Recommandations des experts internationaux : La Moldavie devrait légaliser la migration

Ecrit par Ludmila MORARU, Journal „FLUX”, Nr.182 du 20.12.2006

Choisi par Nadejda Demian, traduit par Alina Ardovan et relu par Michèle Chartier

Recommandations des experts internationaux :

La Moldavie devrait légaliser la migration

Les représentants de l’Institut de l’Economie Mondial de KIEL (Allemagne) ont affirmé, mardi, pendant la « table ronde », à la quelle les résultats de l’étude « La migration en Moldavie - 2006 » ont été présentés, que les politiciens ne devraient pas se concentrer sur la prévention de la migration, mais apporter de l’aide aux migrants afin qu’ils augmentent leurs revenus de la migration.

Les experts considèrent que la promotion des programmes pour les migrants pourrait améliorer la protection légale et pourrait éliminer certain coûts issus des actions illégales.

D’après les mêmes sources, il est important que la Moldavie établisse des accords bilatéraux avec les pays de destination des migrants, ce que donnerait la possibilité de payer leurs contributions au Fond Social de Moldavie sur la base d’un revenu légalement gagné à l’étranger. Les experts considèrent que la double imposition des revenus des migrants devrait être évitée, car elle encourage un transfert illégal de la partie de revenus restante. Les économistes ont mis l’accent sur le fait que l’augmentation des investissements, même de la part des entreprises financées par des migrants, dépend de la création d’un climat favorable pour un entreprenariat sain pour toutes les entreprises de Moldavie. D’après l’étude, la cause principale qui a déterminé la migration, a été le manque d’ emplois en Moldavie, ainsi que l’augmentation des prix pour le panier minimum de consommation. En même temps, les migrants vers l’UE et Israël ont décidé de franchir le pas, afin de pouvoir économiser de l’argent pour l’achat des biens immobiliers ou de voitures.

Les familles dans lesquelles il y a une personne émigrée, disent qu’elles vivent mieux

Un des auteurs de l’étude, Toman Omar Mahmoud, a affirmé que dans la plupart des ménages avec des émigrants, les revenus venus de l’étranger contribuent à plus de 50 pour cent au budget familial. La plupart de ces revenus sont utilisés pour la consommation courante. Il se confirme que les ménages, ayant de revenus de l ‘étranger, investissent plus que les ménages ayant des économies qui dépassent la somme de 500 dollars. De plus en plus de ménages avec migrants ont un compte bancaire dans une banque moldave. Actuellement, les ménages avec migrants sont moins pauvres que les familles sans migrants et ont une situation financière meilleure par rapport à celle des années 1998-2000.

Toman Omar Mahmoud a mentionné que la valeur des envois par les émigrants de l’Europe est plus grand par rapport à ceux qui sont en Russie et Ukraine. D’après l’étude, durant les 12 derniers mois, un migrant qui se trouve dans un des pays de la CEI a transféré en Moldavie, en moyenne 1018 dollars, et celui que est en UE - 1546 dollars.

Nous sommes en train de perdre du capital humain

Parmi les problèmes qui sont le plus souvent rencontrés par les migrants moldaves en Russie et Ukraine , on note : le non-paiement des salaires et les conflits avec les autorités locales. En Europe, les barrières linguistiques restent le problème principal des migrants. Toman Omar Mahmoud a affirmé que la plupart des migrants, sauf ceux du BTP, ne peuvent pas utiliser leurs expériences professionnelles dans un pays étranger, ce qui peut conduire à la perte des capitaux humains. Conformément à l’étude, parmi les personnes qui habitent en ville et qui ont fait des études, le nombre de ceux qui pensent à émigrer pour une première fois est très important. La « deuxième vague » peut augmenter le phénomène de la migration permanente (et augmenter donc ‘l’exode des cerveaux’) par rapport à la « première vague », qui a été provoquée par la pauvreté du début des années 2000, pensent les experts. L’étude démontre aussi que la plupart des migrants sont originaires des villages et sont des hommes. Les personnes sans diplômes, les chômeurs ont tendance à partir en Russie et Ukraine où ils travaillent dans le BTP. Les personnes ayant fait des études, avec une meilleure situation financière et moins de responsabilités familiales, ont tendance à partir dans les pays de l’UE.

D’après des estimations, environ 40 pour cent de la population moldave font partie des ménages qui reçoivent de l’argent des migrants à l’étranger. Les dates officielles montrent que la valeur des envois d’argent de l’étranger représente un tiers du PIB. Le montant de l’argent envoyé de l’étranger investi en actif productif ou petites entreprises a légèrement augmenté par rapport à l’année 2004.

Ludmila MORARU, FLUX

Journal „FLUX”, Nr.182 20.12.2006