Le président roumain Nicușor Dan a annoncé, vendredi 24 juillet vers 11 heures, qu’un F-16 de l’armée de l’air avait abattu un drone entré dans l’espace aérien roumain, précisant que l’engin avait été détruit au-dessus d’une zone inhabitée, sans risque pour la population, selon Reuters. Il s’agit de la première fois que la Roumanie, membre de l’OTAN, procède à une telle interception après plusieurs dizaines d’incursions de ce type ces dernières années.
Selon le ministère roumain de la Défense, le drone a été détecté par les systèmes de surveillance radar vers 9h39, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Sulina, avant de traverser l’espace aérien national selon une trajectoire passant par Brăila, Fetești et le comté de Buzău, rapporte le site spécialisé The Sofia Globe. Deux F-16 roumains, ainsi que deux Eurofighter Typhoon italiens déployés en Roumanie dans le cadre de la mission de police du ciel de l’OTAN, ont été mobilisés en réponse à l’incursion. L’un des F-16 a neutralisé l’appareil à l’aide d’un missile air-air près du village de Padina.
Le chef d’état-major de l’armée roumaine, le général Gheorghiță Vlad, a indiqué que les pilotes avaient visuellement identifié un engin de type Shahed — le modèle de drone d’attaque conçu en Iran et utilisé par la Russie contre l’Ukraine — tout en précisant qu’il était encore trop tôt pour en tirer des conclusions définitives, selon Reuters. Une source militaire roumaine a par ailleurs indiqué à l’agence que la Russie était le point d’origine suspecté, compte tenu du profil des incursions précédentes dans la région.
Une frontière sous tension croissante
Cet épisode s’inscrit dans une série d’incidents similaires touchant la Roumanie ces derniers mois, selon Euronews. En mai, un drone russe chargé d’explosifs s’était écrasé sur la ville de Galați, provoquant un incendie sur le toit d’un immeuble résidentiel et blessant deux personnes. En juin, un drone naval ukrainien avait explosé dans le port roumain de Constanța, la marine ukrainienne évoquant une déviation de trajectoire due au brouillage électronique russe.
Ces incursions répétées alimentent les inquiétudes sur la vulnérabilité du flanc oriental de l’OTAN, alors que la guerre se poursuit entre la Russie et l’Ukraine, selon Reuters. La Roumanie partage avec l’Ukraine une frontière terrestre de 650 kilomètres, et se trouve à proximité immédiate de la Moldavie, elle-même directement exposée aux tensions liées au conflit et à la question de la Transnistrie.

