Le monastère de Tabăra

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Loin du vacarme citadin, un chemin vicinal mène vers une localité avec une histoire imprégnée de mystère. Il s’agit de Tabăra, un petit village avec de jolies maisons et avec des gens ouverts, sincères et respectueux. A Tabăra on se sent comme chez soi : les passants saluent ceux qu’ils rencontrent, sans égard que c’est un inconnu et peuvent même s’arrêter pour nouer une conversation.

Un monastère au village

Le village est plongé dans la verdure qui cache les peu nombreuses maisons et les chemins étroits et tortueux qui confèrent du charme à cette vieille localité. Regardé du sommet de la colline, le village constitue un splendide tableau rustique dont l’élément principal est le monastère qui fait la célébrité du village de Tabăra.

Des données historiques concrètes sur les origines du village manquent, on sait cependant que l’histoire du village et celle du monastère se superposent. Selon certains documents, le monastère de Tabăra fut fondé en 1784 par le seigneur Gheorghe Russo, tandis que d’autres sources indiquent que le monastère aurait été fondé en 1779 par Darie Carp. Avant l’an 1815, ce fut un monastère de moines, puis, aux ordres du métropolite Gavriil, des nonnes de l’ermitage „Fîntana Doamnei” du district de Orhei s’y installèrent.

Selon une légende racontée par les gens de la contrée, c’est à l’arrivée des nonnes que remontent les origines du nom du monastère de Tabăra. On dit que lorsque le fils d’un seigneur avait chassé les nones de l’ermitage „ Fîntana Doamnei”, elles s’installèrent spontanément (en roumain - „au tabărît”) dans cette localité et trouvèrent abri au monastère. Elles firent entente avec les moines - le monastère appartiendrait à ceux qui allaient faire sonner les cloches le lendemain matin, avant la messe matinale. Que cela fusse la volonté des moines ou celle de Dieu, mais ce furent les nonnes qui sonnèrent les cloches et devinrent maîtresses du monastère, tandis que les moines déménagèrent à Tiganesti.

Le monastère de Tabăra dans les épreuves

Affectées par les intempéries et les guerres, les bâtiments initiaux du monastère se ruinèrent et furent plusieurs fois reconstruits. Mais la plus atroce des intempéries fut l’idéologie soviétique. En 1960, le monastère fut dévasté, pillé lorsqu’une seule nonne y été présente, toutes les autres étant dans les champs. Les athéistes firent brûler les icônes et les livres ecclésiastiques sur la plus haute des collines, aux environs du village de Tabăra. Ce n’est que grâce aux efforts des nonnes que quelques icônes et livres anciens ont survécu.

L’église d’hiver fut transformée en école, celle d’été - en club. Les nonnes se retirèrent dans une petite maison où, en cachette, faisaient des prières. Les dimanches et les jours de fêtes religieuses, elles parcouraient un long chemin pour aller à une église qui fonctionnait pour prendre part aux messes. Ce calvaire dura une trentaine d’années.

Le monastère aujourd’hui

En 1989, le monastère de Tabăra fut rouvert. La plus ancienne icône exposée aujourd’hui dans le monastère date de l’an 1821. Une icône datant de 1863, peinte sur le mont Athos, en Grèce, sur la commande d’un boyard de la région est considérée comme miraculeuse. Le monastère de Tabăra a conservé les reliques du Saint-Haralambie, mais ils furent volés en 2001.

Les nonnes du monastère de Tabăra pratiquent depuis antan le tissage des tapis. Suivant avec fidélité les traditions nationales moldaves, elles ont créé de véritables bijoux artisanaux.