La troupe de danses populaires moldaves « JOC » : regard en arrière

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La troupe de chansons et danses populaires moldaves « JOC » fut créée en août 1945 par les chorégraphes L. Leonardi et L. Zeltman.

Un succès rapide dans l’après-guerre

Bien qu’elle fut fondée dans la période d’après-guerre, quand le pays était tout en ruines, la troupe réussit à s’épanouir dans un assez bref délai. Aux années 1945-1948 déjà, « JOC » effectua plusieurs tournées en Moldavie et en Ukraine. Mais, il faut le reconnaître, bien que les spectateurs étaient frappés de l’apparition de ce nouveau genre d’art, la qualité artistique des premiers spectacles laissait à désirer vu le fait que les fondateurs de la troupe connaissaient superficiellement les particularités du folklore et des traditions chorégraphiques moldaves.

En 1948, reconnaissant les lacunes, les fonctionnaires du domaine de la culture décidèrent d’inviter en Moldavie en qualité de directeur artistique de la troupe le chorégraphe Nicolai Bolotov qui avait une bonne expérience dans ce domaine, ainsi que des goûts raffinés.

Les danseurs des villages

Afin de mieux connaître les particularités des valeurs authentiques moldaves, ainsi que de découvrir des danseurs talentueux, Nicolai Bolotov visita plusieurs villages moldaves. En participant aux fêtes foraines et en visitant des troupes de danseurs amateurs, Nicolai Bolotov découvrit des danseurs talentueux comme Spiridon Mocanu, Ion Furnica, Gheorghe Fortu qui ont fait la gloire de la troupe. Le remarquable chorégraphe comprenait parfaitement que le folklore authentique est l’unique source d’inspiration dans la voie vers l’épanouissement de la chorégraphie nationale professionnelle.

Ainsi, en 1949, Nicolai Bolotov, accompagné d’une équipe de danseurs, effectuèrent une expédition folklorique dans le sud de la Moldavie. Dans le village de Giurgiulesti, ils découvrirent un groupe de paysans dirigés par l’illustre ménétrier Toader Cucos qui en 1939 avait remporté le premier prix d’un Festival National tenu en Roumanie. Bolotov et ses collègues furent enchantés par la façon de danser de ces paysans-là et il leur fallu une semaine de travail assidu pour apprendre d’eux les mouvements de la vieille danse « Tabacareasca », par exemple. Puis, Nicolai Bolotv visita les villages du district de Orhei, au centre de la Moldavie, où il apprit les danses « Bucuria », « Poama », ainsi que la célèbre « Moldoveneasca » devenue ultérieurement la carte de visite de la troupe. A Leova, Bolotov découvrit « Sisiiacul », à Camenca - « Marita » et c’est ainsi que le répertoire de la troupe s’enrichissait.

Une tournée hors de la Moldavie

En 1949, la troupe « JOC » présenta un ample programme de danses populaires moldaves dans le cadre de la première décade de l’art et de la littérature moldave à Moscou. La participation de la troupe à ces manifestations consolida le prestige des danseurs moldaves, le public étant tout à fait charmé de leur virtuosité et les inondant l’applaudissements.

Après Moscou, la troupe fit une longue tournée à travers l’Union Soviétique se produisant partout avec brio. Puis, les talentueux danseurs de « JOC » effectuèrent de nombreuses tournées à l’étranger et ils eurent partout un succès fou.

les danseurs avec Vladimir Curbet qui dirige la troupe depuis 50 ans

En 1953, la troupe remporta le Premier Prix du Festival Mondial de la Jeunesse et des Etudiants. Peu après, les autorités moldaves conférèrent à la troupe le titre honorifique de troupe émérite. Des diplômes furent conférés à plusieurs danseurs.

En 1960, la troupe participa à une nouvelle décade de l’art et de la littérature moldave à Moscou. Le public exigeant de la capitale russe fut à nouveau enchanté par les réalisations des danseurs moldaves.

Voilà des extraits de la presse de l’époque :

« La musique, les costumes nationaux et les danses populaires interprétées par la troupe « JOC » émanent de la beauté, de l’enthousiasme et de l’élan juvénile. Les spectateurs de Moscou furent très impressionnés par la présentation de la troupe ».

« La troupe moldave « JOC » est arrivée à la maturité. Les danseurs moldaves ont valorisé un large spectre de moyens d’expression ».