Le passe-temps des jeunes moldaves

Cristina Aparatu nous fait parvenir ce texte qui, à l’instar de ses précédents, est très sensible. Cela faisait assez longtemps que nous n’avions pas le plaisir de la lire. Mais ses études à Bucarest lui prennent beaucoup de temps et d’énergie. Que ce retour ne soit pas sans suite, c’est ce que nous pouvons souhaiter. Merci en tout cas, Cristina, de nous rester fidèle même si nous devons attendre plusieurs semaines entre chacun de tes textes. Ils seront toujours les bienvenus.

La rédaction.

Comme vous le savez déjà, je suis étudiante à Bucarest depuis deux ans. Les vacances d’été, j’ai décidé de les passer à la maison, à Chisinau. Etant à la maison , j’ai remarqué une légère différence dans les loisirs des jeunes qui vivent à Bucarest et ceux qui vivent à Chisinau. Et j’ai essayé de trouver l’explication, de penser à cette différence.

A Chisinau, la vie des jeunes est plus ennuyeuse ; ils passent toutes les soirées assis aux terrasses des cafés les plus chers pour montrer leurs vêtements les plus élégants et leurs voitures les plus chères. Il n’existe pas d’autres activités pour plusieurs raisons, comme les prix plus élevés pour les clubs sportifs, les théâtres fermés pendant les vacances , le manque de désir de s’engager dans des activités sociales, surtout qu’elles ne sont pas promues par l’Etat. Par rapport à la Roumanie et l’UE en général, le bénévolat chez les jeunes moldaves n’est pas à la mode, n’est pas « chic ».

J’ai cependant remarqué une bonne chose, c’est le désir qu’ont les jeunes de réussir dans la vie, en commençant alors qu’ils sont encore étudiants à construire leur futur. La plupart sont fatigués de la situation difficile dans la République de Moldavie, et de plus en plus ils ont envie d’aller à l’étranger faire un master ou simplement travailler. Les jeunes ne sont pas motivés pour faire quelque chose pour leur pays, ou plutôt, comme moi, ils ne savent pas où commencer.

A Bucarest, il est plus facile de trouver un job pendant les vacances ; il y a des employeurs qui recherchent des étudiants en particulier, et comme cela les jeunes acquièrent de l’expérience. De cette façon, les jeunes peuvent se développer, ils prennent confiance et surtout ils ont une occupation. Ici à Chisinau, c’ est trop difficile de trouver un bon job pendant les vacances. Les employeurs à Chisinau n’ont pas confiance dans les jeunes, et on ne leur donne même pas la chance de démontrer leurs compétences.

Mais j’ai remarqué que dans l’air semblait flotter comme une plus grande liberté, liberté d’expression, liberté de pensée, liberté de vivre. La cause serait-elle le changement de régime politique ou les influences européennes ?

Heureusement, reconnaissons que malgré tous les problèmes politiques, économiques, financiers, les jeunes sont heureux, les piscines, les terrasses sont pleines, et la vie est belle !!!

Cristina Aparatu