Une visite chez des orphelins peut changer la mentalité humaine

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Reportage de Cristina Burlacu

Le 29 septembre 2012, j’ai passé une journée parmi les enfants de l’orphelinat du village de Popenchi. Il s’agissait d’une action de charité, mais apporter des choses, des vêtements et des jouets n’a pas été notre but essentiel. On a surtout voulu discuter, communiquer, passer ensemble plusieurs heures, pour connaître leurs douleurs, leurs désirs.

Tout au début, nous avons visité les cadets qui ne comprennent pas encore très bien la réalité. Il leur manque l’attention, l’amour, le soin d’un adulte. J’ai remarqué qu’ils sont très obéissants, mais je ne suis pas sûre que ce soit un bon signe.

Notre équipe a passé une demi-heure au sein des petits. Quand nous avons voulu voir les plus grands, on n’a pas eu la permission de la directrice. C’est un peu étrange qu’on ne puisse pas les visiter sans avoir complétée par avance une série de documents, tandis qu’auparavant on le faisait sans aucun problème.

Après quelque temps, nous avons quand même pu voir les aînés. Ils faisaient la queue près de la douche.

J’ai été épouvantée par le bâtiment où les enfants prenaient la douche : il est vraiment horrible. J’ai eu l’impression qu’on se retrouvait dans un film d’horreur.

A l’orphelinat, j’ai connu Iulia, une fille très éduquée. Elle m’a parlé de leur vie. Ils ne sont pas désespérés, ni souffrants, ils rient, ils sont actifs, ils font des espiègleries, ils jouent ensemble, ils sont attachés l’un à l’autre. Iulia m’a dit qu’ils se sont habitués à cette vie, car la plupart d’entre eux se trouvent ici depuis la première année de leur vie.

Les aînés ont un autre train de vie. Ils pensent déjà comme les adultes. Ils disent qu’ils font du business : ils ramassent des fruits et les vendent dans la rue. Cela leurs permet avoir de l’argent de poche et de s’acheter quelques objets nécessaires. Voilà pourquoi ils ont les mains très dures et brunes.

ne veux pas les compatir, mais seulement les admirer pour leur courage, optimisme, énergie, sincérité et pour le fait qu’ils se battent chaque jour contre la réalité de la vie. Ils sont déjà des champions, ils méritent une médaille pour ce combat – or, vivre son enfance dans la solitude, c’est du vrai combat. Chaque enfant mérite un parent. Ils disent que l’orphelinat, ce n’est pas mal, mais ils rêvent tous à une famille, à une mère, à un père.

Nous leur avons promis de leur apporter la fois prochaine un tas de choses nécessaires à un enfant. C’est un devoir sacré, car il ne faut pas trahir une nouvelle fois un enfant trahi déjà par ses propres parents. Il ne le mérite pas.

Le 3 octobre 2012