Les Moldaves sont dépendants de l`agriculture

L`agriculture demeure un secteur crucial pour le développement de la République de Moldavie, d’où l`importance de la croissance permanente de ce secteur, l`assurance de la sécurité des produits alimentaires, ainsi que d’un mécanisme plus performant de gestion des ressources naturelles, a déclaré à Chisinau Derek Byerlee, l`auteur principal du rapport sur le développement mondial 2008 “L’agriculture pour le développement”, élaboré par la Banque mondiale.

D`après lui, la majorité de la population moldave se trouve dans une zone rurale, d’où sa dépendance de l`agriculture. C`est-à-dire, en Moldavie, comme dans les autres pays, la remontée de la croissance agraire a été postérieure au déclin prononcé et associée à la réduction de la pauvreté. Derek Byerlee affirme que dans le monde 2,5 milliards de personnes sont concernées par l`agriculture, tandis que 800 millions possèdent des petits terrains. Il affirme également que 75% de la population paupérisée habite dans une zone rurale et que vers 2040 ce sera le cas de la majorité de la population.

Le rapport démontre que toute croissance de l’agriculture est très efficiente pour la réduction de la pauvreté. Ainsi, la croissance du PIB dans l`agriculture contribue à la croissance des revenus des personnes paupérisées de 3 à 4 fois plus élevée que celle du PIB des secteurs non agraires.

Byerlee a mentionné que pour la réduction de la pauvreté et en vue d`un développement durable, l`agriculture devrait obtenir une place plus visible dans l’agenda du développement. A présent, il existe des opportunités meilleures pour l’utilisation de l’agriculture en vue du développement. A ces fins, il y a besoin d’investissements plus importants et mieux gérés et d’approches multisectorielles, décentralisées et ajustées aux conditions locales.

L’état devrait passer de la répartition des ressources et des produits à la prestation des services publics et l’assurance d’un cadre adéquat de réglementation. Egalement, concernant l`agriculture, il devrait exister une hétérogénéité tant entre pays que dans le cadre d’un pays. Par exemple, les objectifs de la politique agraire devraient présumer tant l`assurance de la sécurité des produits alimentaires et la prestation des services sociaux, que l’assurance de leur qualité et de leur compétitivité, tandis que les structures agraires devraient inclure tant des formes collectives, que publiques et privées".

Derek Byerlee a dit que Moldavie doit se repositionner sur des exportations d`une valeur élevée. Ainsi, il y a besoin de provocations axées sur l`utilisation efficiente de l`agriculture pour le développement. En vue de la croissance de l`agriculture, il est nécessaire de soutenir l`environnement macro-politique et le climat d`investissement rural, d’assurer la conséquence des politiques agraires dans le domaine du développement des marchés privés et du droit de propriété.

L`auteur du rapport précise que les états basés sur l’agriculture dépensent trop peu pour ce secteur. Ainsi, la Moldavie investit beaucoup moins que les autres pays plus dynamiques. A partir de l`année 2001, les subventions accordées en Moldavie aux exploitations agricoles sont en constante croissance. Néanmoins, des critères plus clairs sont nécessaires pour les subventions, il en va ainsi pour le dépassement des échecs temporaires des débouchés.

Les avis des experts locaux

A son tour, le Ministre de l`Agriculture et de l`Industrie Alimentaire, Anatolie Gorodenko, s`était dit satisfait de ce rapport, puisque nombreux de ses points coïncident avec les actions déjà initiées par le Gouvernement. “Il est nécessaire de mettre l’accent sur les principes du marché et de la concurrence. Il y a également besoin d’investissements dans les technologies performantes, dans de nouvelles espèces, résistantes au climat moldave. Et de la majoration des subventions dans la recherché agricole, action déjà initiée”, a précisé Gorodenko.

Le Président de l’Association Nationale des Fermiers, Vasile Mârzenko, a déclaré qu`il est nécessaire de trouver des ressources suffisantes pour la croissance de l`agriculture. Il a ajouté que “le plus grand problème est l’insuffisance des connaissances des agriculteurs, à cause de la pauvreté. Un autre problème est l’insuffisance des investissements dans les entreprises et coopératives agricoles”.

Dans le même contexte, le chef du projet Développement du Business Agricole (CNFA), Conrad Fritsch, a précisé que “les agriculteurs moldaves sont soumis à un taux de crédit très élevé, allant jusqu`à 18 %. On a souvent promis la réduction du taux de remboursement des crédits bancaires. Mais ceci n’a pas été effectué, en dépit du développement du marché bancaire. C’est le plus grand problème des agriculteurs et des fermiers de la République de Moldavie” .

Article par Tatiana Marcu, publié sur http://www.eco.md/article/5267/, traduit par Olga Bitca. Relecture - Michèle Chartier.