Sortir de l’impasse constitutionnelle pour aller de l’avant

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Gilles Ribardière
Gilles Ribardière

Article par Gilles Ribardière

La mutation de la République de Moldavie se fait dans un contexte particulièrement difficile.

Il y a d’abord une constitution qui a prévu – on l’a dit ici de nombreuses fois – une procédure de désignation du Président de la République paralysante.Mais surtout, il y a un contexte économique mondial qui pèse sur la situation des populations déjà peu favorisées dans leur vie quotidienne, ce qui est le cas parmi la plupart des citoyens moldaves.

Pourtant l’Alliance pour l’Intégration Européenne qui dirige à l’heure actuelle le pays, malgré sa composition non homogène, maintient le cap : sortir de l’impasse institutionnelle, poursuivre le parcours vers l’Union Européenne, sans pour autant braquer la Russie.

Il est évident que l’attitude de l’Union Européenne ainsi que de l’Alliance pour l’Intégration Européenne constitue un facteur déterminant afin que les Moldaves aient le sentiment que leur horizon n’est pas bouché.

Nous avons sélectionné trois événements très récents qui semblent pouvoir contribuer à éclaircir la voie.

Tout d’abord une solution en vue de sortir de l’impasse institutionnelle vient d’être présentée par l’Alliance pour l’Intégration Européenne ce 3 juin. En novembre prochain, un Président, élu au suffrage universel, si le peuple en décide ainsi par voie référendaire en septembre, ainsi qu’un nouveau parlement, seront en place. Ils auront la tâche de poursuivre notamment le travail de rapprochement avec l’Union Européenne, tout en s’attachant à améliorer la situation économique et sociale du pays.

Or, autre événement non négligeable, la Commission Européenne vient d’allouer une aide de 60 millions d’Euros en vue d’aider à la croissance économique et à l’éradication de la pauvreté. Voilà bien un signe qui devrait avoir pour effet de redonner aux Moldaves un regain de confiance – un peu ébranlée ces derniers temps - dans l’Union Européenne. Ce geste de l’Union Européenne indique en tout cas qu’elle n’entend pas négliger la jeune République qui affirme clairement son souhait d’appartenance pleine et entière à l’ensemble européen.

Enfin, troisième événement, le Parti des Communistes se déclare favorable à la désignation du Président de la République au suffrage universel, ce qui constitue une nouveauté.

Faut-il y voir une volonté d’apaisement, au moins sur ce point, ou la prise en compte d’une double réalité : la nécessité vitale pour le pays de sortir de l’impasse institutionnelle et la prise en compte d’un souhait plutôt bien partagé par la population d’avoir un Président de la République élu au suffrage universel ?

Encore faudra-t-il souhaiter cohérence entre le Président et le Parlement : réponse en novembre !

Le 4 juin 2010