Art et politique

Les fêtes en Moldavie, ces derniers temps, mis à part leur composante politique, ont aussi eu du contenu artistique.

Marin Tourea, correspondant de BBC, a examiné les évènements en essayant d’établir les tendances.

Est-ce que nous pourrions nous toucher au sujet des rapports entre l’art et la politique ?" demande-t-il au critique d’arts Vladimir Bulat.

"Nous faisons des efforts pour les associer, même que ces derniers temps , il est devenu presque impossible de les séparer » a-t-il répondu.

Le rôle de l’état dans le soutien de la culture est déterminant. Même si elle ne le fait directement et ne soutient pas certains projets culturels, une politique culturelle demande à être articulée et rendue publique » poursuit le critique.

De telle manière, sinon sur le plan intérieur, du moins sur le plan extérieur, afin de médiatiser l’activité et la façon dont un Etat se préoccupe de ce qui s’appelle Infrastructure Culturelle.

Artur Cozma, ministre moldave de la culture
Artur Cozma, ministre moldave de la culture

"Cette question m’a toujours préoccupé : comment a fonctionné, ou, pour mieux dire, n’a pas fonctionné le Ministère de la Culture de Moldavie. Jamais on n’a vu de programmes culturels ou de politique culturelle qui, à un moment donné, aient été proposés en discussion à des autorités intellectuelles de Moldavie - de telle façon qu’on ne pourrait nier le problème de l’existence d’une politique culturelle d’un bon niveau de la part de l’Etat et dans ce cas là, tout ce que cela signifie de caractère aléatoire et chaotique dans l’offre culturelle”, dit M Bulat.

C’est un caractère ambivalent : d’un côté, il y a d’ impressionnantes lacunes pour couvrir une longue liste de territoires artistiques actuels, et de l’autre côté, il est impossible de ne pas attirer l’attention sur les puissants accents propagandistes et populistes.

La tendance est confirmée dans une conférence de presse de la part du Ministre de la Culture, Artur Cozma. Ainsi, parmi les programmes des évènements soutenus par le Ministère, nous pouvons rappeler l’organisation des programmes culturels dédiés aux évènements de tout type, politiques et même dédiés à un Rallye Auto. Une autre tendance tend à raviver la vie culturelle des villages moldaves par l’intermédiaire des programmes nomades de musique populaire. „La chose principale est que nous devons nous occuper de la promotion culturelle, en milieu rural, là où les 10 dernières années, on a vu un abandon total", dit Artur Cozma. "Je pense que maintenant notre société aborde une nouvelle étape, une étape nettement supérieure, quand on pense déjà à la culture, aux valeurs culturelles de notre République de Moldavie. Cela me réjouit et, en ce sens, j’ai tout le soutien de la part du gouvernement et il reste donc à réaliser les plans proposés.”, a déclaré le Ministre de la Culture.

Ainsi, pendant le concert du Jour d’Indépendance, on a pu entendre : „ En ce jour férié- jour suprême de notre existence. Pour l’amour de notre pays, interprété par Lenuţa Burghilă. Viva Moldova !”

C’est une continuation de l’époque soviétique", dit Vladimir Bulat. Partout j’ai ressenti un esprit de revalorisation. On a vu apparaître des panneaux mis le plus souvent pour cacher la misère de Chisinau", pense le critique Vladimir Bulat. "J’ai vu une propagande pitoyable, si on fait appel aux techniques utilisées il y a quelques décennies, on voit que l’imagination n’a en rien évolué chez nous. "C’est un problème qui peut faire rire certains, et pour d’autres, fournir une matière à réflexion”, dit Vladimir Bulat.

Malheureusement, la réalité actuelle dans le domaine culturel traîne des tabous et s’étend à des tabous concernant certains sujets. Dans la culture moldave, on met l’accent sur les tendances idéologiques et il manque le dialogue entre les principaux acteurs de la scène culturelle moldave.

La situation est encore plus triste et comporte des phénomènes déjà anciens, mais ces choses sont totalement ignorées des représentants culturels de l’Etat, qui préfèrent s’appuyer sur la docilité et l’inconsistance artistique. Malheureusement, tout ça continue à créer et à stimuler des tensions encore imprévues et non résolues qui attendent et doivent être prises en compte.

Article publié sur http://www.bbc.co.uk/romanian, choisi par Cristina Jumir, traduit par Aliona Eleniuc et corrigé par Michèle Chartier