Nous apprenons à gérer des affaires dans notre pays

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Qu’ils aient encore 20 ans, ou bien qu’ils aient dépassé la cinquantaine, ils sont tous égaux devant le formateur. Telle est la règle aux cours de formation organisés dans le cadre du Programme PARE 1+1, destiné à ceux qui désirent développer une entreprise en Moldavie.

Après avoir travaillé d’arrache-pied à l’étranger pour gagner de l’argent, ils sont rentrés dans des salles de cours pour apprendre comment faire prospérer leur argent.

Afin de pouvoir bénéficier de subventions pour leurs affaires, les Moldaves doivent obligatoirement suivre des cours d’entrepreneuriat et apprendre à gérer une entreprise qu’ils ont ou qu’ils envisagent de créer. Guidés par des formateurs, des consultants, voire d’autres participants aux cours, ils peuvent même faire leur business plan lors de la formation. Certains jeunes, pleins d’idées, mais sans aucune expérience et sans apport, d’autres, plus mûrs et disposant déjà d’un capital à investir dans une affaire profitable, tous sont très intéressés par le cours et prêts à noter toute idée suggérée par le formateur. Ils sont ainsi 16 participants aux cours de formation organisés dans le cadre du Programme PARE. La plupart d’entre eux veulent commencer une affaire dans leur localité d’origine, pour ne pas devoir partir travailler à l’étranger, loin de leur famille, ou bien pour faire rentrer en Moldavie leur époux ou épouse, ou encore leur enfant qui travaille ailleurs.

Les premiers bénéficiaires du Programme PARE

Le 18 janvier dernier, ont été sélectionnés les premiers entrepreneurs pouvant bénéficier du Programme PARE. Ils sont finalement 9 sur les 14 candidats ayant fait des demandes de financement dans divers domaines : apiculture, agriculture, industrie alimentaire et services. 4 des 9 bénéficiaires de la formation ont déjà une affaire, tandis que les autres vont lancer leur entreprise dans le cadre de ce programme.

Parmi les participants au cours, il y a Adrian Duca, un jeune homme de 29 ans originaire de Brânzeni, district de Teleneşti, qui a ouvert un centre de diagnostic à Ungheni. Diplômé d’une faculté de droit et fondateur d’un centre médical, Adrian bénéficiera d’une aide financière égale au montant des rémittences investies dans le centre médical.

Après avoir été pendant plusieurs années fonctionnaire dans l’administration centrale, Adrian a minutieusement étudié le marché et a pris la décision en 2010 d’ouvrir un centre de diagnostic à Ungheni. « Nous disposons d’un laboratoire d’immunologie et nous venons d’ouvrir un cabinet d’échographie. A Ungheni, ce problème était vraiment important, car les habitants devaient aller à la capitale pour ces investigations », dit Adrian Duca. Il s’est inscrit au Programme PARE après avoir utilisé les rémittences de ses parents qui travaillent en Italie depuis plus de huit ans et il a aussi acheté l’échographe nécessaire au cabinet. Des dizaines d’emplois ont été créés pour des médecins de la ville d’Ungheni ou de Chisinau, car certains spécialistes du Centre National pour la Santé de la Mère et de l’Enfant peuvent y accéder, le transport leur étant assuré. Le juriste Adrian Duca a décidé d’investir dans la médecine parce que, dit-il, « je voulais créer une affaire et ça vaut la peine d’investir là où il y a un espoir de gain, voilà pourquoi je me suis essayé dans le domaine médical ». Le jeune homme d’affaires a l’intention d’ouvrir également un laboratoire de biochimie.

Les « étudiants » dressent des business plans}

Très attentive à tout ce qu’explique le formateur, Vera Mahu, une dame d’environ 50 ans, de Moleşti, district de Ialoveni, dit qu’elle souhaite gérer une affaire avec sa famille, dans leur village. Elle a deux fils qui travaillent à l’étranger et qui voudraient bien rentrer en Moldavie. « Nous avons un magasin qui n’est pas très rentable. Mon fils aîné travaille au noir depuis huit ans déjà et il veut revenir dans le village, mais pour y faire quoi ? Je lui ai proposé d’ouvrir une salle des fêtes, nous en avons déjà le plan et voilà pourquoi je me suis inscrite à ces cours, car je suis une simple couturière et je n’ai pas de connaissances en ce qui concerne les sociétés », dit Vera Mahu.

Lilian Andrieş a travaillé plusieurs années dans le commerce et la construction en Grande Bretagne et aux Emirats Unis. Il a la possibilité de repartir dans un de ces deux pays, mais il préfère créer une entreprise en Moldavie. Il n’a pas encore définitivement décidé dans quel domaine investir, mais il espère que le cours d’entrepreneuriat l’aidera à prendre une décision et à dresser un business plan qui lui procurera des résultats durables. « Je dispose du capital nécessaire, il me reste à décider où l’investir », dit le jeune homme de 29 ans. De son point de vue, les cours organisés dans le cadre du Programme PARE 1+1 « donnent l’essentiel pour pouvoir ensuite librement monter une affaire ».

Svetlana Beiu, 25 ans, est elle-aussi enchantée de ses cours de formation, surtout qu’elle est sans emploi actuellement. Son époux travaille en Espagne et il est sur le point de revenir en Moldavie pour y démarrer une affaire. « Il veut s’inspirer des technologies innovantes espagnoles et lancer un atelier de prestations de services auto : vernissage des carrosseries, peinture des voitures, customisation, etc. », dit Svetlana d’un air rêveur.

Les jeunes ont besoin de soutien

« Le Gouvernement devrait développer des projets aussi bien pour les jeunes qui souhaitent avoir une société que pour des hommes d’affaires qui ont déjà une expérience dans ce domaine, car eux ont besoin d’un autre type d’appui », considère Gheorghe Caraseni, formateur et consultant en matière juridique et gestion. Selon lui, le Ministère de la Jeunesse devrait s’y impliquer aux côtés du Ministère de l’Economie. « Il y a besoin de fonds supplémentaires pour les initiatives des jeunes. Car les jeunes ont besoin d’aides. En plus, les jeunes devraient être segmentés, car les filles peuvent accéder à des fonds qui sont inaccessibles pour les hommes : un grand nombre de donateurs internationaux attribuent des bourses destinées uniquement aux filles et aux femmes qui souhaitent se lancer dans les affaires », dit Gheorghe Caraseni, tout en recommandant aux jeunes de s’orienter vers la production où, selon lui, les chances de réussir sont maximales.

Article par Ala Coica, publié sur http://www.timpul.md

Traduit pour www.moldavie.fr

Relecture - Didier Corne Demajaux