Les sœurs Osoianu et leur amour pour la musique traditionnelle moldave

Article de Liliana Anghel

les soeurs Osoianu
les soeurs Osoianu

Qu’elle soit conservée par le peuple ou créée par des contemporains, la musique ethno est très similaire par sa structure et sonorité avec la musique de nos ancêtres. Connaître nos racines culturelles est l’une des conditions importantes pour la formation d’un citoyen digne de son pays. La musique ethno-folk a toujours été populaire en Moldavie.

Parmi les promoteurs fidèles de ce genre, notons la troupe « Tălăncuţa » et le quintette « Les sœurs Osoianu » qui s’en est détachée. Bien que formellement « Tălăncuţa » soit une troupe d’amateurs, tout son travail est marqué par un professionnalisme de haut niveau qui vient de la virtuosité de chaque interprète à part et de leur qualités interprétatives. La troupe effectue chaque année des expéditions folkloriques à travers le pays afin de recueillir des bijoux folkloriques pour les sauver contre la disparition et les faire connaître.

Le quintette des sœurs Osoianu est reconnu non seulement dans notre pays, mais aussi à l’étranger. Cinq voix … chacune avec sa tonalité particulière, mais créant ensemble un bouquet harmonieux de sons. Portant toujours des costumes traditionnels moldaves, les sœurs Osoianu possèdent un charme naturel particulier qui réchauffe nos cœurs.

Les sœurs Ileana, Iulia, Valentina, Romela et Maria Osoianu ont fait partie de la troupe ethno-folklorique « Talancuta » dont le directeur artistique est l’infatigable folkloriste Andrei Tamazlacaru. Nées dans le village de Horesti, dans le nord de la Moldavie, elles sont diplômées de l’école de musique de leur région. Après, elles ont fait des études universitaires.

Leur répertoire comprend des chansons folkloriques, telles que chansons pascales, des berceuses, des chansons d’amour, des complaintes, des ballades, des cantiques de Noël. Les cinq sœurs ont fait des tournées dans les Pays Baltes, en Roumanie, en Allemagne, en France, en Espagne, en Finlande, en Bulgarie, en Russie. En 1997, elles ont remporté le Prix national pour la Jeunesse.

Toujours charmantes, dynamiques et chaleureuses, en quête de nouveauté, les cinq filles de « Tălăncuţa » n’hésitent pas de faire face à de nouveaux défis artistiques, tout en abordant divers genres de la musique. Une preuve en est leur collaboration avec la troupe « Zdob si Zdub ». Ils ont enregistré ensemble deux chansons : « DJ Vasile » et « Miorita ».

« Cette collaboration a été pour nous une belle expérience qui a enrichi notre répertoire », avouent les sœurs. Elles ont également participé au concert dédié aux 25 ans de carrière musicale de Loredana Groza, une chanteuse roumaine. « Au début, nous ne nous imaginions pas comment sortir sur la scène avec Loredana, vu que nos genres musicaux sont très différents, mais finalement nous avons accepté et nous sommes heureuses d’avoir réussi à donner un grand concert ».

Un vieux dicton populaire dit que la pomme ne tombe pas loin du tronc. Ainsi, comme il était facile de supposer, les filles des sœurs Osoianu (seulement une d’entre elles « a brisé la tradition » et a mis au monde un fils) ont elles-aussi adopté la musique de leurs mères, cueillant les fruits des trois décennies de leur activité.

« Nos filles chantent du folk, ainsi que de la musique moderne. Depuis qu’elles allaient à la maternelle, elles chantent aux côtés de la troupe « Iedera » animée par notre sœur Valentina. Elles savent beaucoup de chansons de Noël, des chansons pascales. Nous sommes heureuses d’avoir réussi à transmettre notre trésor à nos enfants. Parfois, elles sont même meilleures que nous », disaient les sœurs dans une interview.

Les préoccupations actuelles des sœurs Osoianu sont axées sur leur nouveau CD. Le disque contiendra 17 chansons produites en collaboration avec l’orchestre « LAUTARII » dirigé par Nicholae Botgros.

En 2012, les chanteuses vont organiser la deuxième édition du festival des dynasties musicales intitulé « La Izvorul Osoiencelor ». Le festival se tiendra à Horeşti, leur village natal. Ici, les sœurs Osoianu ont ouvert un musée du village.

« Le festival aura lieu tous les deux ans, parce qu’il est difficile de l’organiser chaque année. En 2010, quand la première édition s’est passée, seulement 14 familles y ont participé. Mais nous espérons que dans l’avenir toutes les dynasties de Moldavie y prendront part. Nous allons aussi inviter des dynasties de Roumanie », ont dit les sœurs.

L’intérêt pour la musique folklorique a augmenté ces dernières années. A noter la fondation des troupes qui abordent divers types de musique, y compris celle folklorique, comme le fait par exemple la troupe « Etnomania » - un groupe de musiciens folk-rock. Les éléments folkloriques sont de plus en plus souvent repérés dans la musique de plusieurs chanteurs moldaves, tels que Nelly Ciobanu, Adrian Ursu, Natalia Barbu, Geta Burlacu, la troupe « Transbalcanica », etc.