Portrait d’un volontaire

Benjamin Resser est un des volontaires du « Peace Corps » qui, pendant ces jours-ci, découvre la Moldavie. L’américain a une mère allemande et un père irlandais, il est né à Kansas City. Benjamin est diplômé de l’université de cet état, il a appris le marketing et le business international Il a travaillé dans le domaine des finances. Puis, il a décidé d’habiter au Colorado, d’où il est venu en Moldavie. A Drochia où il habite en ce moment-ci, Benjamin fait du business agricole : il est consultant à ‘‘Agrocouncil’’. Un jour, il a visité le lycée ‘‘B.P.Hasdeu’ et il a proposé aux élèves et aux professeurs de les soutenir en organisant des collectes de bienfaisance pour le centre maternel Ariadna.

-Tu es en Moldavie depuis un an déjà. Comment te paraissent les gens et les fêtes de Pâques d’ici ?

- Les fêtes en Moldavie sont plus fastueuses qu’aux Etats-Unis. Chez moi, pour la soirée de Pâques, nous allons à l’église seulement pour une heure, pas de plus ; et nous sommes fatigués. Mais ici, je suis resté trois heures dans la cathédrale de Drochia. J’y suis allé à 3.30 du matin et j’en suis revenu à 6.30, quand il faisait déjà clair. Ceci a été une expérience impressionnante ! C’est un moment merveilleux, quand le prêtre marche parmi les gens et les bénit. Ils doivent être bons, purs, faire seulement de bonnes choses. Moi, j’ai chanté aussi, je répétais avec tout le monde, tous chantaient. Quelles belles coutumes vous avez ici !!!

- Aux Etats-Unis, comment vous réjouissez - vous pour la résurrection de celui qui est venu pour nous sauver ?

- Simplement : nous allons à l’église, puis nous revenons à la maison et nous nous mettons à table avec toute la famille. Toute la journée, nous la passons avec nos parents, nos amis et nos proches. Je suis chrétien. D’habitude, les fêtes ont deux composantes : l’élément religieux et le rituel. Il y a des gens, chez nous, qui fêtent Noël seulement parce qu‘on donne des cadeaux, et Pâques parce qu’on mange des gâteaux. Ici, en Moldavie, la dévotion des gens m’a plu. C’est seulement par ce mot qu’on peut expliquer le fait qu’ils restent toute la nuit à l’église. Ainsi doit-on respecter la maison du Dieu !

- Et quelle est ta première impression sur la Moldavie ?

- Ici ce qui m’a frappé, c’est l’hospitalité tant de générosité ! Partout, les gens te parlent et te font sentir que tu es une vraie personne. Ça s’est passé à Drochia et à Ialoveni, où j’ai vécu quelque temps. Chez nous, les gens sont plus réservés. Quand j’ai essayé de m’expliquer cela, j’ai compris que cette attitude venait de l’URSS. Même si la Moldavie est pauvre, les habitants montrent qu’ils aiment la vie, qu’elle soit facile ou difficile. C’est très courageux ! Un jour, j’ai rencontré un inconnu : il m’a organisé un repas riche comme dans les meilleurs restaurants, je ne savais pas comment interpréter ce geste.

-Quand tu as accepté de venir en Moldavie, tu savais que c’était un pays communiste ?

- Quand j’ai reçu le message par lequel le « Peace Corps » m’annonçait que j’allais partir en Moldavie, j’ai commencé à chercher sur la carte. Sincèrement, je n’avais aucune idée de l’endroit où elle se trouvait. J’ai lu pour savoir l’histoire de ce territoire. Et aujourd’hui je peux affirmer que vous avez un beau pays, un relief varié et un paysage qui contente les yeux. J’ai vu et le sud et le centre, mais le nord est ce qui se distingue particulièrement. Quand je suis venu ici, j’ai dit : « cette Terre appartient à Dieu ». Ici les gens méritent du bonheur. Quelqu’un disait que le bonheur est gratuit, mais tous ne peuvent l’avoir, on peut seulement le vouloir.

- J’ai compris que ta famille est riche, pourquoi es-tu volontaire du « Peace Corps » ? Quels sont les bénéfices pour un Américain qui vit en Moldavie depuis deux ans ?

- Je voulais être volontaire déjà quand j’étais encore un lycéen. J’ai lu beaucoup de livres écrits par des gens qui ont eu cette expérience, et je voulais aussi la vivre. J’aime bien voyager. Pour moi, le voyage c’est la formule du bonheur, c’est comme la musique ou le dessin pour les autres. Je voudrais connaître d’autres choses, d’autres mondes.Quand les représentants du « Peace Corps » m’ont demandé où je voulais partir, j’ai dit que ce devait être décidé par Dieu. Il a choisi pour moi et je me sens très bien chez vous.

-Mais y a-t-il quelque chose qui te dérange en Moldavie ?

- Même si je me trouvais dans l’Océan Pacifique, il y aurait des choses qui ne me plairaient pas. Partout on peut rencontrer quelque chose qui dérange. Mais ici, je me trouve comme chez moi. Bien sûr, il y a des moments où j’ai besoin de temps pour comprendre les faits.Tout cela c’est une expérience faite par un volontaire qui a accepté et qui vit avec plaisir tout ce qui se passe pour lui.

-Tu n’as pas rencontré des gens qui se comportent avec violence parce que tu es un étranger ?

-Je n’ai rien rencontré de tel.

-J’aimerais lire des articles sur ta page web. Si tu écris un livre sur la Moldavie, quelle sera la première phrase ?

 La Moldavie est le pays de toutes les opportunités »…

Interview par Antonia Sarbu, publié sur http://www.garda.com.md/126/oameni/, traduit par Silvia Radu, élève en XI-ième de Cahul, membre de l’Association JUNACT. Relecture - Michèle Chartier.