Chisinau en équilibre instable …

Article de Gilles Ribardière

La capitale moldave vient d’élire son maire en lui imposant d’acquérir des talents d’équilibriste. En effet, Dorin Chirtoaca à l’issue d’une nuit incertaine retrouve sa fonction de maire mais avec une toute petite marge par rapport à son adversaire du PCRM : il n’obtient que 50,6% face aux 49,4% obtenus par Igor Dodon. On est loin de la performance du jeune maire en 2007 qui l’emportait au second tour avec 61% des suffrages.

Pour ajouter à l’inconfort du score, on doit rappeler que Dorin Chirtoaca devra composer avec un conseil municipal dominé par le PCRM, situation on ne peut plus inconfortable, mais peut être pas plus qu’auparavant où le maire faisait face à un conseil plus éclaté, avec des retournements d’alliances rendant difficile sa tâche.

Il est évident que le score serré constaté ce 19 juin doit inciter le maire à s’interroger sur les raisons d’un relatif désamour de la part de nombreux électeurs à son égard, désamour qu’il ne faut pas seulement imputer à des circonstances extérieures. Il conviendra bien évidemment d’effectuer une analyse fine de l’attitude des électeurs selon leur catégorie professionnelle, l’âge, le sexe, le quartier …

Mais par-dessus tout, il faut souhaiter que la classe politique s’engage à travailler avec un esprit de défense de l’intérêt général. Les défis sont considérables. Avec les yeux de l’observateur de l’Ouest, on ne peut que constater combien la tâche est colossale : amélioration indispensable du confort des transports en commun, révision de l’ensemble de la voirie, solutions en vue de résoudre la question de l’écoulement des eaux pluviales, amélioration de l’éclairage public, maîtrise de l’énergie afin de résoudre le problème de déperdition de la distribution de chaleur dans les immeubles, restructuration des parties communes des immeubles… Et je ne prétends pas être exhaustif.

Chisinau a des atouts : elle est située dans un environnement particulièrement vert qui doit inspirer les édiles en vue d’assurer un développement de la capitale respectueux des équilibres écologiques. Il faut espérer que l’Union Européenne accompagnera les transformations nécessaires que décideront le maire et son équipe.