Remise du prix francophone au meilleur écrivain-voyageur de Moldavie

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Article de Marion Roussey

Mardi, le 29 novembre 2011, à la librairie Cartier, a eu lieu la cérémonie de remise du prix francophone, récompensant le meilleur récit de voyage en République de Moldavie. Lancé le 15 avril dernier à la Maison des Savoirs de Chisinau, ce concours de littérature s’adressait à toute personne âgée de 16 à 36 ans et résidant en Moldavie. Il avait pour but de promouvoir la langue française et d’encourager les jeunes talents moldaves à écrire, par le biais d’une compétition se voulant juste, impartiale et accessible à tous.

Un concours unique, inauguré pour la première fois en Moldavie

Institué par l’Organisation Internationale de la Francophonie, en partenariat avec l’Ambassade du Canada, la Délégation Wallonie-Bruxelles, l’Alliance Française de Moldavie, l’Union des Écrivains de Moldavie, la Maison des Savoirs de Chisinau et les Éditions Cartier, le concours s’est déroulé selon des règles strictes, les compositions littéraires étant soigneusement évaluées par un jury composé des représentants de chacun des partenaires.

La gagnante du concours a remporté un chèque de 5000 Lei moldaves

Lors de la cérémonie, les candidats présents se sont vus remettre une attestation de participation, sous les applaudissements bienveillants d’un public amateur de littérature francophone.

Le jury a également décerné deux mentions spéciales : la première à Elena Jekui pour son texte intitulé « En quête de dinosaures » et la seconde - à Natalie Chiriac pour son récit « Souvenir de Strasbourg ». La lauréate, quant à elle, Olga Buzu, a remporté un chèque de 5000 Lei pour son œuvre « Destination solitude ». Originaire de Soroca et titulaire d’un master de LEA obtenu à l’Université Lumière Lyon 2, la candidate, aujourd’hui enseignante en traduction à l’Université d’Etat de Moldavie, a pu lire quelques extraits de son récit. Celui-ci a été considéré par le Jury « comme une production littéraire originale, alliant la sensibilité et la maîtrise de l’écriture ».

„Ce ne sont pas les écrivains qui décident de voyager, mais le voyage qui vient à eux !“

Le thème du voyage a permis aux participants de s’exprimer librement, variant les styles adoptés et les sujets évoqués. Si certains ont choisi de s’aventurer dans l’imaginaire, d’autres en revanche ont alimenté leurs récits d’expériences personnelles. Ainsi Natalie Chiriac a-t-elle choisi d’évoquer son expérience vécue à Strasbourg. Pour elle, il faut en effet distinguer le voyage éphémère et touristique d’un voyage plus profond et personnel, celui de la vie.

De gauche à droite : David Bongard, chef de l'OIF auprès de l'APECO, Diana Dumitru, représentante de l'AFM, Olga BUZU, lauréate de l'édition 2011 et Mr Gérard Guillaunneau, Ambassadeur de France en Moldavie.
De gauche à droite : David Bongard, chef de l’OIF auprès de l’APECO, Diana Dumitru, représentante de l’AFM, Olga BUZU, lauréate de l’édition 2011 et Mr Gérard Guillaunneau, Ambassadeur de France en Moldavie.

Dans son récit sur la solitude, Olga Buzu, quant à elle, développait une autre conception du voyage, plus spirituel et philosophique. Dans la petite librairie remplie de livres et devant un public attentif, la lauréate s’exprimait ainsi, résumant la complexité de nos existences : « On perd toujours les personnes deux fois. Lors de leur départ, puis lorsqu’on réalise que l’on ne les a pas suffisamment connues ! »

Avec 220 millions de francophones, la langue française est loin d’être morte

Ceux qui résident en Moldavie l’auront remarqué, l’utilisation du français reste très appréciée des Moldaves. Chaque année, ils sont de plus en plus nombreux à venir s’inscrire à l’Alliance Française afin de perfectionner leur niveau. A l’échelle mondiale et selon le dernier rapport de l’Observatoire de la langue française, le nombre de francophones serait en constante augmentation, notamment en Asie et en Afrique, regroupant à l’heure actuelle 220 millions de personnes réparties sur les cinq continents. Malgré l’universalisation progressive de l’anglais, la langue française, celle du Paris romantique et de Victor Hugo, séduisant par sa mélodie chantante et ses racines latines, semble donc avoir encore un bel avenir devant elle.

Le 30 novembre 2011