Une élection à risque

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Article de Gilles Ribardière

Gilles Ribardière
Gilles Ribardière

Le 30 novembre prochain, de nouveau le destin de la République de Moldavie va être mis en jeu. Les élections législatives en effet ont lieu ce jour-là. Il est à craindre un avenir difficile tant le contexte géopolitique peut être considéré comme explosif. Certains observateurs craignent le surgissement d’une situation proche de celle constatée chez le voisin ukrainien.

Il faut du reste rappeler que déjà le pays est amputé d’une partie de son territoire, la Transnistrie, et que la région gagaouze lorgne de manière insistante vers Moscou, sans parler d’autres parcelles de la Moldavie peuplées majoritairement de russophones qui ressentent une attirance comparable.

Sans doute n’en serait-on pas là si l’Union Européenne avait été plus rapide dans le processus de négociation avec les autorités pro-européennes de la Moldavie. Par ailleurs, les conditions de vie ne semblent pas avoir progressé de manière significative ces dernières années, ce qui met les gouvernants sortants dans une position vulnérable.

Ainsi peut tracer son sillon un nouveau parti, « Patria », qui n’aurait pour seule « vertu » que d’être dirigé par un millionnaire ayant fait fortune en Russie … A juste titre, on peut se demander qui a intérêt à voir ce parti prospérer. On le dit crédité de 7% des voix, mais ce n’est que le résultat d’un sondage paru le 18 novembre ; celui-ci met pratiquement à égalité les partis favorables à l’intégration européenne et ceux qui regardent plus volontiers vers Moscou. Mais il est préférable de ne pas commenter de tels pronostices, tant ils risquent de ne pas être fiables.

Ce dont a besoin la Moldavie, c’est d’un pouvoir qui consolide les avancées en matière d’indépendance de la justice, de lutte contre la corruption, d’un pouvoir qui s’engage encore plus nettement dans les transformations économiques permettant d’élever le niveau de vie des habitants, sachant que l’Union Européenne doit participer à l’effort.

Il aura en priorité à gérer les antagonismes qui peuvent dégénérer en situation violente et ainsi contribuer à accentuer le désordre en cours de cette partie du continent européen.

Pour toutes ces raisons il faut affirmer que le scrutin du 30 novembre ne doit pas être considéré comme ne concernant qu’un « petit pays » : il est d’importance européenne !