Quatrième ….et dernière fois !

www.azi.md, 26 décembre 2006

Article choisi par Nadejda Demian, traduit par Valentina Bagrin, relu et corrigé par Michèle Chartier.

La 22 décembre 2006 à Tiraspol, dans le Théâtre où, le 2 septembre 1990, eut lieu le spectacle de proclamation de la « République Moldave Soviétique Socialiste Nistrienne partie intégrante de l’U.R.S.S.", dans ce théâtre s’est déroulé le spectacle d’inauguration, pour la quatrième fois d’ Igor Smirnov en qualité de « Président. »

Beaucoup des choses ont changé dans ce monde depuis seize ans .Par exemple, Saparmurat Nyazov, le père de tous les Turkmènes a quitté ses propres enfants, les chevaux de race Akhaltekin ainsi que les puits de gaz. Igor Smirnov n’est plus aussi svelte et jeune que sur les photos des année 1990. On voit que c’est le fardeau de l’ingratitude étatique, même s’il a près de lui deux fils : Le premier, pendant dix ans a été gardien de douane, pour ne pas laisser échapper un sou de la poche de son père. L’autre porte la charge de leader du Parti Patriotique du « RMN »(République Moldave Nistrienne), qui a proposé son père comme candidat à la « présidence. » Igor Smirnov a encore plus de chance avec ses belles-filles- Smirnova Marina Vasilievna, l’épouse du responsable du patriotisme chauvino- transnistrien, gère l’argent du « GAZPROM » en Transnistrie, tout en dirigeant « GAZPROMBANK » à Tiraspol.

En parlant de l’itinéraire politique d’ Igor Smirnov ,on peut constater qu’il a atteint certaines performances dignes d’ envie. Etant élu en février 1990 comme député du Soviet Suprême de la R.S.S.Moldave , il a réussi à voter le gouvernement en tête avec le « frontiste » Mircea Druc, le drapeau national avec les couleurs identiques à celles d’au -delà de Prut, sans qu’il ne soit plus question de la Déclaration concernant la souveraineté de la République de Moldova, le 23 juin 1990. Plus tard , exécutant l’ordre envoyé par Kremlin, le 2 septembre 1990, il se proclame leader du régime anticonstitutionnel de la région rive gauche du Dniestr(Nistru) Pour l’apprécier réellement, il faut reconnaître qu’il a même dépassé le Turkmenbashi ! Turkmenbashi s’est proclamé le père d’un peuple qui l’a attendu pendant des millénaires. Tandis que Igor Smirnov, en une douzaine d’année ,a réussi , à partir d’un débris du" peuple soviétique", à se forger son « peuple transnistrien » ! Autrement, on ne peut pas se considérer comme un « président » sérieux si l ‘on n’a pas sous la main un « peuple » qui vous aime Et si le même Turkmenbashi s’est proclamé à vie le père de tous les Turkmènes , alors Igor Smirnov , quatre fois a testé l’amour du « peuple transnistrien », en se déclarant élu du"peuple" !

Il est vrai qu’ à la quatriéme fois on a eu quelques difficultés. Parce que, une certaine structure commerciale, nommée « Sheriff », a failli oublier qui avait été et son père, et son accoucheuse .Par conséquent, dans le monolithe de l’unanimité du « peuple transnistrien » on a remarqué des fissures visibles. Le 12 décembre 2005 en"RMN" ont eu lieu les élections non reconnues par le Soviet Suprême. Et les représentants du « Sheriff », déguisés en le Mouvement « Obnovlenie »( du « Renouvellement ») , ont vaincu totalement Igor Smirnov, avec ses « républicains » essoufflés. Et si on ajoute ici les explosions dans un maxi-taxi et dans le trolleybus à Tiraspol, tout ceci mêlé avec les promesses d’ Evguenii Chevtchuk- un certain engagé du même « Sheriff », de s’ expliquer avec les « structures de force » du "RMN », et la réaction nerveuse de Vladimir Antufeev - alors la situation est devenue plus confuse. Certains ont commencé à parler même de mise à l’écart du pouvoir d’Igor Smirnov , après le scrutin du 10 décembre 2006.

La situation a été sauvée par le même Kremlin, qui n’a pas oublié encore la désagréable expérience d’octobre 2004,en Abkhazie, quand la population a refusé de voter pour le favori de Kremlin, Raul Hadjinba, en préférant un certain Bagaps. Alors, le Kremlin est intervenu - le « Sheriff » a eu un os à ronger - le combinat de cognac « Kvint » à un prix symbolique. Et Igor Smirnov à son retour de Moscou, prenant l’air d’un sauveur, agitait le protocole, signé par lui même et par l’ adjoint du premier ministre russe, Anatol Joukov Ensuite, Smirnov a profité au maximum de l’hystérie médiatique, liée au "réferendum" du 17 septembre, la quelle il a transformée en propre campagne électorale.

Après le 17 septembre, il était certain que le triangle Moscou- Smirnov - « Sheriff », avait conclu un arrangement, et que pour Smirnov, ils avaient assuré une autre « réélection ». Dans les élections précédentes(1996,2001), le « MGB » s’occupait de rechercher des « contre-candidatures » décoratives pour la destruction de la démocratie transnistrienne . Pour cette fois- ci le" Sheriff" a eu la gentillesse d’offrir pour ce rôle un certain Piotre Tomaili. On dit qu’Igor Smirnov a imprimé même son affichage électoral chez l’éditeur qui appartient au même « Sheriff ». Et, le principal - Evguenii Sevtchuk est resté sage dans son fauteuil de « Speaker » , et il ne s’est pas porté comme concurrent de Smirnov .

L’idée d’un marché entre Smirnov et « Sheriff » devient plus intrigante si on se souvient que, immédiatement après le 17 septembre, Igor Smirnov a déclaré, qu’il avait transmis au Soviet Suprême, sous le contrôle de « Sheriff » , ses propos concernant la modification de la « constitution » transnistrienne. Elle se limite à l’adaptation de la structure "de pouvoir d"Etat" en Transnistrie à celle de la Russie. Or, quant à cela , il y a deux versions. Une version est que ces propos font partie des accords avec le « Sheriff », l’homme à qui va occuper cette fonction. Une autre est que cette fonction prépare un éventuel successeur de Smirnov, qui sera envoyé par Moscou.

Revenant à l’itinéraire politique d’ Igor Smirnov , il n’est pas question d’oublier qu’il a eu lieu quelques désagréables « accidents »- en été 1991, à Kiev , Smirnov a été arrêté et amené à Chisinau, par des policiers moldaves, dans un porte-bagage. L’incident a été dépassé , quand un successeur d’Etienne le Grand et Saint, qui faisait partie du CC (Comité Central) du Parti Communiste, a libéré Smirnov. Après tout cela, Smirnov s’est moqué à plusieurs reprises de la République de Moldavie et de ses citoyens, sans craindre d’arrestation, ni s’inquiéter de pouvoir suivre le destin des trois présidents de la Tchétchénie, éliminés par le pouvoir constitutionnel du Kremlin. On voit qu’il se sentait bien protégé par la liste des patriotes et des descendants d’Etienne (le Grand )de Chisinau , entraînés avec lui dans la contrebande, via la Transnistrie.

Et puis, comme on en a parlé en haut-lieu, les choses changent. On pourra diminuer même la valeur du pion transnistrien dans la vision des patrons de Smirnov au Kremlin. On donne l’impression que ce n’est rien, mais cette fois -ci , par rapport au « referendum » du 17 septembre, le MAE( Ministère des Affaires Etrangères) russe n’a pas du tout commenté les" élections démocratiques" en Transnistrie.. A savoir… De plus , Chisinau propose des choses concrètes- : la reconnaissance de la propriété, usurpée par les patrons de Smirnov au Kremlin., et des projets énergétiques sources de profits, basés sur cette propriété, autrefois la nôtre. De tout façon on assiste à la dernière « inauguration » d’ Igor Smirnov. Et lui avec ses fils, son argent et ses belles filles, de toute façon, va partir de la République de Moldavie. Ce qui est important de savoir , c’est ce qui va le déterminer à partir. Or, soit la Russie va le remplacer avec un autre successeur plus « propre », et le spectacle du domaine du Théâtre de l’absurde, intitulé « Le Conflit de Transnistrie » va continuer. Soit, avant le déclenchement de l’opération , « le successeur » en Russie, va démarrer le processus « méticuleux » de réintégration de la République de Moldova. Pour l’instant, Vladimir Voronin essaye de nous convaincre que la situation penche vers la deuxième variante. Il reste à voir. En plus, même Nicolai Ryabov, l’ambassadeur russe, effrayé du cas de l’ambassadeur de la Roumanie, n’a pas assisté à « l’inauguration ».

Bonne année !

Oazu Nantoi, Institut de Politiques Publiques