Des esclaves chez leurs parents

Article de www.deca.md du 12 janvier 2007, choisi par Nadejda Demian, traduit par Mariana Florea, relu par Michèle Chartier.

La pauvreté, le chômage, la consommation d’alcool, la violence domestique, le faible niveau d’éducation parentale, le maintien des traditions dans la soumission des enfants au travail, le manque d’informations et la sensibilité sont les causes qui mènent à l’exploitation de l’enfant dans le travail.

De Coada Iazului à Chisinau, la main tendue des mendiantes

fille qui mendie
fille qui mendie

« Une petite fille de 5 ans, originaire du village de Coada Iazului, district de Sângerei, a été retrouvée par les collaborateurs du Commissariat de Police de Chisinau demandant l’aumône dans une des rues de la capitale. L’enfant était dans une situation désastreuse, sale et affamée, elle était forcée de mendier par sa mère. Celle qui lui a donné la vie a été élevée et éduquée dans un internat …… parce que la »maman« ne savait accomplir les obligations parentales, elle en a été dépourvue. A l’heure actuelle, la petite fille se trouve dans le centre de placement et de réhabilitation pour les enfants de Balti. »

Ce cas nous a été relaté par Maria Huzun, spécialiste pour les problèmes des Droits de l’homme à Sângerei. D’après elle, ce cas n’est pas unique. Le problème d’exploitation des enfants est très actuel.

Demander l’aumône, d’après les affirmations des spécialistes, est une forme d’exploitation des enfants par l’intermédiaire du travail. Et le fait que ce soit les parents eux-mêmes qui la pratiquent, rend le phénomène plus tragique. Une forme plus répandue, surtout dans les villages, est la contrainte des enfants qui pratiquent des travaux agricoles ou autres travaux domestiques qui ne correspondent pas à leur âge. Dans certaines familles, les vacances des enfants sont transformées en périodes de travail ; celles-ci étant une forme similaire à l’esclavage. Suite aux conditions impropres de travail et à l’excessive sollicitation physique, certains enfants arrivent à être les victimes des maladies chroniques : ils sont exténués physiquement et psychologiquement, et la privation de repos diminue leur potentiel intellectuel, ce qui les fait abandonner l’école.

Les enfants demandent l’aumône pour que les parents puissent s’acheter de quoi boire

Le directeur du Centre de placement temporaire des enfants de la rue « Drumul spre casa (La route vers la maison ) », à Balti, Nadejda Coscodan, soutient que plusieurs enfants qui arrivent au Centre sont des victimes d’exploitation par le travail. Une grande partie des parents, en particulier ceux qui mènent un mode de vie amoral, ou qui sont « amis avec le verre », imposent aux enfants différents travaux qui ne correspondent pas à leur âge. C’est plus douloureux quand les parents forcent les enfants à mendier pour que, ultérieurement, avec l’argent gagné, ils s’achètent de l’ alcool. A cause de la trop grande sollicitation physique, les enfants s’absentent de l’école et ne bénéficient pas d’une instruction de qualité, ce qui les marque pour toute la vie. C’est bien quand les enfants aident les parents, mais c’est douloureux quand les parents exploitent leurs propres enfants et ne leur offrent pas l’occasion de profiter de leur enfance. 240 enfants de Moldavie vagabondent en Russie : les enfants sont des victimes faciles non seulement pour le trafic interne, dans le but d‘une exploitation par le travail, mais aussi à l’ extérieur. Dans le commissariat de police de Sângerei, on a enregistré des cas de trafics d’enfants exploités par le travail mais la statistique sur la république est préoccupante. A la fin de l’année dernière, en Russie il y avait 234 enfants de Moldavie qui vagabondaient et mendiaient. Jusqu’ à présent, suite aux missions de rapatriement, ont été ramenés au pays 72 enfants, y compris 23 de moins de 7 ans. Une grande partie d’entre eux ont été placés dans une famille.

Quelle est la solution ? Pourquoi ce phénomène arrive- t- il et comment peut-t- il être diminué ?

D‘après les spécialistes locaux dans le domaine de la protection de l’enfant, la solution optimale réside en une collaboration active de tous les acteurs sociaux : parents, institutions d’enseignement, police, administration publique, psychologues, assistants sociaux, ONG.

Les adultes doivent respecter les droits des enfants, prévenir dans la mesure du possible toutes les formes d’exploitation des enfants, et doivent opter pour des enfants sains et pratiquant des activités diverses nécessaires à leur épanouissement.