Le mariage – le premier pas vers la création d’une entreprise

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Après leur mariage, les jeunes mariés Mihail et Rita Diaciuc n’ont pas investi l’argent qu’ils ont gagné dans une « maison de pierre », mais ont décidé d’investir dans une affaire : ils ont alors acheté un vieux tracteur à chenilles à l’aide duquel ils rendaient des services agricoles. Onze années ont passé depuis ce jour, tandis qu’ils ont dû affronter bureaucratie, crise économique, mais également les forces de la nature …

L’histoire de l’affaire de la famille Diaciuc débute en l’an 2000, après l’union de leurs destins et l’achat d’un T-74, un tracteur à chenilles. Rita Diaciuc avait atteint l’âge de la majorité lorsqu’ils se sont mariés. Elle explique que c’est Mihail qui est venu avec l’idée de créer une entreprise. « Nous n’avions pas de maison, nous n’avions rien. Mon mari disait que si nous achetions une maison, « l’argent resterait mort ». Et puis, après le mariage, que faire, vivre avec notre salaire ? Il fallait tout d’abord gagner de l’argent et ensuite acheter une maison » explique la jeune femme qui est mère de deux filles et enceinte de son troisième enfant.

Comme le tracteur était vieux, la réparation nécessitait de gros investissements. Face à de telles circonstances, Mihail décide alors d’aller travailler en Allemagne. Avec l’argent gagné, ils achètent un autre tracteur, mais cette fois-ci avec des roues et ayant de meilleurs paramètres techniques. Le capital gagné à l’étranger et quelques crédits alloués les aident à se lancer dans leur première entreprise majeure. En 2003, Mihail crée donc une société à responsabilité limitée spécialisée dans le traitement de céréales. Tout d’abord, le couple loue 70 hectares de terre sur lesquels ils plantent du maïs. Puis deux ans plus tard, la surface cultivable s’étend considérablement pour atteindre 187 hectares.

Au même moment, les entrepreneurs achètent un immeuble dans le village de Duşmani où antérieurement se trouvait un incubateur. Puisque l’entreprise ne fonctionnait pas depuis longtemps, elle se trouvait naturellement dans un état déplorable, il n’y avait plus de mobilier et l’équipement était défectueux. Après moult travail et un sérieux investissement, la famille Diaciuc devient éleveur de poussins et d’oies qu’elle commercialise dans tout le pays. Après deux ans d’activité, les jeunes décident de diversifier leurs activités et aménagent une petite ferme pour élever des volailles, surtout des poulets, des oies et des canards.

L’effondrement de l’activité en 2007

En 2005, Mihail qui est tourneur-menuisier de profession, décide de se lancer dans un nouveau type d’activité, la production de boutures prismatiques de vignes afin de viser l’export vers la France. En revanche, cette affaire ne fut pas de longue durée et suite à la crise, l’effondrement économique a affecté toute leur activité. « Nos agents en France n’ont pas honoré leurs obligations financières envers nous, et par conséquent l’export était pratiquement impossible. On a donc cessé de produire des boutures ».

La production céréalière était en forte baisse suite à une grave sécheresse de 2007. À la ferme de volaille rien ne se vendait, car les gens n’avaient pas les moyens d’élever les oiseaux. « D’ailleurs, je ne pouvais pas rembourser les dettes à la banque », se souvient Rita. « Alors pour s’en sortir, ajoute la jeune femme, on a eu recours aux nouveaux crédits. L’année dernière, les choses se sont améliorées : nous avons eu une bonne récolte dans l’agriculture ; dans le secteur de la transformation du bois, on a redonné un autre profil à l’activité et nous avons terminé la construction d’un moulin à blé ».

« Les résultats se reflètent dans nos données financières, des ventes de 3,2 millions de lei et un bénéfice net d’environ 450 mille de lei. Nous avons encore des crédits à rembourser et de nombreux problèmes à résoudre, mais avec une grande persévérance doublée d’un grand désir, on va les surmonter », conclut la jeune épouse, mère et chef d’entreprise à la fois.

Après dix ans d’entrepreneuriat ils ont acheté une maison

Pour que leur affaire prospère, Mihail et Rita ont continué à étudier. Mihail a acquis les compétences et les connaissances nécessaires à un ingénieur agronome, et Rita, même si elle rêvait de devenir enseignante, s’est inscrite en 2004 à la Faculté d’Economie, spécialité Comptabilité. Rita se souvient que durant une demi-année ils ont vu se succéder trois comptables dans leur entreprise. « Cela m’a amenée à faire des études comptables, même si j’avais déjà un enfant de deux ans ».

Actuellement, le couple a 25 employés venant des villages voisins, et qui ont donc la possibilité de gagner leur vie en zone rurale. Bien qu’ils soient entrepreneurs depuis 2000, la famille a dû attendre l’année dernière pour parvenir à grand-peine à acheter une maison. « Au départ nous sommes restés chez mes parents, et chez mes beaux-parents, puis après cinq ans passés là, nous avons pu louer un logement. Les conditions étaient misérables : on ramenait de l’eau du puits ainsi que du bois de chauffage ; on n’avait pas de machine à laver. C’est donc après dix ans d’activité, que nous avons enfin réussi à nous procurer un toit sur la tête », raconte Rita sur l’évolution de leurs affaires.

« Avant d’aller dormir, nous planifions tout pour le lendemain »

Le fait de travailler ensemble impose au couple une règle, celle de ne pas parler d’affaires à la maison. Lorsqu’il rentre chez lui, le couple essaie de passer le plus clair de son temps avec leurs filles. Après le dîner, quand les filles sont endormies, autour d’un thé, les deux jeunes entrepreneurs planifient qui doit faire et ce qu’il faut faire le lendemain. Rita et Michel ont foi en la réussite de leurs affaires – « Si l’on ne travaille pas, personne ne te donnera quoi que ce soit. Vous devez vraiment avoir un but et suivre votre rêve. C’est uniquement de cette manière que vous pouvez réussir. Je réalise que c’est difficile pour tout le monde. Le plus important, c’est d’avoir confiance en soi, et d’avoir le soutien de tous ceux qui vous entourent ».

La famille Diaciuc suggère à ceux qui rêvent de créer un jour leur propre entreprise d’avoir plus de courage et de confiance en soi. « Nous savons combien il est difficile de gagner de l’argent. Nous avons connu des situations où, après avoir payé les employés, nous nous sommes retrouvés sans argent pour le foyer. Mais quand même, à terme, notre affaire est devenue une entreprise prospère », concluent Rita et Michel.

Article de Ala Coica repris sur le site http://www.timpul.md/articol/nunta-un-bun-inceput-de-afacere-30364.html

Traduction – Liliana Anghel.

Relecture – Alexandre Faby.

Le 22 juin 2012