histoire heurte des sensibilités à l’Est de l’Europe, plus encore qu’à l’Ouest où pourtant, on l’a vu, le travail d’un Stéphane Courtois suscite toujours de vives discussions !

Le 10 mai 2010