Influences de la langue russe en Moldavie

Auteur : Corina Darii

Je réfléchissais au sujet de mon premier article concernant la Moldavie. Je souhaitais privilégier des sujets me tenant à cœur. J’ai alors repensé à quelque chose qui me dérange chaque fois que je reviens en Moldavie : les influences visibles et perceptibles de la langue russe en Moldavie et dans la langue roumaine.

En effet, dès l’atterrissage à l’aéroport de Chisinau, on entend davantage parler russe que roumain, ce qui, soit dit en passant, peut évidemment prêter à confusion pour un étranger débarquant en Moldavie. Il y a deux raisons à cela. La première est due aux nombreux Moldaves travaillant en Russie, et qui oublient bien vite leur langue maternelle. La deuxième est une conséquence de la période soviétique durant laquelle parler le russe était considéré comme supérieur intellectuellement parlant. Et c’est de fait ce que de nombreux Moldaves pensent encore à ce jour.

A ces deux raisons s’ajoute, bien sûr, le fait que de nombreux Russes vivant en Moldavie refusent d’apprendre la langue officielle du pays, c’est-à-dire le roumain. Cependant, selon moi, ce qui est regrettable est l’effet qu’a le russe sur le roumain encore parlé en Moldavie. En effet, ce dernier subit de nombreux « russismes » employés en roumain. Il s’agit de mots ou d’expressions russes, utilisés dans une autre langue et directement intégrés tels quels.

Mais ce n’est pas tout. En même temps, que les expressions russes, les traductions directes du russe au roumain se font également de plus en plus courantes, au détriment encore une fois de notre belle langue roumaine. Ces erreurs lexicales et grammaticales ne sont évidemment pas faciles à entendre au quotidien. Je pense que le plus grave est que de nombreuses personnes ne veulent pas faire l’effort de parler leur langue correctement. Néanmoins, comment leur demander de faire cet effort si c’est cette langue russisée est ce qu’on entend tous les jours, autant au quotidien qu’à la télévision, par exemple ? Je me souviens du jour où je regardais un film sur une chaine moldave, le film en question était doublé en russe et sous-titré en roumain. Aucun souci à cela me direz-vous, certes, sauf que les sous-titres comportaient une faute par phrase…

Les Moldaves ne peuvent donc pas même compter sur leurs propres chaines télévisées pour entendre et lire une langue correcte. Cela n’est pas une justification, mais une cause qui entretient un cercle vicieux. Un cercle vicieux qui altère le roumain de Moldavie.

Relecture – Didier Corne Demajaux.