Le monastère rupestre de Ţîpova

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Le monastère de Ţipova, situé sur la rive abrupte du fleuve Nistru, à une centaine de kilomètres de la capitale moldave, est le plus grand monastère rupestre orthodoxe de Moldavie et un des plus grands en Europe. C’est un impressionnant musée en plein air.

Le monastère se trouve sur la cime d’une haute colline d’où on peut admirer le splendide panorama de la vallée du Nistru. Pour accéder au monastère, il faut monter un sentier très étroit et mystérieux.

Le monastère s’harmonise parfaitement avec le milieu naturel qui l’entoure. Il fut creusé dans un rocher calcaire. Les artisans anonymes, tout en tenant compte des particularités du relief, réussirent à transformer la masse de pierre en une composition architecturale artistique.

Le monastère est situé sur trois terrasses, il comprend deux églises et plusieurs annexes, connectées par des corridors intérieurs. L’église de l’Assomption de la Vierge est la plus spatieuse et la plus impressionnante.

La monographie intitulée « Bessarabia », parue en 1903 à Moscou, parle largement de la sainte demeure de Ţîpova : « Le monastère situé aux environs du village de Horodişte est très originalement placé, le paysage y est exceptionnellement beau. Seule la façade est visible sur le rocher proéminent qui s’élève au bord de la rivière, tandis que le monastère, l’église, les 15 cellules et le réfectoire sont camouflés à l’intérieur du rocher, de même que le clocher à 4 cloches. Le côté ouest est couvert d’arbres, au nord-est, la pente descend brusquement vers le Nistru, tandis qu’en haut de la colline s’étendent les champs et le pâturage du monastère. Les vignobles et un moulin à eau servaient au moines de moyen d’existence. Une vue splendide s’ouvre devant les yeux lorsqu’on regarde ce rocher de l’autre côté de la rivière : on voit clairement les grottes, l’église rupestre et les cellules. Sur la cime de la colline, s’élève une autre église, entourée de vignobles et de jardins. Tout est inondé de la verdure. »

A Ţîpova prit naissance un phénomène unique en Europe : l’église-forteresse, située d’habitude dans un endroit difficilement accessible, creusée dans un rocher, orientée vers l’est, spatieuse afin qu’elles puisse, si nécessaire, abriter les villageois des alentours. Les habitants des églises-forteresses furent, au fil des siècles, moines et soldats, prêtres et gardiens, érudits et tailleurs de pierre…