Le folklore musical moldave

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Qui a fait naître les chansons populaires, ces doux bouquets de rythmes et de paroles immortelles ? Qui a créé les chefs-d’œuvres intemporels de l’existence, tout en mettant en valeur les exceptionnelles ressources spirituelles du peuple moldave ?

La réponse y est univoque : c’est le génie appelé le Grand Anonyme qui a vecu dans un monde où l’on “exprime les pensées par des contes et des poésies”, comme le disait le grand poète Mihai Eminescu. Or, le peuple fut et reste toujours un créateur doué d’œuvres qui dénotent ses traits spirituels distingués. L’étude approfondie du folklore de tout peuple permet d’en explorer le monde spirituel avec toutes ses particularités.

Mihai Eminescu
Mihai Eminescu

La politique culturelle promue les autorités communistes était tout à fait indifférente face à la douceur et à la splendeur de la musique populaire, étant axée sur le but de former une mentalité “soviétique” et de faire oublier aux peuples leur racines historiques. Pendant la période d’ascension du totalitarisme, les arts étaient gérés par des individus complètement idéologisés, étrangers à la culture populaire locale.

A tout le moins, il y a eu deux volets dans l’évolution culturelle de la RSS Moldave : le processus culturel d’orientation soviétique promu par les organes du parti communistes et le processus culturel national, soutenu surtout par des intellectuels animés par l’idée de la renaissance nationale, tout comme par le peuple simple. C’est justement grâce à cette dualité des tendances de l’évolution culturelle de la RSS Moldave que la culture musicale nationale a survécu aux intempéries de l’idéologie soviétique. Or, le régime communiste était très inventif à faire promouvoir son idéologie, profitant de tout moyen, y compris de la musique. Des paroles de vénération du communisme et des motifs musicaux nationaux étaient combinés pour donner vie à des chansons qui semblent à présent tout à fait ridicules.

Toutefois, la période 1945-1985 s’est avérée très fructueuse pour le développement de la culture musicale de la Moldavie, la musique populaire ayant connu un essor. La philharmonie nationale a eu la chance d’être dirigée par des gens attachés aux valeurs pérennes, tels que Alexandru Fedco et Gleb Ciaicovschi-Muresanu. C’est grâce à eux que la chanson populaire a réussi à échapper aux atrocités du contrôle du régime totalitaire. Plusieurs musiciens remarcables, tels que I. Coca, D. Gheorghita, S. Lunchevici, S. Ciuhrii, E. Doga, C. Rusnac ont eux-aussi prêté leur contribution à la pérpétuation des douces chansons populaires qui sont des véritables bijoux du patrimoine culturel. A noter également dans ce contexte les noms des talentueux chanteurs de musique populaire Tamara Ciobanu, Maria Dragan, Maria Tanase, Nicolaie Sulac, Nicolae Glib, Zinaida Julea, Valentina Cojocaru, Ion Bass, Veronica Mihai, Angela Paduraru dont les voix touchent et émeuvent. „Folclor“, „Mugurel“, „Fluieraş“, “Lăutarii”, „Tălăncuţa“ voilà les noms des orchestres de musique populaire moldave auxquels on doit la conservation et la pérpétuation du patrimoine folklorique musical.

Transmises de père en fils, les chansons populaires continuent à guérir aujourd’hui encore contre les maux de l’âme. Les Moldaves restent assez fidèles et attachés à la musique léguée par leurs prédescesseurs. Rares sont les festins où l’on ne chantent pas des chansons populaires et où l’on ne danse pas des danses traditionnelles moldaves. Aux concerts de musique populaire moldave, les salles sont toujours archi-pleines…