Vala L.Volkina, une nouvelle écrivaine qui nous invite à passer les frontières de notre vieille Europe

Article de Gilles Ribardière

La toute jeune maison d’édition « Le Ver à Soie » publie une nouvelle qui nous invite à emprunter une célèbre compagnie de cars qui sillonne toute l’Europe sans se soucier des frontières. Son auteure, inconnue jusqu’ici, Vala L.Volkina, est Française, mais ses grands-parents étaient de Biélorussie.

Manifestement, elle connaît les contrées de l’Europe de l’Est, ce qui lui permet de nous embarquer vers une Ukraine qu’elle situe entre deux Etats qui restent bien mystérieux pour la plupart des « occidentaux » : d’un côté, la Biélorussie de ses ancêtres qu’elle évoque souvent dans son texte et de l’autre - la Moldavie, pas celle des monastères de la Roumanie, mais celle qui est élevée au rang de République, sur l’autre rive du Prut. D’où ce titre « Les esprits moldaves voyagent-ils toujours en bus vers l’Ukraine ? ».

En fait, ce petit ouvrage nous donne un aperçu plein de finesse sur ce qu’est la « Mitteleuropa », à savoir un vaste territoire dont une des caractéristiques a été d’offrir aux habitants la « chance » de séjourner dans des pays différents sans bouger, un vaste territoire divisé en langues aux racines bien différentes, mais partageant des légendes communes, une mosaïque de nationalités qui s’inscrivent à l’intérieur de contours incertains …

Comment Vala illustre-t-elle ces bizarreries ? Par exemple, en nous suggérant que des générations ont pu vivre sans bouger à Lvov, Lwow, Lemberg et aujourd’hui à Lviv ; ou alors, en constatant que « les histoires de réincarnation de Moldave « l’emmènent » chez la sœur de « sa » grand-mère en Biélorussie », ou en étant incertaine sur la qualité de Roumain ou de Moldave de son voisin de voyage …

Cette fin juin sonne le moment où les habitants de ces contrées de l’Est venus chercher à l’Ouest meilleure fortune reviennent en nombre passer l’été dans leur famille, chargés de mille paquets après avoir passé de nombreuses heures dans les cars de cette compagnie qui sillonne l’Europe et que je me garderai bien de nommer, pour ne pas être accusé de publicité déguisée ; nul doute qu’à la lecture de cette spirituelle nouvelle ils se souviendront d’anecdotes comparables et se reconnaîtront. Ils aimeront aussi les très fines illustrations de Elza Lacotte.

Article repris sur http://www.lumieresdelest.com, publié avec l’aimable autorisation de l’association « Lumières de l’Est ».