Le Baromètre moldave des affaires : que suggère-t-il aux potentiels investisseurs ?

La Chambre de Commerce et d’Industrie France-Moldavie et l’Association de coopération économique germano-moldave (MDW) ont relancé le projet « Le baromètre moldave des affaires » qui offre à la communauté d’affaires une opportunité unique de faire part du ressenti de la performance économique et du climat des affaires, de l’exprimer au gouvernement et aux autorités moldaves, ainsi qu’au public plus large.

Les résultats de l’étude ont été présentés lors d’une conférence de presse en présence de Wolgang LERKE, Président de MDW, de Joachim BISCHOF, Directeur de MDW, de Pascal VAGOGNE, Ambassadeur de France en République de Moldavie et de Wicher Jan SLAGTER, Chef de la Section Politique et Economique de la Délégation de l’UE en Moldavie.

Monsieur Emmanuel Skoulios, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Moldavie a fourni des détails sur le Baromètre moldaves des affaires au reporter de www.moldavie.fr

Monsieur Skoulios, parlez-nous de l’histoire du Baromètre moldave des affaires.

Emmanuel SKOULIOS : "La Chambre de Commerce et d’Industrie France-Moldavie a lancé ce baromètre ici, en Moldavie, en 2011, en s’inspirant d’un outil qui avait fait ses preuves - un baromètre des affaires lancé par les conseillers du commerce extérieur de la France à l’attention des entreprises. Donc, c’est un outil qui était déjà fiable et éprouvé et on l’a repris ici, en le modifiant un tout petit peu.

On l’a lancé en 2011, en l’adressant surtout aux entreprises françaises et à quelques entreprises étrangères. Et puis on a souhaité, avec nos amis allemands de l’Association de collaboration économique moldavo-allemande, l’élargir et en faire un outil qu’on mettrait à la disposition du pays. Aujourd’hui on n’en est pas encore là, parce qu’on avait eu à peu près 110 réponses, l’objectif étant d’avoir un panel significatif de 300 à 400. Les résultats sont cependant relativement révélateurs et fiables, puisque les entreprises qui ont répondu sont des entreprises françaises et allemandes et que le poids des investissements cumulés de la France et de l’Allemagne dans ce pays est tout à fait considérable, parce qu’on est les premiers investisseurs en poids cumulé des investissements".

Notons que ce sondage qui s’est axé sur les domaines suivants : perspectives économiques générales, chiffre d’affaires, investissements, emploi-gestion des ressources humaines, bénéfices, climat des affaires, a révélé qu’en général les 108 entreprises interrogées attendent des perspectives stables de développement de leur activité pour le trimestre à venir.

Les entreprises ont déclaré avoir enregistré, lors du premier trimestre de l’an 2015, un chiffre d’affaires stable avec une légère croissance (+0,02). En même temps, elles s’attendent à une évolution du chiffre d’affaires au deuxième trimestre aussi (+0,05).

Les investissements faits par les entreprises les trois derniers mois ont été stables à légèrement positifs (0,01) et le pronostic est similaire pour le trimestre suivant.

En termes d’emploi et de gestion des ressources humaines, le nombre de salariés a été stable (0,01) et les entreprises prévoient de maintenir leurs effectifs dans les trois prochains mois ou même faire des recrutements. Les entreprises interrogées ont déclaré des profits en léger recul au dernier trimestre, mais leurs prévisions pour le trimestre à venir sont plus optimistes. Le climat des affaires a été perçu comme assez défavorable et les prévisions restent négatives pour le trimestre à venir.

Quel est le message que ce baromètre transmet aux potentiels futurs investisseurs ?

Emmanuel SKOULIOS : "C’est un signal. Comme l’a remarqué mon collège Wolfang LERKE, c’est un peu comme un baromètre de la météo – c’est bon ou ce n’est pas bon ou c’est incertain. Les résultats d’aujourd’hui traduisent une relative incertitude, puisque le curseur est plus ou moins au milieu. En ce qui concerne l’indicateur du climat des affaires, il est effectivement négatif. Cela veut dire que les investisseurs d’ici sont dans une position d’attente, parce qu’il y a une nouvelle équipe politique, que la Moldavie cherche sa voie entre l’Est et l’Ouest, qu’il y a eu quelques affaires qui font planer des incertitudes.

Donc la position d’attente c’est l’aspect négatif, mais l’aspect optimiste c’est que les résultats auraient pu être bien pire, compte tenu de ce qui s’est passé dans l’actualité économique et dans l’Etat (je pense notamment à l’affaire des banques), mais cela traduit aussi une relative indulgence des investisseurs vis-à-vis de la Moldavie - c’est un pays où l’on se sent bien pour investir, on a envie d’aller plus loin, mais il faut qu’on attend encore un tout petit peu et c’est ce que traduit aujourd’hui ce baromètre".

Ce sondage sera fait tous les trimestres et il est censé devenir un indicateur du développement économique de la Moldavie, mais aussi un outil de dialogue avec le gouvernement et les groupes d’intérêt.

Le 23 avril 2015