Les Allemands de Bessarabie. Une histoire européenne

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Quelles sont les relations du président fédéral Hornst Köhler avec la Bessarabie ? Qui sont les Allemands de Bessarabie et quelles traces ont-ils laissées dans la Moldavie d’aujourd’hui ? Vous trouverez la réponse à toutes ces questions dans un article publié récemment par la journaliste Alexandra Sora sur le portail de la station radio Deutsche Welle.

Les époux Köhler se sont établis d’abord en Allemagne de l’Est, où ils ont essayé de redevenir des paysans, mais la collectivisation de l’agriculture les a déterminés à se réfugier à nouveau vers l’ouest, où ils se sont établis ultérieurement à Luwigsbourg, sur le land de Baden-Württenberg.

Quelles sont les relations du président fédéral Hornst Köhler avec la Bessarabie ? Qui sont les Allemands de Bessarabie et quelles traces ont-ils laissées dans la Moldavie d’aujourd’hui ? Vous trouverez la réponse à toutes ces questions dans un article publié récemment par la journaliste Alexandra Sora sur le portail de la station radio Deutsche Welle.

Les Allemands de Bessarabie Eduard et Elisabeth Köhler habitaient un village près de la ville moldave de Bălţi. Hitler les avait déportés sur le territoire de la Pologne actuelle après l’annexion de la Bessarabie par l’Union Soviétique en 1940, et après la guerre ils ont été obligés de se réfugier vers l’ouest.

Les époux Köhler se sont établis d’abord en Allemagne de l’Est, où ils ont essayé de redevenir des paysans, mais la collectivisation de l’agriculture les a déterminés à se réfugier à nouveau vers l’ouest, où ils se sont établis ultérieurement à Luwigsbourg, sur le land de Baden-Württenberg.

La famille est entrée dans l’histoire de tous les lieux où elle est passée, car le septième enfant des époux Köhler allait devenir Président de la République Fédérale en 2004.

L’histoire de la famille du Président allemand Hornst Köhler, né en 1943 en Pologne, illustre l’histoire de la minorité des Allemands de Bessarabie, un groupe ethnique peu connu en Europe. L’Institut Deutsches Kulturforum Östliches Europa a consacré aux Allemands de Bessarabie un symposium à Berlin, organisé en coopération avec l’Institut Moldova de Leipzig, la Société des Allemands de Bessarabie de Stuttgart et l’Institut de culture et d’histoire de l’Europe de sud-est dans le cadre de l’Université de München.

Le capital culturel des Allemands de Bessarabie

La professeure universitaire Ute Schmidt de Freie Universität de Berlin, auteure de plusieurs livres consacrés à ces minorités ethniques, parmi lesquels le tome récemment paru : « La Bessarabie : Colons allemands à la Mer Noire », a souligné l’importance du « capital culturel » des Allemands de Bessarabie : « Ma théorie est que ce capital est dû généralement à certaines expériences historiques problématiques, qui canalisent et meuvent certaines énergies et dispositions psychiques, et dans le cas des Allemands de Bessarabie, l’expérience centrale a été le besoin de se réadapter constamment à d’autres conditions de vie, de continuer sans cesse leur chemin. Bien qu’ils aient été une population rurale, les changements historiques ne leur ont pas permis de s’occuper paisiblement des biens hérités de leurs parents, mais les a déterminés à s’adapter sans cesse aux conditions de vie inconnues et souvent menaçantes ».

La plupart des Allemands de Bessarabie proviennent du sud-ouest de l’Allemagne et de la Prusse. Ils se sont établis en particulier au sud de la Bessarabie, entre 1814 et 1842, appelés par le Tsar Alexandre I. La plupart ont quitté le pays à cause de la pauvreté, mais aussi pour des raisons religieuses.

En Bessarabie, ils ont cohabité paisiblement avec des Roumains, des Russes, des Ukrainiens, des Bulgares, des Juifs et avec d’autres ethnies durant plus de 125 ans. Mariana Hausleitner de l’Université de München a expliqué quels sont les avantages de ces colonisateurs allemands, à côté des privilèges octroyés par le tsar : « En tout cas, ils étaient les seuls dans la région à savoir le mieux lire et écrire, avec le nombre le plus bas d’analphabètes. Ainsi, ils disposaient d’emblée d’un grand avantage, qui leur a permis de créer des branches économiques nouvelles. Par exemple, les Allemands de Bessarabie ont créé les premières manufactures d’usinage de la laine ».

Ces environ 93.000 Allemands de Bessarabie ont été obligés d’abandonner leurs foyers en 1940, transférés en Pologne par les troupes SS, faisant partie d’un plan cynique de recolonisation des territoires polonais occupés par Hitler.

Quelles traces a laissées la population allemande en Bessarabie ?

« Ces sont particulièrement des souvenirs, - ceux-là créent une atmosphère agréable -, et pas seulement des souvenirs, mais aussi le fait que la population allemande de la République Fédérale originaire de Bessarabie entretient des liaisons avec ceux de là-bas, restaurent certaines églises, essayent d’aider certaines communautés. On peut parler non seulement de traces, mais d’une régénération, d’un esprit actif, de renouveau, en Bessarabie ou en République de Moldavie », a expliqué Vasile Dumbravărata, de l’Institut Moldova de Leipzig.

Projets en Bessarabie

La société des Allemands de Bessarabie, ayant son siège à Stuttgart, organise de nombreux projets censés soutenir la population de la patrie de leurs aïeux. Entre autres, plusieurs églises luthériennes ont été restaurées, comme relate Cornelia Shlarb, théologien et historien : « Dans quelques anciens villages allemands comme Sărata, Albota et Eigenfeld on a rénové les vieilles églises avec de l’argent donné par les Allemands de Bessarabie, et on les a remises aux communautés chrétiennes locales. Ainsi, l’identité protestante des Allemands de Bessarabie vit toujours dans une nouvelle présence, dans un esprit œcuménique ».

Source : Deutsche Welle

Article publié sur http://www.unimedia.md/index.php?mod=home&hmod=newsbyid&id=4158, traduit par Ion Ciobanu. Relecture - Michèle Chartier.