Le Moldave qui détient le plus grand nombre de brevets d’invention

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Deux chimistes, père et fille, sont sur la première position dans la liste des plus productifs inventeurs de Moldavie.

Des dizaines d’inventions moldaves ont décroché des prix et des médailles aux salons des inventions de Bruxelles, Genève, Paris ou Moscou, cependant, on connaît peu de choses sur ceux qui ont passé de nombreuses nuits blanches pour faire une découverte dans l’espoir de changer le monde.

Il faut le reconnaître, beaucoup de chercheurs moldaves connus et appréciés à l’étranger restent dans l’ombre dans leur patrie. N’en parlons pas du fait que lorsqu’ils prennent leur retraite, ils arrivent à peine à faire face aux besoins quotidiens, vu le montant misérable de la pension.

Afin de protéger leurs idées innovatrices, les inventeurs les font enregistrer auprès de l’Agence d’Etat pour la Propriété Intellectuelle (AGEPI). Selon les données de cette institution, les docteurs en chimie Victor Covaliov et Olga Covaliov (père et fille) sont les détenteurs du plus grand nombre de brevets d’invention de Moldavie. Leur palmarès comprend 241 et, respectivement, 239 brevets.

« Des idées tournent dans ma tête jour et nuit »

Victor Covaliov, à ses 80 ans, continue de travailler au sein du Département des recherches de l’Université d’Etat de Moldavie. Pendant la période soviétique, Victor Covaliov a été chef d’un laboratoire de recherches à une grande entreprise de l’époque. Il a créé plusieurs nouvelles technologies, ses premières inventions étant liées à la production des systèmes informatisés. Or, il reconnaît qu’il a toujours été attiré par le nouveau et l’inédit, étant intéressé à créer des choses sans pareil, et que des idées tournent dans sa tête jour et nuit.

Dans les années ’70, Victor Covaliov a découvert les effets de la diffusion du bore applicables au soudage des équipements radio-électroniques, sans utiliser de l’or et de l’argent qui sont très coûteux. Malheureusement, cette invention n’a pas été brevetée à temps et elle a été plus tard attribuée aux chercheurs américains.

Mais la leçon a été apprise ! Depuis, Victor Covaliov s’est fait breveter des centaines d’inventions. Plusieurs d’entre ses découvertes sont liées à la protection de l’environnement, raison pour laquelle les revues internationales de spécialité l’ont surnommé « le gardien de la propreté ».

Lauréat à „Energy Globe”

Victor Covaliov est surtout fier d’une de ses inventions les plus récentes qui l’an dernier a remporté un prix au concours „Energy Globe”, déroulé en Autriche. 1 500 projets de 130 pays ont été présentés à ce concours.

L’invention de Victor Covaliov représente une méthode de production du biogaz à partir de restes végétaux. La nouveauté de sa découverte consiste dans le fait que le biogaz obtenu peut contenir jusqu’à 90% de méthane, pareil aux gaz naturel, et la production se fait trois fois plus vite que suivant la méthode traditionnelle. En plus, ce processus de production est beaucoup moins coûteux et les résidus n’ont pas d’odeur et ne contiennent pas de toxines, pouvant donc être utilisés comme engrais organiques.

Un dérivé de ce processus est la vitamine B12 que personne avant n’a réussi à produire de manière synthétique. Par conséquent, un objectif ultérieur de Victor Covaliov est de lancer une ligne de production de la nourriture vitaminée pour la volaille et le bétail.

Une société de Moldavie a déjà manifesté de l’intérêt pour la mise en place du processus de production du biogaz suivant la méthode inventée par le professeur Covaliov qui a aussi suscité l’intérêt des hommes d’affaires des Pays Bas et d’Allemagne.

La fille du savant – une inventrice remarquable

Cette invention, comme plusieurs autres, est le fruit du travail conjoint de Victor Covaliov et de sa fille Olga, chimiste elle-aussi. D’ailleurs, le savant est très fier de sa fille, elle-aussi détentrice de dizaines de médailles d’or décrochées aux concours internationaux, y compris d’une médaille de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle.

Olga Covaliov est spécialiste en écologie. Elle a dirigé un projet de la Banque Mondiale dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable et des services d’assainissement et a travaillé sur un projet de l’OTAN, avec une équipe de chercheurs de l’Université de Clermont-Ferrand. A présent, au sein d’une autre équipe internationale, avec des chercheurs grecs et turcs, elle effectue des recherches sur une méthode d’épuration des eaux usées jusqu’au point qu’elles soient bonnes pour l’irrigation.

Les recherches - un travail mal payé…

Victor et Olga Covaliov détiennent plus de 200 brevets d’invention chacun. Il ne lui a pas été difficile de les faire enregistrer en Moldavie, car la plupart des recherches ont été brevetées dans le cadre des projets financés par diverses institutions. Cependant, à cause des coûts inaccessibles pour lui, le professeur ne peut pas se faire enregistrer ses inventions à l’étranger, ce qui est très décourageant pour le savant.

Un brevet international coûte environ 18-20 mille dollars, somme qu’il ne peut pas se permettre de payer. A l’époque soviétique, ses à peu près 70 brevets d’invention lui apportaient des revenus, mais vu la stagnation industrielle de la Moldavie, cette source de revenu n’existe plus.

Ayant consacré toute sa vie aux recherches, Victor Covaliov est très déçu et se sent humilié par le fait que sa pension de retraite est inférieure au salaire minimum dans le pays.

Des passions à l’unisson avec son penchant pour la science

Victor Covaliov a beaucoup de passions : la photographie, les voyages, l’alpinisme. Sa passion pour la photographie l’a déterminé à construire un appareil photo et une caméra vidéo capables de fonctionner sous l’eau.

Malgré son âge honorable, Victor Covaliov n’a pas de temps pour les loisirs. Il continue à se dédier aux recherches, afin de réussir à mettre en pratique toutes ses idées qui ne le laissent pas dormir.

D’après un article de Stela Mihailovici, publié sur le portail http://www.ziarulnational.md/einstein-de-moldova-cine-este-posesorul-a-241-de-brevete-de-inventii/

Le 18 février 2016