Santé

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La République de Moldova dépense 46 $ par habitant dans le système de la santé.Dans la République, il y a un manque chronique de médecins, spécialement de médecins de famille, dont le nombre, depuis quelques années, diminue constamment. En 2003, sur le nombre total nécessaire de médecins (2500-2600), il y en avait 2101 qui travaillaient, et l’année passée - 2031, ce qui amène à la diminution de la qualité des services accordés à la population. En même temps, l’âge moyen des médecins est de 40 -50 ans et, dans quelques localités , travaillent des médecins qui sont déjà à la retraite. Le département de Cantemir n’est assuré que de 59,4% des médecins de famille, Nisporeni - de 65,8%, Causeni - de 73,6%, etc.

Les médecins ne veulent pas travailler pas dans les villages

Le médecin-chef de la Clinique Universitaire d’Assistance Médicale Primaire, Ala Nemerenco, spécialiste principale dans le domaine de la médecine de famille du Ministère de la Santé, pense que, malgré la priorité accordée les dernières années à l’assistance médicale, la situation reste encore très compliquée. Son opinion est que ce n’est pas seulement le système sanitaire qui doit s’intéresser à la médecine de famille, mais aussi la communauté locale. “Dans les villages où il n’existe pas de docteurs, c’est l’ambulance ou un médecin d’un autre village qui vient ici une fois par semaine pour travailler. Ce n’est pas normal au XXI-ème siècle, avec l’Internet, des technologies avancées, des portables, de ne pas avoir de médecins dans les villages. On redoute d’entrer dans plusieurs centres d’assistance médicale, parce qu’ils n’ont pas été réparés depuis 30 ans”, affirme Ala Nemerenco. Plusieurs centres n’ont pas de système de chauffage, ne sont pas branchés au réseau d’eau et de canalisation, et le médecin, pour laver les mains, utilise une cruche.

Prévenir une maladie coûte moins cher que le traitement

La médecine primaire doit s’occuper de la prophylaxie, du dépistage des maladies dans leur état initial, au moment où les gens, même malades, peuvent travailler. Au Danemark, en Hollande etc., où le réseau d’assistance médicale primaire est plus développé, les dépenses par habitant sont moindres que dans les états où ce domaine n’est pas prioritaire. Les Etats-Unis dépensent chaque année 5.400 $ par habitant, mais le Danemark et la Hollande - environ 3000 $ pour le système médical.

Chez nous, ce chiffre est de 46 $ par habitant, en tenant compte non seulement de l’argent qui vient des assurances, mais du système médical intégral. “Quand on a peu de finances, le problème c’est de les utiliser efficacement. Si la maladie est dépistée à son état initial, il est normal de dépenser moins d’argent pour le traitement” déclare Ala Nemerenco. Les spécialistes affirment que, dans les pays où la médecine primaire est prioritaire, il importe peu qu’il s’agisse d’un système de sécurité sociale ou d’assurances, le médecin de famille devient la porte du système. “Pour avoir une consultation chez un spécialiste, à l’hôpital, le patient a besoin d’une fiche d’envoi libellée par le médecin de famille qui doit posséder de hautes compétences professionnelles. Il ne doit pas envoyer à un spécialiste ou à l’hôpital une personne qui n’en a pas besoin.”, dit le docteur.

Le manque d’équipement médical fait régresser les médecins au niveau professionnel

Si l’université forme pendant 9 années un médecin, en investissant une somme d’argent, et s’il part dans un village, il ne peut utiliser qu’un stéthoscope par manque d’ instruments. Alors, la somme qu’on a investie est une somme gaspillée et sans utilité, parce qu’en 2 à 3 années il perd ses compétences sans pouvoir les appliquer.

La chasse aux tampons et aux signatures

Dans le programme unique, il est clairement écrit que le médecin de famille a le droit de décider quelles recherches le patient doit subir, quel spécialiste il doit consulter et comment il doit être hospitalisé. Dans plusieurs institutions, il existe des obstacles à cause des signatures, des tampons, etc. Dans de telles situations, le patient s’irrite et le docteur stresse. Il doit exister un critère, d’après lequel le médecin de famille ne puisse pas prendre de décision sans consulter un collègue ou son chef (dans les cas spéciaux), mais qu’il ne soit pas obligé de courir chaque fois après des dizaines de signatures. La bureaucratie ne doit pas tout diriger d’en haut, chaque institution peut la créer individuellement. Tout dépend du management de l’institution, y compris le planning de rendez-vous chez le docteur, la suppression des queues, etc.” a ajouté le docteur.

Article par Ecaterina Deleu publié le 16 février sur www.flux.md, traduit par Valentina Ciobănică, élève en X-ième, corrigé par Michèle Chartier