Expériences partagées

Le fait d’immerger dans une culture complètement différente de la sienne, de devoir accepter un mode de vie différent, des manières de faire et de penser souvent opposées à ce que l’on a l’habitude de voir en Moldavie, est une expérience très riche, qui permet d’évoluer, de remettre ses croyances en question et d’être plus ouvert aux autres.

Et pourtant, les jeunes moldaves saisissent des occasions multiples de parfaire une partie de leur formation à l’étranger.

Pour les étudiants de l’Université d’État de Moldavie, les séjours académiques à l’Université de Genève (Suisse) prennent place de préférence au niveau post-gradué (master ou doctorat). Un accord de collaboration, signé entre les deux Universités, assure le bon fonctionnement d’un programme d’échanges, depuis 7 années déjà. Ainsi, dans la période 2006-2013, l’UniGe a accueilli 20 étudiants moldaves (bourses UniGe - 6, bourses d’échange - 9, encadrement pour les bourses de la CH et de l’AUF- 5).

Notre Section des relations internationales a recueilli récemment les témoignages des étudiants qui ont fait ou font leurs études à l’étranger, dans le cadre des programmes d’échanges. Ces expériences partagées seraient, à notre avis, enrichissantes pour les visiteurs de ce site. Les auteurs de ces trois textes ont bénéficié ou bénéficient d’un encadrement de qualité, assuré par l’Université de Genève, en Suisse.

Revenus en Moldavie ou restés en Europe, nos étudiants gardent un souvenir agréable de cette Université à renommée internationale, qui a tracé les contours de leur parcours académique ultérieur.

Oxana Căpăţînă, responsable (MD) du programme d’échanges universitaires entre l’UEM et l’UniGe.

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Une expérience qui me fait sourire

Dans la période 2011-2012, j’ai bénéficié d’une bourse d’études à l’Université de Genève, en Suisse. Je pense que j’ai eu de la chance, or je ne peux pas expliquer comment cela m’est arrivé.

J’ai eu la chance d’avoir des professeurs magnifiques, j’ai eu la chance de rencontrer dans ma vie des personnes qui n’ont pas été « occasionnelles » et qui m’ont dirigée vers le bon chemin.

Elena Josan à Genève (style étudiant). Été 2012.
Elena Josan à Genève (style étudiant). Été 2012.

J’ai toujours aimé le français et cet amour ne se limitait pas à un simple effort de l’apprendre, mais à un plaisir de le découvrir. C’est l’amour pour le français qui m’a amenée à la Faculté des Langues et Littératures Étrangères, où j’ai intégré des modules normatifs, au niveau de licence et de master et où je fais maintenant mon doctorat en linguistique française.

Tout ce parcours académique me paraissait tout de même hermétique et j’ai décidé alors de franchir, modestement et timidement d’abord et avec plus de zèle après, les frontières de mon pays, pour intégrer un système d’enseignement francophone d’un état européen. Et c’était Genève qui m’a tentée plus particulièrement, surtout pour son École de linguistique et de pragmatique.

Au début, je le reconnais… j’ai eu peur, des pensées, espoirs et hésitations me passaient dans la tête, mais en ce moment, lorsque j’y pense, j’ai toujours un sourire sur mon visage.

J’ai été hébergée à la Cité Universitaire et j’ai fait mes études à la Faculté des Lettres de l’UniGe, au Département de linguistique. J’ai suivi les cours des chercheurs très connus et plus particulièrement, les conférences et les séminaires dirigés par Jacques Moeschler, Antoine Auchlin, Christopher Laezlinger etc. Après neufs mois d’études, j’ai soutenu un mémoire et j’ai obtenu un Certificat de Spécialisation en Linguistique. C’est un document qui est placé, sur l’échelle formative, quelque part entre les études de master et de doctorat. Il est alors dénommé à l’UniGe « Certificat post-master ou pré-doctoral ». L’intégration formative dont j’ai bénéficié à Genève a changé, bien sûr, mes idées sur mon futur parcours académique.

Ce que je pourrais dire de la vie étudiante de Genève se résume à : « Une vie facile ! ». Pourquoi ?… parce que tout est fait POUR et AVEC l’étudiant. Les cours et l’horaire sont adaptés aux besoins des étudiants, les bibliothèques et les salles informatiques sont très bien équipées et accessibles à tout public : il existe des campus, des cafétérias, une Arcade des étudiants, qui facilite la vie des jeunes à Genève. L’Arcade des étudiants est une sorte d’institution qui propose des appuis (financements, socialisation, loisirs, logements, conseils, emplois, etc.) destinés à favoriser la réussite des études universitaires, l’intégration des étudiants et leur bien-être. La plupart de ces prestations sont gratuites. En plus, l’étudiant est au centre de ces appuis et activités, tout est fait AVEC l’étudiant. Les jeunes de l’UNIGE sont très actifs, ils s’impliquent dans la vie étudiante et en même temps ils organisent très bien leur vie en dehors de l’université. On y découvre de multiples associations d’étudiants, très diverses selon leurs objectifs et membres, parmi lesquelles l’Association Universitaire des Étudiants de Genève « Mihai Eminescu » (AUEG) dont j’ai fait partie et qui a l’objectif de promouvoir notre culture et nos valeurs à Genève.

 Chez le Roi Mihai de la Roumanie en visite- moment inoubliable. Elena Josan et d'autres membres de l'Association Universitaire des Étudiants roumains de Genève « Mihai Eminescu » (2012).
Chez le Roi Mihai de la Roumanie en visite- moment inoubliable. Elena Josan et d’autres membres de l’Association Universitaire des Étudiants roumains de Genève « Mihai Eminescu » (2012).

Chaque année, des étudiants volontaires organisent les « Welcome Days » pour les nouveaux étudiants, des ateliers d’accueil et d’intégration, en invitant tous les jeunes à se faire des amis, à écouter de la musique, à partager leurs impressions, etc. Ils organisent de même des soirées de cinéma, des discothèques (UNI-party), des ateliers de théâtre et d’autres loisirs.

Le même principe fonctionne pour la ville de Genève et, en général, pour la Suisse : tout est fait POUR et bien sûr AVEC l’homme. Tout le monde le sait, c’est le pays du chocolat, des banques, de l’immense Lac Léman et des plus belles montres du monde. La Suisse se distingue par le luxe, la beauté, l’ordre et la multitude de fonctionnaires. En voyageant à travers le pays, on a l’impression que l’homme y a tout touché, et ce qu’il a touché n’a pas été détruit, mais embelli de la meilleure façon.

Je ne sais pas si c’est bien ou mal, mais une des conclusions faites après neufs mois passés en Suisse, à Genève, c’est que « mieux » et « meilleur » – c’est possible !

Étudiants genevois au patinoire. Parmi eux, Elena Josan et d'autres étudiants roumains et moldaves de l'UniGe.
Étudiants genevois au patinoire. Parmi eux, Elena Josan et d’autres étudiants roumains et moldaves de l’UniGe.

Elena JOSAN,

doctorante, Faculté des Langues et Littératures Étrangères

Université d’État de Moldavie

Ex-titulaire d’une bourse d’une année, dans le cadre du programme universitaire d’échanges entre l’UniGe et l’USM (2011-2012), pour intégrer les modules du Certificat de spécialisation en linguistique.

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Un lieu où l’expression alma mater prend tout son sens

Mon aventure genevoise avait commencé avec une lettre d’acceptation : « …le responsable du Certificat de spécialisation en Linguistique a accepté votre demande de suivre cette formation ». Ont suivi de nombreuses démarches fastidieuses, pour obtenir le visa et pour s’inscrire à l’Université, pour trouver un logement à Genève et finalement, pour acheter le billet d’avion. Ce n’est pas toujours facile d’être citoyen moldave. Mais tout s’oublie, même l’accueil pluvieux d’une Genève grise, par un jour de septembre.

Irina Breahnă, découvrant la Vieille Ville à Genève. (2013).
Irina Breahnă, découvrant la Vieille Ville à Genève. (2013).

Les premières semaines ont été particulièrement stimulantes : Journée portes ouvertes aux Nations Unies, Welcome Days à l’Université et début des cours, visite du CERN. Genève est tellement cosmopolite et protéenne que l’on ne se lasse jamais de la découvrir.

Infiniment internationales, les rues de la ville sont un premier laboratoire de recherche que l’oreille d’un linguiste passionné saurait apprécier avant d’entrer dans la salle de cours.

…Ces salles de cours où, sans trop d’effort, on peut imaginer Ferdinand de Saussure enseigner son cours de linguistique générale, tellement les bâtiments de l’Université de Genève respirent l’histoire et l’excellence de ses générations de professeurs et étudiants. Mais tout en étant une vraie Université, solide et académique, l’UNIGE vous rencontre toujours souriante et vous encourage dans vos aspirations. Qu’il s’agisse des professeurs qui vous enseignent surtout à penser par soi-même, des bibliothèques qui font face aux plus exigeants et fantaisistes défis de lecture ou même de la dame de la cafétéria qui connaît votre ordre par cœur.

Bibliothèque de linguistique de l'Université de Genève. Irina Breahna avec une collègue.
Bibliothèque de linguistique de l’Université de Genève. Irina Breahna avec une collègue.

Le Certificat de spécialisation est une formation qui vous donne toute la liberté de poursuivre vos propres recherches, en proposant un enseignement flexible, que l’on peut adapter selon ses besoins ou intérêts. Genève est un centre important et mondialement reconnu pour ses travaux en linguistique. La structure du Certificat et les modules et séminaires proposés, en pragmatique, syntaxe, traitement du langage, discours et prosodie vous placent au cœur des dernières recherches dans ces domaines prioritaires pour la linguistique du XXIe siècle. Les séminaires de recherche qui rassemblent professeurs, étudiants et chercheurs sont des lieux privilégiés pour découvrir de nouvelles idées, tendances, hypothèses, mais surtout des chercheurs invités d’un peu partout dans le monde. Tout ceci- dans une atmosphère de connivence et de passion pour la linguistique.

Ce n’est pas toujours facile, même pour un linguiste, de formuler une expérience complexe, à la fois intellectuelle, culturelle, spirituelle même. Il suffit, probablement, de dire que l’Université de Genève est le lieu où l’expression alma mater prend tout son sens.

Le châtaignier officiel de la ville de Genève. Le premier bourgeon apparu sur l'une de ses branches marque le début du printemps. Une personne spécialement désignée est chargée de cataloguer cet événement chaque année. Photo par Irina Breahna. Genève 2013.
Le châtaignier officiel de la ville de Genève. Le premier bourgeon apparu sur l’une de ses branches marque le début du printemps. Une personne spécialement désignée est chargée de cataloguer cet événement chaque année. Photo par Irina Breahna. Genève 2013.

Irina BREAHNĂ,

doctorante, Faculté des Langues et Littératures Etrangères

Université d’Etat de Moldavie,

Titulaire d’une bourse du Département de linguistique de l’UniGe (année académique 2012-2013), pour intégrer les modules du Certificat de spécialisation en linguistique.

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Partir à la conquête de l’Eldorado académique

L’Université de Genève, j’en ai entendu parler lors de ma première année d’études à l’Université d’État de Moldova. Je l’associais à des noms comme J.J. Rousseau, F. de Saussure ou Calvin…

C’était un univers académique qui me tentait, mais qui était très loin de moi, car je ne connaissais pas encore comment l’atteindre.

Le rêve de venir à Genève a pris forme lors de ma troisième année universitaire moldave, quand je voyais les anciens étudiants du Département de Philologie Française partir à Genève afin de poursuivre leurs études. Ils y allaient moyennant un programme d’échanges universitaires, fonctionnant très bien à l’UEM.

Donc c’était un rêve possible et réalisable. J’en ai pris le goût… Je me suis mise à rêver…

Eh bien, me voilà à Genève, étudiante d’échange, inscrite à l’École de Langue et de Civilisation Françaises (ELCF) de cette Université.

Valeria Varta au bord du Lac Léman, à Genève. Automne 2012.
Valeria Varta au bord du Lac Léman, à Genève. Automne 2012.

Si au seizième siècle on partait pour l’Amérique ou pour l’Eldorado, à la recherche de l’or, de nos jours les étudiants de partout dans le monde affluent à Genève, à la recherche d’une richesse qui vaut plus que l’or et cette richesse se matérialise par une formation polyvalente et de qualité dont on peut y bénéficier.

Je qualifierais l’UniGE de terre d’accueil qui offre de son mieux à ceux qui veulent la conquérir. Tout d’abord, il s’agit d’une grande richesse de programmes de formation. Il y en a pour chacun à son goût et chaque étudiant peut se retrouver dans cette grande variété de savoirs dispensés.

De même, les professeurs genevois tiennent toujours à l’esprit que l’enseignement doit servir davantage aux enseignés qu’aux enseignants. On enseigne et on apprend dans la perspective d’une pédagogie humaniste et questionneuse d’elle-même.

Un autre aspect qui m’a beaucoup confortée dans mes recherches est l’accès aux ressources bibliothécaires. L’université met à la disposition des étudiants un fonds de livres richissime, un système informatique performant, des salles d’études bien équipées, des cabines d’études pour les travaux en groupe.

Valeria Varta présente le panneau d'exposition de l'Université d'État de Moldova pendant la Journée Internationale des universités partenaires (UniGe). Octobre 2012.
Valeria Varta présente le panneau d’exposition de l’Université d’État de Moldova pendant la Journée Internationale des universités partenaires (UniGe). Octobre 2012.

En tant qu’étudiante, je bénéficie d’une palette de prestations qui m’ouvre les portes vers une découverte académique de qualité. Qu’il s’agisse de services académiques directement liés aux études proprement dites ou alors de loisirs, l’UniGE met tout en œuvre pour répondre aux diverses demandes des jeunes.

En cas d’échec ou de difficultés dans l’apprentissagem les conseillers aux études sont toujours prêts à offrir de l’aide et du soutien sous forme de conseil pédagogique.

J’ai été positivement surprise par l’existence des ateliers de réussite. Ces ateliers aident à adapter les stratégies de travail des étudiants aux attentes de l’université. Le programme est décliné en ateliers traitant de la prise de notes, des stratégies de mémorisation, de la gestion du temps et de la préparation aux examens.

En plus, on y promeut de nombreuses activités culturelles, on y offre la possibilité de faire du sport, et tout cela pour accompagner les jeunes dans leur intégration au sein de l’institution et leur permettre d’harmoniser études et vie sociale.

Je constate enfin que l’altérité et la tolérance ont leur place à l’UniGE. On peut y devenir membre de différentes associations estudiantines, ayant les missions les plus diverses (les migrations, le don de sang, l’intégration dans le champ du travail, la prise de position envers la guerre au Moyen Orient…). J’ai été profondément marquée par l’activisme des mouvements étudiants et surtout par la CUAE (syndicat étudiant).

Mon séjour à Genève, en tant qu’étudiante d’échange, est donc une vraie chance qui marquera pour toujours mon parcours académique et professionnel. Ce n’est qu’en allant voir ailleurs qu’on réalise à quel point les connexions culturelles et les collaborations académiques sans frontières nous dévoilent les stratégies du succès.

Visite de CERN- Organisation Européenne pour la recherche nucléaire (Genève). Valeria Varta et d'autres étudiants en maîtrise, à l'École de Langue et de Civilisation Françaises (ELCF) de l'UniGe. Automne 2012.
Visite de CERN- Organisation Européenne pour la recherche nucléaire (Genève). Valeria Varta et d’autres étudiants en maîtrise, à l’École de Langue et de Civilisation Françaises (ELCF) de l’UniGe. Automne 2012.

Valeria VARTA,

doctorante, Faculté de Langues et Littératures Étrangères

Université d’État de Moldavie

Titulaire d’une bourse d’une année, dans les cadre du programme universitaire d’échanges entre l’UniGe et l’USM (2012-2013), pour intégrer les modules de maîtrise en didactique de la littérature, à l’École de Langue et de Civilisation Françaises (ELCF) de l’Université de Genève.