Une nanotechnologie qui détruit le cancer découverte avec la contribution d’un savant moldave

Le savant Ion Tighineanu, vice-président de l’Académie des Sciences de Moldavie, travaille depuis plus de 14 ans déjà sur le développement des nanotechnologies en Moldavie. Ses découvertes faites lors de cette période ont été publiées dans des revues scientifiques des Etats-Unis et du Japon. Le dernier numéro de la prestigieuse revue „NanotechWeb.org” parue à Londres a beaucoup apprécié l’étude intitulée « L’électrodéposition par sauts », réalisée par l’équipe dirigée par Ion Tighineanu. Ensemble avec le professeur allemand Kornelius Nielsch, Ion Tighineanu a découvert une nanotechnologie qui détruit le cancer.

Ion Tighineanu
Ion Tighineanu
  • Depuis combien de temps faites-vous des recherches dans le domaine des nanotechnologies ?
  • Depuis 14 ans. Nous avons commencé par créer une base technologique. La nanotechnologie étudie des objets qui ne sont pas visible à l’œil nu. Le Centre National de Recherches et d’Essais sur les Matériaux qui fonctionne auprès de l’Université Technique de Moldavie a acheté de très puissants appareils électroniques. Or, un objet de 10 nanomètres est tellement petit, qu’on ne peut pas le détecter sans des dispositifs spéciaux. Un nanomètre représente un millionième de millimètre.

Après avoir formé une base technologique solide, nous avons encouragé des jeunes doués à rejoindre notre équipe et, ensemble avec nos partenaires internationaux, nous avons lancé la création de nouveaux nanomatériaux et nano-dispositifs.

Etant intéressés de trouver des modalités d’application de nos découvertes dans le domaine de la médecine, nous avons élaboré des technologies de production des nano-points en or capables de détruire localement une cellule cancérogène. Le nano-point en or peut émettre une température très haute qui tout simplement détruit la cellule près de laquelle il se trouve.

C’est une découverte récente du Centre National de Recherches et d’Essais sur les Matériaux de l’Université Technique de Moldavie et de l’Université de Hambourg, en Allemagne.

  • Comment avait-vous entamé la collaboration avec des institutions d’Allemagne ? Qui a trouvé et contacté qui ?
  • La collaboration avec l’Allemagne a commencé par le biais d’un projet financé par la Fondation Alexander Humboldt. Un autre pont entre des chercheurs moldaves et allemands a été construit par mon disciple, le docteur Eduard Monaic, qui a travaillé pendant deux ans à Hambourg, avec l’équipe du professeur Kornelius Nielsch. Il y a un an, Eduard est rentré à Chișinău et nous avons continué les expériences commencées en Allemagne. Disposant de conditions technologiques et de dispositifs électroniques nécessaires, nous avons prouvé que nous avons la capacité de produire des nano-points de diverses surfaces.

Maintenant, nous travaillons sur un autre aspect : le transport des nano-points vers les cellules malades. A part cela, nous travaillons sur la création des nano-capsules extrêmement petites, capables de transporter les nano-points en or vers les cellules malades.

Nous collaborons avec des équipes d’experts en médecine de l’Université d’Etat de Médecine et de Pharmacie, ainsi que de l’Université de Médecine de Hanovre, en Allemagne. Nous avons aussi des collaborations avec des chercheurs de l’Institut Leibniz pour les Corps Solides et l’Etude des Matériaux de Dresde, en Allemagne.

  • S’agit-il d’une collaboration à distance ou faites-vous des déplacements à l’étranger dans le cadre de ces collaborations ?
  • Nous recourrons souvent aux dispositifs plus avancés d’Allemagne. La Moldavie dispose d’une plate-forme moderne, mais nous ne pouvons pas nous permettre l’achat des appareils de toute dernière génération qui coûtent des millions d’Euros. Si on parle de ce projet justement, alors 50% du travail a été effectué en Moldavie et 50% - en Allemagne. En ce qui concerne les nano-capsules, 80% du travail a été fait en Moldavie et 20% - en Allemagne.

Nous utilisons les laboratoires de l’Occident, car nous n’avons pas tous les dispositifs nécessaires. En fait, il y a un espace européen unique des recherches. La Moldavie s’est associé à plusieurs programmes communautaires, y compris au Programme Horizon 2020. Nous participons à divers autres projets européens. Je noterais un projet assez ample financé par la Commission Européenne dans le cadre duquel nous avons acheté de l’équipement en valeur de plus de 200.000 Euros.

  • Quelle a été la durée de ces recherches ?
  • Les recherches ont duré une année et demie. Il est très probable que nous pussions démontrer cette année-ci à tout le monde les résultats que nous avons obtenus.
  • Combien de personnes ont pris part au projet ?
  • Trois personnes ont travaillé sur la création des nano-points en or : mon disciple Monaic, Kornelius Nielsch et moi. Dans le projet des nano-capsules sont impliqués 10 experts de divers domaines : l’étude des matériaux, physique, chimie, médicine.
  • Quels sont les principaux obstacles dans le développement de cette branche de la science et comment les surmontez-vous ?
  • Le problème essentiel c’est le manque de l’équipement, surtout dans le domaine de la nanotechnologie où l’on ne peut rien faire sans des appareils. Mais il y a aussi d’autres problèmes. C’est tout d’abord le problème des salaires relativement bas des chercheurs. Nous essayons de résoudre ces problèmes en participant à divers projets européens.
  • Qu’est-ce que la Moldavie obtient suite à ces projets ?
  • C’est une piste pour la promotion de l’image du pays. C’est très important que notre pays, à certaines périodes, réussisse à se placer parmi les leaders dans l’élaboration de nouvelles nanotechnologies. Grâce à l’appréciation et à la reconnaissance internationale nous espérons encourager de nouveaux investissements d’importance vitale pour le développement de la science.

Interview par Marina Lița repris sur le portail http://mednews.md/interviu-despre-nanotehnologia-care-distruge-cancerul-descoperita-de-moldoveni/

Traduit pour www.moldavie.fr

Le 27 février 2015