Quand tous les chemins mènent … à la cuisine

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Il a travaillé d’arrache-pied en France pendant cinq ans, avant de voir son rêve réalisé – faire partie de l’équipe d’un des meilleurs restaurants de France et aussi du monde. Il s’agit de Dmitri Petrenko, un Moldave qui a dû faire un parcours très difficile avant de rejoindre l’équipe de Paul Bocuse, connu comme « le père de l’art culinaire de France », mais il est persuadé que le résultat en a valu le sacrifice.

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Il y a cinq ans, son meilleur ami l’a invité en France et tout a commencé ! Dmitri décida de prendre des cours de français et de revenir en France, ayant une cible concrète – le restaurant Fond Rose - Paul Bocuse.

« Dans la cuisine, comme sur un ring de boxe »

Mais tout a été beaucoup plus difficile qu’il ne s’attendait. « Quand j’ai fait le premier essai de me faire accepter pour un stage chez Bocuse, j’ai dû partir au bout d’une demi-heure. Ce ne fut certainement pas le plus beau jour de ma vie », se souvient Dmitri. « En fait, on m’a tout simplement demandé de couper des oignons. Il fallait faire une coupe fine, millimètre par millimètre. J’avais la sensation que j’étais filmé. Le chef est passé une seule fois près de moi, sans rien dire. Eh oui - j’avais coupé presqu’un sceau d’oignon ! Après quoi, le chef a pris le seau, a tout jeté à la poubelle et m’a dit - au revoir ».

La deuxième fois, son stage a duré deux jours et il se souvient que c’était comme sur un ring de boxe. « On te donne des tâches, tu les accomplis et puis on jette tout à la poubelle  », se souvient Dmitri.

La troisième tentative s’est avérée chanceuse. Et elle lui a procuré des sentiments inoubliables. « C’était bien sûr du bonheur, car j’avais réalisé mon but et atteint un nouveau niveau ».

Maintenant, il travaille de 8h00 à 15h00 et, après une pause, de 17h30 à 23h00. « Au début, c’était très difficile, parce que dans ce restaurant travaillent les meilleurs des meilleurs chefs de France. D’autre part, cela a été difficile de m’habituer à écouter quelqu’un, car au cours des six années précédentes, en Moldavie, j’avais travaillé pour mon propre compte », ajoute Dmitri.

Les fruits de la persévérance

« Faire la cuisine c’est pour moi faire ce que j’aime et être moi-même. Dans ma famille, on a toujours bien mangé, ce qui m’a fait aimer l’art de la cuisine. Mon arrivée à Lyon a été précédé de trois années de préparation - j’ai appris le français, j’ai fait mes papiers. Avant Lyon, j’ai travaillé à Saint-Tropez. J’ai opté pour Lyon, car c’est la capitale gastronomique de la France et c’est ici que se trouvent les meilleurs restaurants du monde avec les meilleurs chefs, mais surtout parce que je voulais travailler chez Paul Bocuse, au restaurant Fond Rose. Et j’y suis arrivé, après deux années de travail assidu dans quatre restaurants de France  », affirme Dmitri Petrenko, tout en ajoutant que « dans les grandes cuisines tout est très minutieusement organisé – comme dans l’armée ». En même temps, « chacun fait son travail dans une cuisine, personne n’est ton ami », dit Dmitri qui, grâce à cet état de choses, a appris à insister.

Quand il a fait la troisième tentative de se faire embaucher au restaurant de Bocuse, on l’a accueilli, en lui disant : « Encore vous ! » « J’ai demandé un mois d’essai. Je leur ai dit que j’étais prêt à travailler un mois gratuitement, si je ne faisais pas bien mon travail. Et ils n’ont pas pu refuser, me voyant tellement motivé. Ce fut et cela reste très difficile. C’est comme dans la Formule 1 », dit Dmitri.

Comment apprendre à aller jusqu’au bout ?

Dans le restaurant où Dmitri travaille, les vieilles traditions sont respectées. « Comme Bocuse dit, notre force consiste dans le fait que nous répétons tous les jours la même chose ». C’est ainsi qu’on fait le chemin vers la perfection.

En ce qui concerne les différences entre la culture gastronomique de la Moldavie et celle de la France, Dmitri constate que « les gens d’ici vont plus souvent manger dans un restaurant. Chez nous, en Moldavie, on va plutôt au restaurant pour certaines occasions. Ici, les restaurants sont presque toujours pleins ».

Il considère que le secret des Français pour ne pas grossir c’est boire du vin rouge à la table. Quant à lui, Dmitri aime la cuisine méditerranéenne, en particulier le poisson et les fruits de mer.

Le long chemin, « abondant en obstacles », que Dmitri a dû parcourir pour atteindre son objectif, l’a fait comprendre « que pour réaliser ses rêves, il est important d’aller jusqu’au bout, malgré tout ».

Article d’Aliona Ciurcă, repris sur le portail https://www.zdg.md/editia-print/oameni/cand-toate-drumurile-duc-spre-bucatarie

Traduit pour www.moldavie.fr

Le 20 juillet 2017