Que se passe-t-il en Transnistrie ?

Article de Gilles Ribardière

Ce territoire qui se veut indépendant, mais n’a pas de reconnaissance internationale, a organisé dimanche dernier des élections présidentielles, destinées à donner un cinquième mandat au « président » sortant, Igor Smirnov … Sauf que la Russie l’a lâché au profit du président du Soviet Suprême, Anatoli Kaminski.

Mais surprise - si la manœuvre a permis d’affaiblir le « président » sortant, elle n’a pas pour autant propulsé le favori de Moscou en tête du scrutin ! C’est Evguéni Chevtchouk qui recueille le plus de suffrage (38%), tandis que A. Kaminski est derrière avec 26% des voix, I. Smirnov n’obtenant que 24%. Ce dernier est donc éliminé du second tour.

Mais ses partisans demandent l’annulation du scrutin sous le prétexte de fraudes massives, ce qui peut surprendre quand on sait que I. Smirnov est supposé tenir d’une main de fer « son » territoire, et de ce fait devait avoir le contrôle des opérations électorales ?

Quelle signification donner à ce résultat ? Les Russes ont-ils deux fers au feu, deux candidats ayant plus de chance de marginaliser le sortant ? Le résultat de E. Chevtchouk est-il une réelle surprise et une réelle alternative ? Il appartient à la même formation « d’opposition » que A. Kaminski (le « Renouveau ») et a été avant lui président du Soviet Suprême… On le dit plutôt tourné vers les principes démocratiques en vigueur à l’Ouest de l’Europe ?

Ce qu’on peut à ce jour dire, c’est que la population transnistrienne, malgré un encadrement rigoureux, a manifesté un rejet de son leader en place depuis 20 ans. Cela facilitera-t-il une solution à ce qui demeure une anomalie en Europe ? C’est ce qu’on devrait voir dans les semaines à venir, sauf à ce que l’attitude de I. Smirnov ne vienne troubler le processus en cours.

Je signale que Piotr Smolar a signé une remarquable enquête de deux pleines pages sur la Transnistrie dans « Le Monde » daté des 4 et 5 décembre 2011.

Le 16 décembre 2011