Une monographie magnifique

Le lancement d’un livre dans le circuit des valeurs spirituelles d’une nation, est sans doute un important événement et, en même temps, une occasion de satisfaction. Récemment, la prestigieuse Edition „Chess Stars” (« Les stars des échecs ») de Sofia, en Bulgarie, a mis en lumière la monographie „L’Indienne du Roi. Le répertoire pour le noir”, signée par le célèbre joueur d’échecs moldave, la grande personnalité, Victor Bologan.

Dans son traditionnel et suggestif „Avant propos”, le joueur d’échecs moldave mentionne : „Le livre est destiné aux joueurs d’échecs de différents niveaux, car les lois de l’Indienne du Roi sont les mêmes – tant pour les amateurs que pour les meilleurs maîtres”. En effet, l’Indienne du Roi est parmi les stratégies modernes innovantes, étant considérée comme la plus populaire et la plus combative. L’auteur, de façon très scrupuleuse, construit l’ensemble du périmètre de la défense du noir. Il explique les plans typiques et les problèmes tactiques en proposant une série d’innovations dans les schémas actuels.

Dans le prologue de son livre, Victor Bologan nous fait connaître la tactique de l’Indienne du roi : „En réalité, l’Indienne du roi constitue le plus romantique combat au 1.d4, résistant avec brio aux épreuves du temps et continue d’être appliquée au plus haut niveau jusqu’à présent. Le noir, en offrant jusqu’à un certain moment au blanc une liberté absolue au centre, se cache dans „la case de l’Indienne du Roi ” et compte sur la force géante du fou …”.

Le phénomène de l’Indienne du Roi est analysé en profondeur par Bologan qui sonde les labyrinthes de cette ouverture complexe. La pensée analytique et intuitive de l’auteur réunit dans une formule unique l’élément du jeu d’échecs avec la recherche scientifique empirique et l’horizon philosophique du créateur. L’auteur s’inspire des valeurs classiques des échecs en mentionnant les théoriciens et les joueurs célèbres qui ont préféré l’Indienne du Roi et ont contribué de manière substantielle à son perfectionnement.

Voilà ce qu’il affirme en ce qui concerne „les vols” et „les chutes” de cette célèbre découverte : „La vrai prospérité de l’Indienne du Roi s’est produite dans les années 40-50 du siècle passé quand elle a commencé à être étudiée de façon exhaustive par de valeureux théoriciens et praticiens, comme Isaak Boleslavski et Efim Gheller. A partir de ce moment-là, la théorie de cette découverte populaire a cessé son développement impétueux. De temps en temps, l’Indienne du Roi était décriée d’une manière catégorique et déclarée comme une „découverte erronée” et elle ne se retrouvait que dans le fin fond des archives. Mais elle régénérait miraculeusement de ses propres cendres, comme l’Oiseau Phénix…”.

L’Indienne du Roi a été notoirement préférée par les champions mondiaux Robert Fischer et Garry Kasparov. L’auteur remarque qu’un rôle spécial dans l’interprétation de cette ouverture occupe la conception du Patriarche des échecs moldave, Veaceslav Cebanenco. Ses schémas diffèrent d’une façon cardinale de ceux des classiques comme des modernes et restent actuels jusqu’à présent.

Victor Bologan consacre son livre à son admirable ami et instructeur, le letton Zigurds Lanka. Grâce à lui, il a pénétré dans les secrets de l’Indienne du Roi. Le joueur d’échecs le plus précieux du peuple roumain se souvient avec nostalgie et beaucoup d’émotions de ses premiers pas dans le monde féérique du „sport de l’esprit”, du temps où son premier entraîneur, Ion Solonari, l’a familiarisé avec l’ouverture de l’Indienne du Roi et a mis les fondations de ses performances.

Préoccupé de la formation du lecteur-joueur d’échecs, Victor Bologan décrit dans son livre minutieusement l’importance de certains schémas et, pour une bonne compréhension de tout cela, il illustre chaque prolongement principal de la phase d’ouverture avec plusieurs séquences des parties d’échecs classiques. Ainsi, cette œuvre constitue un moyen précieux de requérir l’habilité sportive pour les personnes qui étudient cet art. Le lecteur, en naviguant dans les labyrinthes sophistiqués de la monographie, va se rendre compte de la profondeur des analyses effectuées par l’auteur dans les méthodes connues Averbah, Zemich, la variante des quatre pions, etc.

L’auteur remarque que l’Indienne du Roi est un organisme vivant qui se trouve dans une progression perpétuelle. Le livre impressionne aussi par la présence des figures plastiques et affectives des tropes, des métaphores, des épithètes. Victor Bologan combine harmonieusement le côté artistique avec la partie instructive et éducative du „sport de l’esprit”, du fait que les échecs constituent une des plus belles formes de la culture.

La monographie de Victor Bologan est disponible déjà en deux langues- anglais et russe. Actuellement, on travaille sur la variante roumaine du livre. Le livre a été déjà bien apprécié par une pléiade d’analystes et de célèbres joueurs d’échecs comme Garry Kasparov, Anatoli Karpov, Vladimir Kramnik, Marc Dvoretski, Zigurds Lanka, Vadim Zviaghintsev, Alexandr Onichtchuk, etc.

D’une manière générale, le livre „L’Indienne du Roi. Le répertoire pour le noir ” est une œuvre vraiment de grande ampleur, une synthèse moderne bien conçue qui mérite d’être placée au même rang que les chefs-d’œuvre de Gary Kasparov et Marc Dvoretski. „L’Indienne du Roi”, d’après Bologan aura un rôle inestimable dans l’éducation des futures générations de joueurs. Sans doute, le brillant joueur d’échecs et l’admirable publiciste moldave va-t-il lancer encore beaucoup de livres aussi captivants, intègres et originaux. Qu’il ait de l’inspiration !

Article par Viorel Ciobanu, publié sur http://www.timpul.md/article/2009/10/29/4764. Traduction - Liliana Anghel. Relecture – Michèle Chartier.