Alexandra Conunova, révélation du Festival de Pâques à Aix-en-Provence

Par François Delétraz

À découvrir au Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, cette jeune violoniste moldave est une des révélations de cette saison. Dans un français parfait, elle explique sa volonté de vouloir toucher les gens.

Au Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, les vedettes défilent : ainsi des pianistes Maurizio Pollini, Jean-Yves Thibaudet, Claire-Marie Le Guay… Mais Renaud Capuçon, l’hyperactif directeur artistique du festival, aime y introduire de nouveaux talents. Par exemple, cette année, la violoniste moldave Alexandra Conunova dans le Concerto pour violon de Tchaïkovski. Cette étonnante jeune fleur de la musique, qui s’exprime dans un français parfait, nous dit avec franchise l’extrême difficulté à devenir une grande soliste.

Installée dans les salons de Dalloyau, un partenaire de la manifestation, elle prend son temps pour s’expliquer et réfléchit même à haute voix. « Une langue bien parlée est une langue nuancée », dit-elle pour s’excuser d’avance des mots qui lui manqueraient. En réalité, c’est de musique dont elle parle : « Une performance parfaite sur le plan technique ne suffit pas. Il faut toucher les gens, les ramener à leurs souvenirs, à leur vie. Comme dans une thérapie. Les chanteurs d’opéra ont l’avantage d’avoir des mots sur lesquels s’appuyer quand nous, les concertistes, devons chercher l’esprit de l’œuvre, son histoire, la biographie du compositeur pour donner de l’authenticité à l’interprétation. »

Alexandra a baigné très jeune dans la musique. À Chisinau, la capitale de la Moldavie, son grand-père était le directeur de l’opéra et c’est dans ses coulisses qu’elle a passé le plus clair de son enfance, fascinée par la danse et les grands chanteurs. Un cocon familial rassurant dont elle s’émancipe en partant étudier la musique en Allemagne. Là, c’est le choc des cultures car, d’où elle vient, les filles sont protégées et couvées. Mais Alexandra fait de cette expérience une force. Elle apprend qu’il n’est jamais bon de rester dans sa zone de confort. « Il ne faut pas se fuir, mais s’accepter », dit-elle avec lucidité.

Férue de yoga, affectionnant les couleurs pastel et le romantisme, elle aime se promener dans la nature ou monter avec son fils à bord d’un pédalo pour l’emmener nourrir les cygnes et prendre un bain dans le lac Léman, face à Lausanne, où elle réside désormais. Moments de bien-être, comme ceux qu’elle vit en concert : « Quand on joue avec l’orchestre, il se passe quelque chose d’inexplicable, un bonheur pur, une manière d’être en connexion avec le divin. » Amen.

Article repris sur http://www.lefigaro.fr/musique/2017/04/16/03006-20170416ARTFIG00079-alexandra-conunova-revelation-du-festival-de-paques-a-aix-en-provence.php

Le 18 avril 2017