Les atouts des mobilités académiques

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Article de Iulia Miaun, Étudiante d’échange à l’Université de Genève, au Département de Linguistique

«  On n’est curieux qu’à proportion qu’on est instruit.  »(Jean-Jacques Rousseau)

Mon séjour à Genève s’est passé sous le signe de la curiosité. Curiosité qui m’a poussée à déposer, il y a un an, le dossier pour obtenir une bourse de mobilité à l’Université de Genève. Curiosité qui n’a pas cessé de grandir avec chaque pas entrepris : lettre d’acceptation, obtention du visa, recherche de logement, achat du billet…

Poursuivre mes études à l’Université de Genève, à la Faculté des Lettres, au Département de Linguistique a été, tout d’abord, un honneur, car la linguistique moderne est une science qui est née dans cette université, suite aux travaux du linguiste genevois Ferdinand de Saussure.
L’UniGe m’a donc accueillie dans ses bras avec des expositions des archives de Saussure, car l’année 2013 marque l’exact centenaire de la mort du linguiste et offre à ce titre une opportunité forte d’évaluation des perspectives futures de la linguistique. D’ailleurs, l’un de mes cours se tenait dans la salle Saussure, où le célèbre linguiste avait donné son Cours de linguistique générale. Quoi de plus motivant pour apprendre la linguistique que de se retrouver dans une telle salle ?

J’aimerais ajouter le fait que l’UniGe est une université qui bouge constamment. Qu’il s’agisse de la recherche, de l’enseignement ou du simple accueil des étudiants, on s’y sent toujours attiré par la vie académique de qualité. Pour chaque rentrée, des Welcome Days sont organisés, dans le but d’accueillir les nouveaux étudiants. Peu importe si vous venez à Genève pour un seul semestre ou pour une dizaine d’années ! Vous y serez toujours les bienvenus.

Welcome Days, septembre 2013.
Welcome Days, septembre 2013.

Néanmoins, la vie académique est intense dès la première semaine. Pendant le semestre d’automne j’ai eu la possibilité de suivre les cours de pragmatique de M. Jacques Moeschler et d’analyse du discours de M. Antoine Auchlin, ainsi que des cours de didactique sur le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, tenus par M. Luscher et Mme Lenoble. La spécificité de la formation spécialisée au sein du Département de linguistique est son accent mis sur la recherche. En plus des séminaires, une place importante de la formation est attribuée à des groupes de lecture et à des travaux personnels. Les étudiants sont plongés immédiatement dans un cadre dynamique. Ils sont accueillis chaque semaine dans le cadre du séminaire de recherche, qui invite des chercheurs de niveau international d’Europe et des Etats-Unis. C’est un lieu où l’on peut découvrir de nouvelles idées, hypothèses, résultats de recherches et surtout des gens passionnés par la linguistique.

En fait, même pendant les séminaires, le professeur compte sur l’étudiant en tant que son partenaire. Il nous présente ses recherches et s’intéresse à nos opinions, car parfois un nouveau regard jeté sur le problème peut ouvrir une nouvelle porte dans la recherche. Le séminaire est donc une sorte de provocation pour le professeur, afin qu’il voit si sa théorie fait face aux défis, c’est pourquoi les étudiants sont encouragés à questionner toujours son travail. Ce qui m’a frappée lors de ces séminaires c’est la symbiose entre la langue et les nouvelles technologies qui a donné naissance à une nouvelle discipline - la linguistique informatique, ce qui aura un grand impact, par exemple, sur l’avenir de la traduction automatique.

Bien sûr que ces recherches ne peuvent pas être menées sans un grand fonds documentaire. Les bibliothèques, accessibles et confortables, sont ouvertes aux étudiants. Il est même plus facile de se perdre dans une bibliothèque que dans un aéroport.

De même, cette année -ci j’ai eu l’opportunité de représenter l’Université d’Etat de Moldavie à la Journée Internationale des Universités Partenaires, tradition maintenue à l’UniGe pendant plusieurs années déjà. C’était une occasion d’informer les étudiants de Genève sur les possibilités de mobilité existantes, mais aussi de découvrir virtuellement toutes les universités partenaires de l’UniGe, de tous les continents.

A l’UniGe, même si la vie académique est assez sollicitante, les jeunes sont très actifs, ils s’impliquent dans la vie étudiante et, en même temps, ils organisent très bien leur vie en dehors de l’université. On y découvre de multiples associations d’étudiants, telle le réseau des étudiants Erasmus qui nous a rendu le séjour à Genève le plus agréable possible. A part ça, la curiosité vous pousse toujours à ne pas perdre le temps et à découvrir les affinités d’autres pays et d’autres cultures grâce à vos amis, lors d’une soirée autour de la fondue ou lors d’un voyage à vélo dans les prairies des alentours.

En conclusion, je dirais que mon expérience à l’étranger peut se résumer en un seul mot : curiosité. C’est la curiosité qui doit être éveillée dans le cœur de l’étudiant pour qu’il s’engage dans la recherche, pour qu’il travaille en tant que partenaire du professeur. C’est aussi la curiosité qui nous pousse à la découverte d’autres cultures et même de la nôtre. Plus on découvre, plus on devient curieux. Plus on devient curieux, plus on découvre.

Contacts et découvertes culturelles multinationales.
Contacts et découvertes culturelles multinationales.

En regardant en arrière, la nostalgie fait ses ravages, mais les voyages à l’étranger sont son antidote. Les rêves d’un passé que l’on savait déjà éphémère, lorsqu’il n’était encore qu’un futur fantasmé, nous permettent de mieux comprendre la force et l’importance des relations qu’on tisse autour de nous. Après tout, maintenant j’ai certainement une bonne excuse pour faire le tour de l’Europe ! Et pour celles et ceux n’ayant pas encore fait de séjours à l’étranger, voici un conseil : il ne vous reste plus qu’une chose à faire…

Le 29 avril 2014