Les légendes du monastère de Capriana

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Article de Marion Roussey

Avez-vous déjà observé les billets moldaves ? Au dos de chacun d’eux apparaît un monument symbolisant l’histoire du pays. Sur celui de un leu figure le monastère de Capriana. Voilà de quoi nous inciter à partir à sa découverte.

Situé à environ 40 km au nord-ouest de Chisinau, le village de Capriana semble avoir été épargné par les invasions successives et les restrictions dues au régime soviétique. Outre ses champs de blé, ses vignes et ses habitants sympathiques, il possède un magnifique monastère, bâti en amont d’une colline. Sa création remonterait à 1429, sous le règne d’Alexandre le Bon. Or, comme l’ensemble du territoire moldave, il présente les traces des différents évènements ayant ponctué l’histoire du pays. Aujourd’hui le monastère comprend trois églises de styles architecturaux différents (médiéval, orthodoxe et baroque) auxquelles se rattachent des annexes, un restaurant, la demeure des moines et celle du métropolite Gavriil Banulescu-Bodoni, figure éminente à la tête de l’église orthodoxe entre 1813 et 1821 et ayant fait du monastère sa dernière demeure.

Lorsque vous entrez dans le monastère, vous découvrez, au milieu de la cour, un puits. La légende raconte qu’il a servi de lieu de rencontre à beaucoup de jeunes habitants du village. Il rappelle aussi les temps difficiles qu’ont connus les moldaves qui devaient venir y puiser l’eau pour approvisionner la maison et le bétail. Le puits du monastère ne sert plus aujourd’hui mais les villageois, qui pour la plupart n’ont pas d’accès à l’eau courante, continuent de s’approvisionner à celui construit en contrebas du village, non loin du lac.

Passée la première église sur la droite, vous découvrirez une tombe ornée d’inscriptions. Elle mentionne l’existence d’un cimetière, construit suite à la découverte de squelettes emmurés dans l’un des bâtiments du monastère.

Celui-ci a subi de nombreux agrandissements, grâce aux princes successifs de Moldavie, dont les noms ornent désormais les murs intérieurs de la cathédrale. Délaissé sous le régime soviétique, fermé puis transformé en hôpital et en discothèque, il fut rouvert en 1989 avant d’être complètement réaménagé à partir de 2003 grâce à une grande campagne de rénovation impliquant le budget public ainsi que des dons de particuliers. Aujourd’hui haut lieu de pèlerinage, il est aussi connu pour sa prestigieuse cérémonie de Pâques lors de laquelle les portes s’ouvrent et les visiteurs sont accueillis par un majestueux buffet garni de victuailles.

Toutefois le mystère reste entier quant à l’origine de son nom. De nombreuses légendes entourent et agrémentent l’histoire du monastère de Capriana. En effet, un document datant de 1429 atteste que Alexandre le Bon, alors Prince de Bessarabie, fit don du monastère à son épouse la princesse Marena et en confia la gestion au prieur Ciprian, lequel aurait alors pu léguer son nom à l’édifice. Or, une autre légende vient contredire ces écrits, attribuant le nom du monastère au prince Stefan cel Mare. Réfugié dans une clairière pour se cacher des Tatares qu’il tentait de combattre, celui-ci aurait aperçu une biche fuyant la menace d’un loup et aurait décidé de donner au monastère le doux nom de cet animal gracieux (biche se dit caprioara en roumain). Entre aventure romanesque et hypothèse historique, à vous de choisir la véritable origine de Capriana !

Si vous souhaitez visiter le monastère, nous vous conseillons, au départ de Chisinau, d’emprunter le trolleybus n°8 à la station Teatrul de Opera si Ballet puis de descendre au supermarché Green Hills après le rondpoint. Là-bas prenez un minibus à destination de Capriana. Pour 14 Lei, vous y serez en 30 minutes environ. Attention cependant au retour, le dernier minibus pour Chisinau part à 18h 00 du village.

Le 6 octobre 2011