Le monastère de Căpriana à travers les siècles

Le monastère de Căpriana, situé en plein centre du pays, au milieu des forêts séculaires, est un des plus anciens complexes monastiques de Moldavie. L’histoire du monastère de Căpriana est souvent associée à l’histoire de la Moldavie. C’est un monument d’une valeur culturelle et historique exceptionnelle pour notre peuple.

Un très ancien monastère

Le monastère connu aujourd’hui comme « Le monastère de Căpriana » fut construit dans une clairière, non loin de la source de la rivière le Visnevat. Les premiers documents qui évoquent l’existence d’un monastère dans les forêts séculaires de la région de Lapusna furent émis quelques décennies après la fondation en 1359 du Pays Moldave.

Par un document datant de 1429, Alexandre le Bon donnait le monastère de Visnevat (le nom de l’époque) à son épouse, la princesse Marena. Ceci a incité plusieurs chercheurs à croire que le monastère fut fondé par Alexandre le Bon, toutefois, ce fait n’est pas certain, car le document en question ne semble pas indiquer que le prince ait donné au monastère ses possessions. Par contre, ceci fait penser que le monastère était une propriété princière, d’où le droit du prince de faire ce don. La gestion du monastère était effectuée par le prieur Ciprian dont le nom pourrait être à l’origine du nom actuel du monastère.

A l’époque, le monastère ne comprenait qu’une église en bois et les cellules des 50 moines. Le fief du monastère comprenait un rucher, un moulin et quelques villages. Alexandre le Bon fut le premier à émettre un document sur le statut du monastère, élargissant ses opportunités de développement. Il disposa également de la reconstruction de l’église en bois. Une pièce unique de l’héritage laissé par Marena, l’épouse de Alexandre le Bon, est une pièce brodée d’habits ecclésiastiques confectionnée pendant la période 1427-1431. C’est la plus ancienne broderie de ce genre qui existe de nos jours.

Un centre de spiritualité orthodoxe

Etant un monastère princier, plusieurs princes régnants ont contribué à l’édification et au développement du monastère de Căpriana en tant que centre de la spiritualité orthodoxe. Parmi eux, Etienne le Grand et le Saint à qui on doit la construction de l’église en pierre de l’Assomption de la Vierge entre les années 1491-1496. Grâce aux travaux majeurs effectués au monastère aux ordres de Etienne le Grand, le prince est considéré comme un des fondateurs de la sainte demeure.

Le nom du grand prince est évoqué dans plusieurs légendes relatives au monastère de Căpriana. Selon une d’entre elles, en revenant d’une bataille acharnée avec les Tatares, Etienne et ses troupes firent halte dans une clairière, au milieu de la forêt séculaire. D’un coup, il vit une biche (en roumain - căprioară) courrant pourchassée par un loup. Cette scène l’émut fort et il fit construire dans cette clairière-là un monastère appelé Căpriana.

Le monastère au gré des tourments

Le monastère fut sérieusement détruit pendant les invasions des Turcs. Toutefois, sous Petru Rares, des amples travaux de reconstruction furent menés et le monastère fut vite restauré. Puis, Alexandru Lapusneanu le fortifia et le développa. Il envoya le supérieur du monastère-Eftimie-dans plusieurs missions diplomatiques. D’ailleurs, Eftimie est l’auteur des chroniques qui traitent des événements déroulés en Moldavie entre les années 1541 et 1554.

Vers la fin du XVIIe siècle, le monastère de Căpriana connut une période de déclin. En 1698, il fut donné au monastère de Zographe, sur le mont Athos. L’église en pierre ne fut restaurée jusqu’au début du XIXe siècle quand le métropolite Gavriil Banulescu-Bodoni la trouva dans un état déplorable. C’est ce métropolite qui transféra en 1813 le monastère dans la gestion des autorités ecclésiastiques de Bessarabie. D’ailleurs, le métropolite fut enterré dans ce monastère.

tombeau du métropolite
tombeau du métropolite

Lors des années 1819-1820, après avoir été affecté par un tremblement de terre, le monastère fut reconstruit. En 1840, fut érigée une nouvelle église du Saint-Georges. En 1903, fut construite l’église du Saint-Nicolas. La forme actuelle de l’église est celle d’après la reconstruction des années 1818-1820.

Pendant la période soviétique, aux côtés de toutes les autres saintes demeures de Moldavie, le monastère de Căpriana fut délaissé, détruit, dévasté. Ce n’est qu’en 1989 que le monastère fut rouvert, devenant peu après un des symboles de la renaissance nationale.

Le monastère aujourd’hui

En 2003 commença une ample campagne de reconstruction du monastère. Le budget public versa une grosse somme à ces fins. Les hommes d’affaires et les gens simples s’y sont alignés, versant des donations chiffrées à quelques dizaines de millions de lei.

Les travaux de reconstruction ne sont pas encore achevés, cependant, le monastère peut être visité chaque jour.

>>Video sur le monastère de Capriana