Echec du référendum. Revue de presse (2)

MOLDAVIE - Un référendum organisé pour sortir de la crise politique

Les Moldaves votaient dimanche par référendum sur une réforme constitutionnelle permettant une élection présidentielle directe, un scrutin censé mettre fin à une crise politique qui dure depuis les émeutes du printemps 2009. « Je suis sûr que le référendum sera un succès. Aujourd’hui, le peuple donnera une leçon à certains hommes politiques. Les communistes essuieront une défaite écrasante », a déclaré le chef de l’État par intérim, le président du Parlement Mihaï Ghimpu, après avoir glissé son bulletin dans l’urne. La mobilisation était pourtant faible, le taux de participation n’ayant atteint que 18 % à 16 heures locales (14 heures, heure de Paris). Les bureaux de vote qui ont ouvert à 4 heures fermeront à 18 heures (heures de Paris).

Les manifestations et les émeutes d’avril 2009 contre la victoire aux législatives du Parti communiste moldave, au pouvoir depuis 2001, avaient conduit à une impasse politique, suivie de nouvelles élections anticipées, remportées cette fois par une coalition de partis pro-européens. La coalition libérale-démocrate compte sur le référendum pour sortir de l’impasse institutionnelle. Elle a jusqu’à présent échoué à faire élire au Parlement son candidat à la présidence. Le Parti communiste, passé dans l’opposition, a appelé ses électeurs à boycotter le scrutin, accusant les libéraux-démocrates d’"usurper le pouvoir".

Les Moldaves devraient être de nouveau appelés aux urnes en novembre Le référendum sera jugé valide si un tiers des électeurs y prennent part. La moitié de ces électeurs doivent se prononcer en faveur de l’élection directe du futur président pour que la réforme soit approuvée. « J’ai voté pour la réforme parce que le résultat positif du référendum permettra de sortir de la longue crise politique. J’espère que nous réussirons à élire un président et un nouveau Parlement pour que nous puissions développer le business et le pays », a déclaré Valentin Rybine, un entrepreneur de 54 ans. Le retraité Nikolaï Boïko, 67 ans, a pour sa part décidé de boycotter le scrutin, le qualifiant de « farce » organisée par la coalition libérale-démocrate qui « a la soif du pouvoir ». Le chef de l’État par intérim a souligné qu’il souhaitait organiser les élections législatives et présidentielle en même temps si la réforme constitutionnelle était approuvée. La date du 14 novembre 2010 a été auparavant avancée pour ce scrutin. « Il faut économiser. Nous n’avons pas assez d’argent pour le gaspiller en campagnes électorales », a-t-il insisté.

La Moldavie, pays à majorité roumanophone considéré comme le plus pauvre d’Europe, est située entre l’Ukraine et la Roumanie. Un conflit y reste non résolu avec la région séparatiste de Transdniestrie, une petite bande de territoire comptant 500.000 habitants, qui a gagné avec le soutien de la Russie une courte guerre d’indépendance après l’effondrement de l’URSS, en 1991. L’indépendance autoproclamée de la Transdniestrie n’est pas reconnue par la communauté internationale. Les dirigeants communistes moldaves sont passés entre 2001 et 2009 d’une politique pro-russe à une politique de rapprochement avec l’Union européenne (UE), avant de militer de nouveau pour un resserrement des relations avec la Russie, principal partenaire commercial du pays. Les libéraux-démocrates sont, pour leur part, de fervents partisans de l’intégration à l’UE.

http://www.lepoint.fr/monde/moldavie-un-referendum-organise-pour-sortir-de-la-crise-politique-05-09-2010-1232598_24.php

Toujours sans président, la Moldavie s’enfonce dans la crise

Par HÉLÈNE DESPIC-POPOVIC

Le référendum qui devait mettre fin à des mois de crise politique en Moldavie, petit pays pauvre à majorité roumanophone coincé entre l’Ukraine et la Roumanie, a échoué dimanche. Seuls 29,67% des électeurs se sont rendus aux urnes alors qu’une participation d’un tiers (33,34%) était exigée pour valider le résultat de ce référendum sur l’élection directe du futur chef de l’Etat. Pourquoi ce référendum ?

Cette ex-république soviétique n’a plus de président depuis plus d’un an. Le pays est en crise depuis les émeutes d’avril 2009 qui ont débarqué les communistes (à la tête du pays depuis 2001), et les législatives de juin 2009 qui ont donné la victoire à une coalition hétéroclite de partis pro-européens. Forte de 53 députés sur 101, celle-ci a échoué à faire élire par le Parlement son candidat à la présidence car elle n’a pas pu réunir les 61 voix nécessaires. La Constitution stipule qu’en cas d’échec répété, le Parlement doit être dissous. Pour éviter que la crise ne se prolonge indéfiniment, les rapports de force entre les deux blocs semblant stables, la coalition libérale-démocrate a proposé ce référendum, suivi d’une présidentielle et de législatives.

Pourquoi cet échec ?

Un peu sonnés, les leaders libéraux et démocrates, qui comptaient sur un succès que leur promettaient les sondages, tentaient hier quelques explications. « Les communistes, l’absence de coordination au sein de la coalition au pouvoir et l’indifférence des citoyens […] ont causé l’échec du référendum », a déclaré à l’AFP Mihaï Ghimpu, chef du Parlement et président par intérim. Les communistes, qui avaient appelé au boycott de la consultation, exultent. « Un réel vote de censure contre le gouvernement actuel », estimait hier sur l’agence russe Ria-Novosti l’ex-président communiste Vladimir Voronine.

Et maintenant ?

Le Parlement doit de toute façon être dissous mais le pays reste dans l’impasse, malgré un rapprochement avec Bruxelles. Délégitimé, le gouvernement sera plus vulnérable aux tentatives de Moscou de reprendre l’initiative dans la région. Quant aux 4,5 millions d’habitants du pays le plus pauvre d’Europe, ils continueront à émigrer. Un quart de la population vit déjà à l’étranger.

http://www.liberation.fr/monde/01012288657-toujours-sans-president-la-moldavie-s-enfonce-dans-la-crise