Légendes consacrées à Etienne le Grand

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Etant une personnalité remarquable, Etienne le Grand est le héros principal d’un grand nombre de légendes, récits et romans historiques, poésies, chants… Voilà trois légendes qui évoquent des fragments de sa vie.

La prédiction

C’était un beau jour d’été. Etienne le Grand était encore tout jeune. Il chevauchait vers le bourg de Siret afin de visiter ses troupeaux. Etant fatigué, il décida de faire halte à l’ombre d’un vieux chêne. S’allongeant, il remarqua sur une branche un fantôme qui riait. Puis, le ciel devint d’un coup sombre et il commença à tonner et à éclairer à faire peur. Un épouvantable coup de tonnerre frappa le chêne sous lequel Etienne se reposait. L’arbre se brisa en éclats, mais le fantôme n’avait point l’air d’avoir souffert - il continuait à rire, plus fort même.

Etienne prit alors son arceau et sa flèche et visa. Ensuite, il y eut un cri de douleur, signe que le fantôme fut abattu : à sa place, il n’avait qu’une butte.

Après cela, Etienne remarqua dans le lointain un vieillard bossu, aux cheveux gris et à la barbe longue jusqu’aux genoux.

  • Que Dieux te bénisse, dit le vieillard à Etienne, tout en s’appuyant sur son bâton. Chanceux de gars, voilà que mille ans se sont accomplis depuis que j’eusse décidé de tuer ce mauvais esprit qui causa beaucoup de maux. Tous mes efforts furent vains jusqu’à ce que tu n’eusses fait réaliser mon serment à ma place. Tu viens de faire ce que je n’eusse réussi à faire depuis mille ans. En signe de remerciement de ma part, tu hériteras de tout ce pays et aucun pouvoir du monde ne te vaincra. Ceci dit, le vieillard disparut.

Bran le Brave

Les Turcs venaient de faire de nouveaux ravages dans le pays et Etienne le Grand en était fort chagriné - ils avaient tout pillé et dévasté. Toutefois, Etienne ne perdit pas l’espoir. Il ordonna aux vieux, aux femmes et aux enfants de se retirer dans les montagnes et aux braves hommes de se rassembler autour de lui, car le pays courrait un grand danger.

Le fils d’un forestier, Bran dit le Brave, vint à Etienne et lui dit :

  • Seigneur, nous te savons très vaillant, mais les batailles et les tourments t’ont exténué. Il nous semble bien d’aller chez mon père, dans la forêt, te reposer et te fortifier. Moi, avec les autres braves, nous te défendrons fidèlement.

Le prince se laissa convaincre et alla chez le vieux forestier. Aux crépuscules, vint Bran le Brave accompagné d’autres gars qui racontèrent comment ils avaient dupé les Turcs, les attirant dans des buissons d’où aucun ne sortit vivant.

Etienne alla voir se qui s’était passé. A son retour, il écrivit sur un rocher l’histoire de cette bataille atroce. Ce rocher gît aujourd’hui encore enterré à moitié. Les érudits rivalisent à déchiffrer les paroles anciennes.

La bataille de Razboieni-Valea Alba

Une fois, l’armée de Etienne le Grand fut, dit-on, vaincue par les Turcs dans une vallée appelée Valea-Alba. Ne sachant plus quoi faire pour libérer le pays du joug ottoman, Etienne décida d’aller demander conseil au sage Daniel Sihastru.

Voilà ce que celui-là lui conseilla : trouve un millier de brebis, un millier d’agneaux, un millier de vaches et un millier de veaux ; arrange les troupeaux sur quatre collines, de façon que les brebis soient devant les agneaux et les vaches devant les veaux. Qu’il y ait un groupe de soldats près de chaque troupeau. Puis, monte sur la cime de la plus haute des collines et fais sonner la trompette et tirer le canon. Après, fais comme il te semble bon.

Etienne suivit minutieusement le conseil du sage. Lorsque la trompette se mit à sonner et les canons à tirer, les vaches se mirent à mugir, les brebis - à bêler et à courir dans toutes les directions. C’était une vue terrible !

A entendre le bruit diabolique, les Turcs furent totalement decontenancés, ne sachant plus quoi faire, ni où aller. Ne comprenant certainement pas que le bruit était fait par le bétail, ils crurent qu’une armée innombrable les envahissait et en furent très effrayés. Il ne leur resta qu’à courir à toutes jambes. Il y avait un vacarme inouï ! Profitant de cette confusion, les soldats de Etienne le Grand assiégèrent les Turcs et les battirent acharnement.

Voilà comment l’armée de Etienne remporta une nouvelle victoire.