Maria Bieşu-la prima donna de l’Opéra National moldave

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Une des plus brillantes personnalités moldaves dont on est fiers d’être les contemporains c’est Maria Bieşu, la prima donna de l’Opéra National de Moldavie, détentrice du titre honorifique d’artiste du peuple, lauréate d’un grand nombre de prix, professeur universitaire, académicienne, « Docteur Honoris Causa », décorée de l’Ordre de la République, ainsi que de l’Ordre national « Steaua Romaniei ».

Son enfance

Maria Bieşu est née le 3 août 1935, dans le village moldave de Volintiri. Sa mère, Tatiana Bieşu, était la meilleure chanteuse du village - c’est d’elle que Maria a hérité le talent et l’amour immense pour la musique. Maria a donc grandi dans une famille où la musique régnait. Ce n’est pas en vain que les spécialistes ont constaté à maintes reprises que la voix et le talent de la célèbre cantatrice sont innés.

Au terme de ses études secondaires, la jeune Maria s’est faite inscrire au Collège d’Agronomie de la ville de Leova. Pendant l’époque estudiantine, elle participait activement à toutes les activités culturelles organisées dans le cadre du Collège où elle chantait, dansait, dirigeait un chœur.
Ayant eu la chance de se faire remarquer par un grand musicien moldave de l’époque, en 1955 Maria Bieşu fut inscrite au Conservatoire d’Etat de Chişinău sans examens d’admission. Etant étudiante, elle fut invitée en tant que soliste de l’orchestre de musique populaire moldave “Fluieraş” et elle devint connue dans tout le pays.

La carrière de soliste

Ayant fini ses études au Conservatoire, en 1961 Maria Bieşu fut invitée au Théâtre d’Etat d’Opéra et de Ballet de Chişinău où elle débuta avec brio en 1962, en interprétant l’air de Floria Tosca dans l’opéra “Tosca” de G. Puccini. Pendant la période 1965 - 1967, la jeune soliste fit un stage au Théâtre de la Scala de Milan. Ce fut une période particulièrement fructueuse pour Maria Bieşu : elle travailla sur plusieurs rôles en langue italienne : „Aida“, „Cio-Cio-San“, „Leonora“ et prit part à beaucoup de festivals et concours internationaux. Elle devint lauréate du premier concours des vocalistes, remporta le troisième prix du concours international "P. I. Tchaïkovski" tenu à Moscou en 1966. En 1967, au premier concours international de canto “Miura Tamaki”, Maria Bieşu obtint le Grand Prix, la Coupe d’Or et le titre de meilleure Cio-Cio-San du monde pour l’interprétation brillante du rôle de Madame Butterfly.

La Scala de Milan
La Scala de Milan

Après cet événement, dans la vie de Maria Bieşu commença une nouvelle étape : de nouveaux rôles, de nouvelles premières, des concerts donnés sur tous les continents, des enregistrements aux postes de radio et de television de divers pays du monde, des rôles dans le cinéma. Elle chanta sur la scène du fameux Théâtre Bolchoï de Moscou, ainsi que dans les théâtres d’opéra de toutes les anciennes républiques soviétiques, sur la scène de “Metropolitain Opera” de New-York. Elle entreprit de longues tournées en Allemagne, France, Autriche, Finlande, Pologne, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Japon, Australie, Cuba, Israel…

La "prima donna"

Giuseppe Verdi
Giuseppe Verdi

La plupart des rôles interprétés par Maria Bieşu revèlent les particularités de la destinée des femmes. Dans la vie et sur la scène, Maria Bieşu a connu ce que c’est que le sacrifice et les tourments du travail sans trêve, chose confirmée par les rôles de Floria Tosca et Cio-Cio-San, devenus des cartes de visite de la cantatrice, ainsi que par nombre d’autres rôles, tels que ceux de Aïda, Adrienne Lecuvrer et, certainement, Norma qui constituent l’apogée de son ascension artistique. Ajoutons-y les rôles dans les spectacles d’opéra “La force de la destinée“, „Bal masqué“, „Don Carlos“, „Nabucco“ de Verdi et „Turandot“ de Puccini, de même que beaucoup de rôles dans les opera de Tchaïkovski. A partir des années 1960, beaucoup de compositeurs moldaves ont écrit des opéras destinés exclusivement à Maria Bieşu : „Balada Eroica“ de A. Stircea, „Sergei Lazo“ de D. Ghersfeld, „Alexandru Lapusneanu“ de G. Mustea. Le palmarès de Maria Bieşu comprend également un vaste repertoire de musique de chambre et des chants religieux.

La voix de Maria Bieşu se distingue par la richesse de son timbre. Elle combine organiquement la gamme sonore du registre moyen avec des tonalités de notes graves, ainsi qu’avec des fascinantes notes hautes. Sa voix captive par la désinvolture et l’élégance de la ligne musicale. C’est une voix d’une expressivité émouvante. La cantatrice sait interpreter naturellement des rôles très divers : celui de la modeste et romantique Tatiana, de la cruelle et l’autoritaire Turandot, de la douce Butterfly, de l’orgueilleuse demoiselle Léonora, de la jolie et la fragile Iolanda, de l’insoumise Zemfira…

Les hommages à un grand talent

Les journaux de tout le monde ont vénéré les qualités exceptionnelles de notre compatriote :
Toute rencontre avec Maria Bieşu peut être considérée comme une rencontre avec le vrai Belcanto. Sa voix est pareille à une perle splendide”(„La vie musicale“, Moscou, 1969).

"Dans son interprétation, Tosca est admirable. Sa voix uniforme et égale dans tous les registres, la perfection de son allure et le sens musical particulier placent Maria Bieşu parmi les chanteuses contemporaines à renommée mondiale” („La voix du peuple“, Plovdiv, 1970).

Maria Bieşu est une charmante cantatrice dont on parle avec un grand plaisir : sa belle voix monte légèrement vers le registre supérieur. Sa tenue et ses actions sur la scène sont tout simplement impécables” („New York Times“, New York, 1971).

La cantatrice a imprégné à l’image de la douce Butterfly un lyrisme extraordinaire et, en même temps, un dramatisme bouleversant. Compte tenu de ce fait, tout comme de ses qualités vocales exceptionnelles, Maria Bieşu peut être considérée comme une grande soprano” („La politique“, Belgrade, 1977).

La voix de Maria Bieşu est un instrument qui fait couler de la beauté” („Australian Monday“, Sidney, 1979).

Le travail assidu et le sacrifice de l’inégalable artiste furent appréciés par un grand nombre de distinctions, prix, titres honorifiques. Elle est Présidente de l’Union des Musiciens de Moldavie depuis l’an 1987 et Vice-Présidente de l’Union Mondiale des Musiciens depuis 1992.

Depuis plusieurs années déjà, Maria Bieşu organise traditionnellement en automne dans la capitale moldave un prestigieux Festival International de l’Opéra et du Ballet intitulé “Maria Bieşu vous invite”. Des chanteurs célèbres de tout le monde offrent, dans le cadre de ce Festival, aux mélomanes le plaisir de savourer des morceaux choisis de la musique universelle.