Mihail Druţă - un Moldave qui est venu d’Italie pour voter aux élections municipales

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Une partie de la population moldave a toujours vécu comme une tragédie son intégration dans l’Union Soviétique après la seconde guerre mondiale. Une fois l’indépendance acquise en 1991, cette même population n’a eu de cesse de considérer les dysfonctionnements dans la gestion du pays comme étant de la responsabilité des héritiers du régime précédent. Ainsi, nombreux parmi cette population en veulent-ils au PCRM d’avoir, du fait de sa politique, contraint des centaines de milliers de Moldaves à s’expatrier pour chercher du travail pour contribuer à améliorer le quotidien de ceux restés au pays.

En conséquence on ne doit pas s’étonner qu’aux élections les expatriés portent leurs voix en écrasante majorité en faveur des candidats aujourd’hui membres de l’Alliance pour l’Intégration Européenne. On ne doit pas non plus s’étonner que lorsque l’un d’eux se voit offrir la possibilité de parler, son propos soit violent.

C’est ce que la rédaction de www.moldavie.fr veut montrer en publiant une traduction de l’entretien de Mihail Druta, un citoyen ordinaire, mais qui reflète sans doute bien l’état d’esprit de tous ceux qui ont été obligés de partir loin d’une terre que pourtant ils chérissent.

La rédaction.

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Mihail Druta, lieutenant-colonel en retraite de l’Armée Nationale, a été député dans le premier Parlement moldave. Le 27 août 1991, il a voté la Déclaration d’Indépendance et a ensuite occupé divers postes dans le cadre du Ministère de la Défense. Actuellement, il est en Italie où il travaille dans une usine de réfrigérateurs. Cette année, Mihai Druta a décidé d’aller en vacances pendant la campagne électorale de Moldavie afin qu’il puisse participer le 19 juin aux élections municipales de Chisinau. Pendant une semaine, il fait de la campagne électorale en faveur du maire sortant Dorin Chirtoaca.

Mihail Druţă
Mihail Druţă

M. Druta, quand et pourquoi êtes-vous parti en Italie ?

Je suis là-bas depuis 2006, après avoir pris ma retraite. Pourquoi suis-je parti ? Pour soutenir ma famille. Heureusement, à la différence d’autres Moldaves, je suis parti avec toute ma famille. Je me suis installé dans la ville de Parme, chef-lieu d’une province dans le nord de l’Italie où, selon les données officielles, de 1 janvier 2010 habitaient 5500 Moldaves. Je travaille dans une usine de réfrigérateurs dans un milieu international : des Italiens, des Arabes, des Vietnamiens, des personnes de différentes nationalités de l’Europe orientale, d’Amérique Latine et d’Afrique centrale.

Comment vous sentez-vous en Italie ?

D’une certaine manière, je me sens bien – je suis le maître de mon temps et je gagne mon pain à la sueur de mon front, je suis en contact avec les réalisations de la culture italienne, avec le mode de vie occidental où tout est basé sur la loi. Mais, en même temps, j’ai le mal de la partie. Depuis l’Italie, je me tiens au courant de tout ce qui se passe en Moldavie et la situation dans le pays m’inquiète beaucoup. Je suis impatient de rentrer dans mon pays.

Pourquoi êtes-vous maintenant en Moldavie ?

Mon but le plus important est de participer aux élections le 19 juin. Cette semaine, j’essaye de mobiliser les habitants de Chisinau pour venir voter. Ce vote aura une importance nationale. La victoire des forces démocratiques sera une étape décisive dans la voie vers notre intégration européenne. Il est temps de dire « Assez ! » aux pharisiens communistes qui, en fait, ne peuvent pas se nommer des communistes, ils sont plutôt des barons ayant des millions de lei, euros et dollars dans leurs poches – tout ça étant volé au peuple. Ce sont des « phanariotes » rouges. Avant de me mettre en route, je me suis souvenu d’une mère qui le 5 juin avait appelé son fils de Moldavie et lui disait les larmes aux yeux : « Comment as-tu pu ne pas aller voter ? Pourquoi suis-je venue en Italie ?! ».

Il paraît que vous n’êtes pas le seul à avoir changé les dates traditionnelles des vacances d’août en juin afin de pouvoir voter aux élections locales …

En effet, de nombreux compatriotes qui travaillent dans la ville de Parme sont venus pour voter. Mes collègues de travail m’ont dit : « Va, Mihail. Va combattre la sanglante dictature communiste. » Les communistes ont toujours menti. Ils doivent renoncer à la perfide propagande communiste. L’administration de la mairie de Chisinau n’est pas la place de Dodon et de ses semblables. Par ailleurs, le prolétariat international connaît très bien les crimes du communisme, y compris ceux commis sur le territoire de la Moldavie.

Pourtant, pourquoi êtes-vous venu soutenir Dorin Chirtoaca ?

Par exemple, pour le fait qu’il a réussi à nous débarrasser de la mauvaise odeur venant de la station d’épuration et a éteint la dette d’un demi-milliard de lei, « léguée » par son prédécesseur, l’infâme maire communiste Iordan… Combien de trolleys aurait-il été possible d’acheter avec cette somme astronomique ?! Combien de routes seraient réparées avec cet argent ?! Que les électeurs se posent ces questions le 19 juin. Je prie donc tous d’aller voter, de soutenir Chirtoaca ! Soutenons ensemble l’avenir de la Moldavie. En fait, la vraie solution pour nous c’est Dorin Chirtoaca !

Merci. Espérons que le dimanche 19 juin nous propulsera vers l’avant, pas vers le passé !

Article par Nicolae Roibu repris sur le site http://www.timpul.md/articol/mihail-druta-italienii-mi-au-spus-pleaca-mihail-sa-combati-dictatura-comunista-24327.html

Traduit pour www.moldavie.fr