De Voronine à Timofti ou le film de la crise politique en Moldavie

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La crise politique en République de Moldavie a débuté suite aux élections du 5 avril 2009 lorsque le Parti des Communistes de la république moldave n’a pu obtenir le nombre suffisant de sièges de députés pour élire le président de la république. (1)

Cette crise qui a duré près de trois ans s’est achevée vendredi avec l’élection de Nicolae Timofti à la fonction de chef d’Etat.

2009

5 avril : Les citoyens moldaves votent pour les élections législatives.

7 avril : De nombreux citoyens descendent dans la rue avant même l’annonce des résultats pour protester contre le Parti des Communistes (PCRM). Les manifestants se mobilisent par les réseaux sociaux, raison pour laquelle le mouvement de contestation qui secoue la Moldavie se fera connaître dans les colonnes de la presse internationale sous le nom de « Révolution twitter ».

8 avril : Le PCRM obtient 49,48 % des voix, ce qui représente 60 de sièges sur les 101 que compte le Parlement. Une répartition qui permet la mise en place d’un gouvernement mais pas l’élection du président pour laquelle il manque un vote.

10 avril : Vladimir Voronine accuse la Roumanie de s’être impliquée dans le mouvement de contestation du 7 avril.

5 mai : Première séance pour le nouveau Parlement, Vladimir Voronine est élu président du Parlement.

20 mai : L’opposition s’unit et bloque l’élection du président de la République.

3 juin : Nouvelle tentative ratée d’élection du chef de l’Etat.

16 juin : Le Parlement est dissous, on convoque des élections anticipées. En ce même mois de juin, le PCRM reçoit un coup sévère avec le départ d’un de ses membres les plus importants, Marian Lupu.

8 août : Le Parti Libéral-Démocrate de Moldavie (PLDM), le Parti Libéral (PL), le Parti Démocrate de Moldavie (PDM) et l’Alliance « Notre Moldavie » (ANM) signent un pacte pour constituer une coalition gouvernementale - l’Alliance pour l’Intégration Européenne ».

29 juillet : Suite aux élections législatives anticipées, le PCRM perd 12 sièges (il en obtient 48). Malgré cela, les autres formations entrées au Parlement - Le Parti Libéral (PL), le Parti Libéral-Démocrate (PLDM), le Parti Démocrate de Moldavie (PDM, conduit par Marian Lupu) et l’ Alliance « Notre Moldavie » (AMN), obtiennent seulement 53 sièges, huit de moins que le nombre requis pour pouvoir élire le président.

septembre : Après négociations, les partis de l’Alliance redistribuent les principales fonctions de l’Etat. Ainsi, Mihai Ghimpu est élu président du Parlement et exerce la fonction de président de la République par intérim, Vlad Filat est nommé Premier Ministre le 25 septembre. Marian Lupu lui est désigné pour se présenter à la fonction de chef de l’Etat.

novembre-décembre : Tentatives échouées d’élire le président de la République.

2010

16 mars : La Cour Constitutionnelle décide que le Parlement doit être dissous après le 16 juin parce que cette mesure ne peut être appliquée que deux fois par an.

5 septembre : Le référendum convoqué en vue de modifier le mode de dsignation du chef de l’Etat se solde par un échec. Bien que 87,8 % des électeurs votent en faveur d’une élection du président au suffrage universel direct, le taux de participation à ce référendum n’est que de 29.05%. Le scrutin est invalidé, car il n’a pas réuni le seuil minimum requis d’un tiers du corps électoral.

28 novembre : Elections législatives anticipées, ce sont les troisièmes en moins d’un an et demi. Le PLDM, le PDM et le PL obtiennent ensemble 59 sièges, le PCRM 42. Les résultats de l’Alliance « Notre Moldavie » ne lui permettent pas de rentrer au Parlement.

décembre : Les négociations au sein de l’Alliance permettent à Vlad Filat d’être reconfirmé Premier Ministre, Marian Lupu est élu président du Parlement et occupe à son tour la fonction de chef de l’Etat par intérim.

2011

20 octobre : Le Parlement fixe au 18 novembre la date de l’élection du président.

4 novembre : Trois députés communistes (Igor Dodon, Zinaida Greceanîi et Veronica Abramciuc) quittent le PCRM.

15 novembre : La période de dépôt des candidatures pour la présidentielle s’achève sans qu’aucun candidat ne soit enregistré.

25 novembre : La procédure d’élection du président est modifiée, l’organisation du vote est considérée comme valide seulement lorsque 61 des 101 députés prennent part au vote.

2 décembre : Le Parlement fixe une nouvelle date pour l’élection du président de la République, le 16 décembre.

14 décembre : Fin de la période de dépôt des candidatures, Marian Lupu est le seul candidat inscrit.

16 décembre : Le Parlement ne parvient pas à élire le président. Au total, 62 députés ont voté, mais Marian Lupu n’a reçu que 58 voix. Pour être élu, il lui en aurait fallu 61.

28 décembre : Marian Lupu annonce qu’il ne sera plus candidat à la fonction présidentielle. Le Parlement fixe la date du prochain scrutin au 15 janvier.

2012

12 janvier : La Cour Constitutionnelle de la République de Moldavie annule les élections du 16 décembre, les jugeant non constitutionnelles. Les élections prévues le 15 janvier sont annulées.

28 février : L’ancien président Vladimir Voronine déclare qu’il ne sera plus candidat à la présidence de l’Etat, ni à aucune autre fonction d’Etat.

7 mars : Le Parlement approuve le projet qui prévoit que le vote pour élection du président se déroulera le 16 mars.

12 mars : L’Alliance pour l’Intégration Européenne (AIE) annonce officiellement qu’elle soutient la candidature de Nicoale Timofti à la présidence de la République de Moldavie. Nicolae Timofti était alors président du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM).

Nicolae Timofti
Nicolae Timofti

16 mars : Nicoale Timofti est élu Président de la République de Moldavie

Article repris sur le site http://www.timpul.md

Traduction : Vincent Henry

1. Le Président de la République est élu par les parlementaires, à la majorité qualifiée. (NdT)