Le Festival International du Film Est -Européen :

Lundi, le 2 avril, dans la ville allemande, Wiesbaden, s’est close la 7-ième édition du Festival de Film Est-Européen :‘‘ GoEast’’. La Moldavie a participé aussi à cet événement.

L’Allemagne a deux festivals de film dédiés exclusivement aux productions de l’Europe Centrale et de l’Est. L’un de ces festivals est « GoEast » de Wiesbaden. Dans l’édition actuelle, la Moldavie n’était pas présente dans la compétition des films. Toutefois, elle a eu un représentant.

‘‘En faisant mon rapport et en écoutant d’autres rapports, j’ai constaté que les situations étaient presque similaires. Nous disons que nous n’avons pas d’argent, mais nous ne faisons rien pour en obtenir.’’, dit Dumitru Marian, engagé par un studio de production audiovisuelle de Chisinau et qui a été invité au Festival pour tenir une conférence sur la situation du film documentaire moldave.

‘‘A l’ouest, la Moldavie est considérée comme un trou noir. Tout le temps que j’ai été là-bas, personne ne m’a demandé comment est la population, le budget, la natalité, etc.’’

‘‘Personne n’est intéressé par ces situations. Ce qui m’a beaucoup plu, c’est que les gens se sont rencontrés là pour parler de films.’’

‘‘Les Européens sont prêts à nous accepter dans leur monde. Ce n’est pas l’intégration politique ; je parle de l’intégration culturelle, au niveau des films’’,dit Dumitru Marian.

‘‘Existe-t-il des portes ouvertes pour le développement de quelques projets ?’’ je lui demande.

‘‘Absolument. Mais l’initiative manque’’ me dit-il.

L’initiative et la capacité de développer un projet et de le proposer pour le financement, sont les principaux obstacles contre lesquels luttent les réalisateurs moldaves de documentaires.

La disponibilité de beaucoup de fonds européens pour soutenir les projets documentaires internationaux prend pour origine les paramètres de la situation. Le problème spécifique à la modeste communauté de documentaristes de Moldavie est celui-ci, nous explique Dumitru Marian.

‘‘Nous avons un grand problème dans le pays que nous ne pouvons pas résoudre, et on peut l’expliquer par l’absence de « branding », un mot qu’on utilise à l’Occident : nous l’entendons parfois mais nous n’en tenons pas compte.’’ ‘‘Il s’agit de l’absence d’idées dans le pays, l’absence d’initiative. Il y a encore des luttes d’orgueils dans notre cinématographie et on oublie de faire des films’’, pense Dumitru Marian .

Chez nous il existe un potentiel, mais le problème est qu’en faisant un film documentaire il faut développer le sujet et faire un projet ; ce sujet doit contenir tous les détails possibles. En faisant un film documentaire, il faut tenir compte du fait qu’il va être diffusé aux télévisions locales, ainsi,on a peur d’être censuré. Avec l’idée que l’on doit censurer le film, il faut éviter certaines choses et ainsi on perd de la qualité du film’’, dit Dumitru Marian.

Le film documentaire en Moldavie est un genre qui ne réussit pas. Un petit nombre de réalisateurs de films de fiction en Moldavie ont réussi à comprendre, mieux que leurs collègues documentaristes, la réalité actuelle. Comme cela, ils misent sur la priorité d’une co-production, dans les conditions d’être financés par l’état.

« J’ai réussi à me faire quelques relations en Europe et j’aurai le plaisir d’y aller l’année prochaine, mais non pas avec un rapport théorique, comme je l’ai fait cette année.‘J’aurais plaisir à prendre quelques films documentaires avec moi, pour être fier de nos producteurs, en disant : Voilà, Messieurs, nous ne faisons pas que des rapports théoriques, voilà, j’ai apporté le produit fini. C’est ainsi que je voudrais que cela se passe. » nous dit Dumitru Marian.

Et tout le monde va nous applaudir en souriant ?

Exactement, me répond-il en riant.

Interview par Marin Turea, publié sur http://www.bbc.co.uk/romanian/news/story/2007/04/070405_time_out.shtml, traduit par Ciobanica Veronica, élève en XI-ième classe de Cahul. Relecture - Michèle Chartier.