Un musée « caché du monde » à Chișinău

Un musée inédit existe à Chişinău : situé à l’angle des rues Mihai Viteazul et Columna, il se « cache » derrière une rangée de grands arbres. Le musée, abrité par un immeuble à deux étages qui semble découpé d’une carte ancienne, s’appelle « Le musée de la gloire au travail », mais ce nom d’inspiration soviétique ne doit pas décevoir, ca, il fait les visiteurs découvrir des aspects inédits de l’histoire de Chişinău.

Le musée de la gloire au travail
Le musée de la gloire au travail

Dans la cour, un wagon en miniature suggère qu’il s’agit en fait d’autre chose. Puis, quand on est accueilli par la directrice du musée, Kira Maximova, une dame âgée qui adore raconter comment les tramways et les trolleybus ont commencé à circuler dans les rues de Chişinău, on oublie le nom ambigu.

Des Belges – à l’origine du transport électrique de Moldavie

Les premiers tramways électriques (qui ont remplacé ceux tractés par des chevaux) sont apparus à Chişinău en 1913, étant mis en place par des entrepreneurs belges envoyés à cette fin en Bessarabie par le tsar russe, Alexandre III.

Cette même année-là, la société belge a commencé la construction de son siège dans la rue Nikolaevskaia (aujourd’hui, Columna), à la place de l’ancien dépôt de tramways et de l’écurie. Les travaux de construction ont duré trois ans. Cet immeuble appartient aujourd’hui à la Régie Transport Electrique de Chişinău et il abrite des bureaux, ainsi que le susdit Musée de la Gloire au travail. L’aspect de la construction et certains éléments décoratifs de l’intérieur art nouveau évoquent le temps quand l’élégance et la fonctionnalité étaient des caractéristiques obligatoires d’un édifice.

Les trolleybus ont remplacé les tramways

Après la Seconde Guerre Mondiale, les hommes d’affaires Belges ont été contraints par le régime soviétique à quitter la Bessarabie. En 1949, les autorités ont apporté de Moscou six trolleybus et ont fait venir à Chişinău 12 chauffeurs pour former les conducteurs de tramway.

Le premier distributeur de billets de trolleybus
Le premier distributeur de billets de trolleybus

Née à Leningrad (actuel Saint-Pétersbourg), Kira Maximova (le guide) se souvient qu’elle a connu son futur mari, originaire de Moldavie, après la guerre, dans la Gare Finlandaise de la capitale nordique de la Russie. S’étant mariée, elle a rejoint son mari à Chişinău où elle a travaillé pendant trois ans en tant que conductrice de tramway, puis elle a pris le volant d’un trolleybus. Quoiqu’elle soit couturière d’après sa formation, elle a décidé de se faire conductrice, parce que dans cette nouvelle qualité elle avait le droit à l’inscription de ses enfants dans le jardin d’enfants de la Régie Transport Electrique qui se trouvait d’ailleurs dans l’actuel immeuble du musée.

« Depuis 1950 jusqu’en 1971, ici, il y avait un jardin d’enfants. Nous y laissions le lundi matin nos enfants et nous allions au travail. Le samedi, nous revenions les chercher pour passer le week-end ensemble. Chaque jour, un parent devait travailler gratuitement au jardin d’enfants, ce qui lui permettait de surveiller comment on soignait les enfants », raconte Kira Maximova.

D’ailleurs, aux côtés de diplômes, médailles et documents de ses anciens collègues, la directrice aime montrer aux visiteurs du musée toute sorte d’objets confectionnés par les enfants qui ont passé leur enfance sous le son des moteurs de trolleys.

En 1959, quand à Chişinău circulaient déjà 50 trolleybus et l’ancien dépôt de tramways était trop petit pour eux, a été ouvert le Parc de trolleybus nr. 1. A partir du 17 mai 1961, les tramways ne circulent plus à Chişinău. D’autre part, le nombre de trolleybus s’est continuellement accru le long des trois décennies suivantes et deux nouveaux parcs ont été ouverts (en 1966 et en 1986).

Une des salles du musée
Une des salles du musée

Le musée de la gloire au travail de la Régie Transport Electrique abonde, il faut le reconnaître, en objets portant l’empreinte du passé soviétique, mais il présente aussi des pièces d’une valeur historique incontestable et mérite d’être visité sans hésitation.

D’après un article d’Ion Macovei, publié sur http://www.timpul.md/articol/foto-inedit-un-muzeu-din-chiinau-ascuns-de-ochii-lumii-29223.html

Le 24 janvier 2017