Le jour des amoureux dans la vie des familles internationales

De plus en plus de femmes de Moldavie acceptent les mariages à l’étranger. De plus en plus d’hommes étrangers viennent se marier à Chisinau. De plus en plus de familles moldavo-internationales font leur apparition dans le monde.
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Au cours de l’année 2007, à la Direction Générale de l’Etat Civil, Office de Chisinau, secteur Centre, ont été enregistrés 140 mariages mixtes, entre des citoyens de la République de Moldavie avec des citoyens d’autres pays. Les conquérants les plus invétérés de cœurs moldaves se sont avérés les Italiens : on a enregistré 21 mariages avec des représentants de ce pays. La deuxième place est occupée par les Ukrainiens avec 13 mariages, et la troisième position est détenue par les Roumains avec 11 enregistrements de mariages avec un habitant de la Moldavie.

Travail, voyage et mariage

Elle vient de Moldavie, lui, d’Alaska, aux Etats- Unis. Ils se sont connus pendant la période où elle a participé au programme Work&Travel. Ils sont tombés amoureux et, après seulement trois mois, ils se sont même mariés. A présent, les jeunes mariés du même âge sont ensemble en Moldavie.

Marina, 22 ans, est arrivée aux Etats-Unis par le biais du programme Work&Travel. Elle a été embauchée dans le seul parc d’attractions d’Alaska. Michael, du même âge, tenta lui aussi pour la première fois un service offert dans un parc d’attractions.

ELLE : « Il est différent »

« En fait, je n’avais jamais pensé que je ne me marierais pas avec un homme de Moldavie. Surtout qu’avant de participer au programme Work&Travel et de partir aux Etats- Unis, j’avais chez moi une relation de six ans. Le destin a fait en sorte que j’arrive en Alaska, et que je tombe amoureuse là-bas ».

Bien qu’au début Marina ait dit à Michael qu’entre eux il ne pouvait s’agir que d’une relation d’amitié, en peu de temps elle est parvenue à se rendre compte de ceci : « Mike est différent… différent des autres hommes ».

« Au début, il avait aussi accepté qu’on soit uniquement amis », dit-elle. « La vérité est qu’en peu de temps, je suis tombée amoureuse. Pour mon amour, il a renoncé à un autre boulot, mieux payé, et il a décidé de rester dans le parc d’attractions ».

Quant à la relation qu’elle avait dans son pays, Marina pense qu’elle a procédé correctement lorsqu’elle a téléphoné et a avoué la vérité à son ami. « Même si une relation dure six ans, souvent on essaye d’amasser instant par instant afin d’obtenir une année de bonheur… Ainsi j’ai trouvé correct, à ce moment-là, que celui avec qui j’ai eu une relation durant six années en Moldavie apprenne aussi la vérité à propos de mes sentiments ».

Mais… ces quelques mois, délai où Marina avait la permission de rester légalement aux Etats- Unis, s’écoulaient. « Trois mois après le début de notre relation, on s’est mariés », dit Marina. « Cela a été une journée particulière. Un moment unique, parce que la cérémonie a eu lieu devant une cascade. A notre mariage d’Alaska seuls les proches de Mike sont venus. Malheureusement, je n’ai pas eu mes parents à côté de moi… Ne me jugez pas, car la démarche que j’ai faite l’a été par amour », avoue la jeune fille, qui dit que la célébration de sa relation avec un citoyen américain n’a pas eu d’autres buts que celui d’avoir une famille heureuse. « Certes, j’ai rencontré d’autres Moldaves qui, pour rester aux Etats-Unis, ont payé une bonne somme d’argent. Moi non, je n’ai pas entrepris cette démarche pour vouloir habiter aux Etats-Unis, mais parce que je suis tombée amoureuse… ».

A présent, Michael est en Moldavie. Les jeunes mariés pensent célébrer leur mariage aussi dans ce pays. « Si j’ai peur ? Je crains seulement le froid d’Alaska et la pensée que je pourrais être loin de mes proches. Mais le monde a tellement changé que les distances ne sont plus une tragédie. L’important est que je ne regrette pas ma décision ! »

LUI : « Son sourire et son accent me chaviraient »

« La vérité est que moi non plus, je n’ai pas pensé que je pourrais lier ma vie à une étrangère qui est tellement différente des femmes des Etats-Unis », continue Michael, qui se trouve en Moldavie pour la première fois. « En fait, pour la plupart, les citoyens américains sont conscients que les étrangers choisissent de se marier avec eux juste pour la « Green Card », ce document qui permet le séjour des étrangers aux Etats-Unis. Malheureusement, c’est la réalité. On ne met plus l’accent sur les valeurs spirituelles, mais sur les valeurs matérielles. J’ai connu de nombreux cas où les étrangers ont payé des milliers de dollars pour un certificat de mariage avec un citoyen américain ».

Mais Michael est sûr que lui et Marina vivent une autre sorte de relation, une relation sincère.

« J’ai été si heureux lorsque je l’ai rencontrée », se souvient le jeune homme. « Elle m’a chavirée avec son sourire particulièrement attirant et avec son accent différent. Mais elle, ça n’a pas été facile de la conquérir. Certes, j’étais conscient qu’en Moldavie elle avait une relation de quelques années. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour lui démontrer que je méritais son attention. J’ai renoncé même à un boulot mieux payé, mais qui me faisait être loin d’elle ».

Michael reconnaît qu’avant de rencontrer Marina, il ne se sentait pas prêt à officialiser aucune relation. « Avec elle, cela a été beaucoup plus simple. J’étais prêt à faire n’importe quoi pour Marina, juste pour l’avoir plus proche de moi. On s’est mariés avant son retour chez elle, en Moldavie. Je pensais que c’était un moyen sûr pour l’aider à retourner aux Etats-Unis au plus vite possible. Mais avant qu’elle revienne aux Etats-Unis, c’est moi qui suis venu en Moldavie. La vérité est qu’étant en Moldavie, je me suis rendu compte que ce n’est pas si facile d’obtenir un visa ».

Sur la Moldavie, Michael dit aussi qu’« elle est si différente de l’Alaska ». « Je trouve étrange le fait que beaucoup d’immeubles n’ont pas l’air aussi bien qu à l’intérieur. Ni même que les gens ne sourient pas autant que l’on fait aux Etats-Unis. Mais je sens que ces gens sont très sincères… ». Sur son avenir lié à une Moldave, Michael dit : « Je n’ai même pas imaginé que j’aurais pu me tromper lorsque j’ai choisi de passer le reste de ma vie auprès d’elle. Je ne crains que le fait qu’elle puisse être loin de moi. Sur notre avenir ? On a envie d’avoir trois enfants… ».

Article par Anastasia NANI.

Orenbourg+ Harbovat

Dumitru+Olga

Dumitru et Olga se sont rencontrés pour la première fois dans la région d’Orenbourg, en Russie. C’était le 8 mars. Dumitru, un jeune homme de Moldavie, faisait son service militaire dans ces contrées-là. Un jour, lorsqu’il était en trolleybus avec ses amis, et que le trolleybus a freiné brusquement, le jeune homme a senti un objet acéré, planté au niveau de son cou. Il s’est tourné pour voir qui était la personne cause de sa douleur. C’était une demoiselle qui, d’après ce qu’il a constaté ultérieurement, avait des ongles très longs.

« Je n’ai pu rien dire. Sa beauté m’a coupé la parole. Heureusement que mon ami, séduit lui-aussi par sa beauté, a osé de lui demander son nom », reconnaît Dumitru.

C’est alors qu’Olga a piqué non seulement le cou de Dumitru, mais aussi son cœur. Les premiers jours, ils se promenaient par les parcs d’Orenbourg, puis Olga a invité Dumitru chez elle. « Soir après soir, il jouait au loto avec mon père, mais pas plus tard que 21 heures, quand il retournait à l’unité », se souvient Olga.

Lorsque son stage militaire s’est achevé, Dumitru est retourné chez lui, en Moldavie. Content, il a parlé à ses parents de la fille dont il était éperdument tombé amoureux. Il leur a dit qu’il voulait se marier.

J’allais au rendez-vous par avion

« Mes parents étaient catégoriquement contre notre relation. Ils rêvaient de me voir marié avec une Moldave et ont fait tout leur possible pour me séparer d’Olga. Ils sont allés même jusqu’à m’enfermer dans la cave, pour m’empêcher de m’enfuir en Russie. Heureusement que ma sœur a cassé le cadenas, m’a donné de l’argent pour le billet et j’ai pris l’avion pour aller voir Olga », se souvient Dumitru.

Lorsqu’il est arrivé à Orenbourg, il s’est dirigé vers la maison de sa bien-aimée. Ce soir-là, Dumitru est resté plus longtemps. Il était déjà dix heures passées, mais il continuait à jouer au loto avec le père d’Olga. A un moment donné, il y a eu un silence et Dumitru a demandé Olga en mariage. Surprise par la proposition de son bien-aimé, Olga, sans donner une réponse, s’est enfuie dans la chambre voisine et a commencé à pleurer.

« Alors que je l’aimais énormément, la pensée que je me serais mariée avec lui et que, probablement je serai partie de Russie en Moldavie, m’effrayait. Cependant, j’ai dit « oui ». Pour être sincère, c’est ma mère qui m’a convaincue. Elle aimait extrêmement Dumitru », dit en souriant Olga.

Il y a eu des noces extraordinaires. Une seule chose affligeait leur bonheur- les parents du marié n’ont pas été présents à leur mariage.

Lettre de Moldavie - une enveloppe remplie de cendres

« J’ai envoyé à mes parents, en Moldavie, une lettre où je les invitais à notre mariage. Mais je n’ai reçu qu’un pli de cendres. Mes parents ont brûlé l’invitation, ont mis les cendres dans l’enveloppe, et dans la poudre de cendres, j’ai trouvé la lettre de ma mère avec ces mots : c’est ainsi qu’ont brûlé nos âmes lorsque nous avons reçu cette invitation », dit Dumitru avec chagrin.

Après leur mariage, Olga et Dumitru ont habité une année à Orenbourg. Leur première fille est née, ils l’ont baptisée Elena. Ils étaient en attente d’un appartement, mais puisque Dumitru n’était pas citoyen de la Russie, ils avaient des problèmes avec les papiers.

Désespérés que les choses aillent à leur encontre, Dumitru et Olga ont décidé de chercher leur bonheur en Moldavie, la patrie de l’époux.

En Moldavie ils ont emménagé dans le village d’Harbovat, département d’Anenii Noi. Ils ont bâti une maison à deux niveaux et ont donné naissance encore à trois enfants. A présent, Dumitru et Olga racontent à leurs filles, Elena, Natalia, Tatiana et Eugénia tous les déboires qu’ils ont endurés pour prouver à tous ceux qui étaient contre le mariage d’une Russe avec un Moldave que leur amour est véritable.

« Toutes les difficultés n’ont fait que renforcer leur amour. Ils sont ensemble voilà déjà 30 ans, mais ils s’aiment aussi tendrement qu’au début de leur relation. Mon père tient toujours ma mère par la main et ne la lâche pas des yeux un seul instant », s’enorgueillit , en parlant du rapport de leurs parents, Tatiana, la troisième fille de Dumitru et Olga.

La mère de Dumitru ne peut pardonner à son fils, même à ce jour, le fait de ne pas avoir épousé une Moldave, mais d’avoir agi contre sa volonté.

Article par Svetlana PANTA

Articles publiés sur http://www.garda.com.md/167/exclusiv/, traduits par Ion Ciobanu. Relecture - Michèle Chartier.