L’intégration qui sent la lavande

De plus en plus de producteurs européens de produits de beauté utilisent des huiles essentielles produites en Moldavie.

Beaucoup de cosmétiques faits en Europe sont imprégnés du parfum de la lavande récoltée sur les champs moldaves, la Moldavie se classant parmi les dix les plus grands producteurs mondiaux de lavande.

La lavande de Rezina, ingrédient des cosmétiques produits en Allemagne

A peu près 200 hectares plantés de lavande à Mincenii de Jos, district de Rezina – c’est le trésor dont est fier l’entrepreneur moldave Gheorghe Jereghi qui s’est associé en 2000 avec le britannique Robert Ethrington pour créer la société „Resendjer”. Economiste par sa formation, Robert Ethrington a pour la première fois visité la Moldavie en 1994, au sein d’une mission de consultation auprès de la Banque Mondiale. Le sol fertile et les conditions météo favorables de Moldavie l’ont déterminé à y lancer une affaire « parfumée ». Maintenant, Robert Ethrington se rend en Moldavie trois-quatre fois par an, afin de prendre le pouls de l’affaire.

Robert Ethrington. Photo : newsmaker.md
Robert Ethrington. Photo : newsmaker.md

En fait, au début, la lavande était plutôt une passion pour les deux associés de Mincenii de Jos, mais, vu la demande croissante d’huile de lavande sur le marché européen, cette passion a pris un autre contour.

Aujourd’hui, une bonne partie de l’huile produite par Gheorghe Jereghi arrive en Allemagne, chez une société fameuse qui produits du shampooing, des parfums, des crèmes de corps, etc., mais dont le nom reste encore un secret commercial…

L’affaire de Mincenii de Jos est présentée sur le portail d’une autre société mondiale de produits de beauté – Weleda : « A 40 km de la capitale moldave, nous avons lancé un projet durable de culture de la lavande organique. Le sol fertile et les étés chauds créent des conditions idéales pour la culture de l’antidote naturel du stress. A travers notre coopération avec « Resendjer », nous soutenons non seulement la production organique, mais aussi les paysans locaux pour lesquels nous créons des emplois à partir de l’an 2003 ».

Environ 300 personnes sont entraînées, en fonction des besoins et de la période de l’année, dans le processus de production de l’huile de lavande. Tous les travaux sont effectués manuellement, y compris le binage et la récolte, car l’utilisation des systèmes automatisés réduit la qualité de l’huile.

Une fois coupées avec une faucille, les fleurs de lavande sont laissées sécher dans le champ pendant une journée, avant d’arriver au distillateur qui les transforme dans un composé complexe comprenant environ 150 constituants actifs aux propriétés anti-inflammatoires, antivirales et antibactériennes. A partir d’une tonne de plantes vertes, l’entrepreneur Gheorghe Jereghi obtient 9-10 litres d’huile essentielle. Cette année-ci, le champ d’ « or violet » a donné trois tonnes d’huile de lavande.

Dix ans d’exportations vers l’Union Européenne

Des champs immenses d’un violet clair et un arôme très intense de lavande – il n s’agit pas de la région française de Provence, mais de l’exploitation de lavande de Alexandru Cotorobai de Cobusca Nouă, district d’Anenii Noi. Cet homme d’affaires dirige l’entreprise « Aroma » qui dispose de 86 hectares plantés de lavande : 83 hectares sont utilisés pour la récolte de fleurs, les trois autres - pour cultiver des boutures censées donner des fleurs l’année suivante. Tout à côté, s’étendent des champs de rose, sauge, hysope, coriandre, aneth et d’autres cultures.

Fête de la lavande à Cobusca Noua. Photo : mamaplus.md
Fête de la lavande à Cobusca Noua. Photo : mamaplus.md

Mi-juin, quand les plantes sont en pleine floraison, on les cueillit pour produire de l’huile. L’entreprise d’Alexandru Cotorobai applique la distillation par le biais des vapeurs qui donne un produit naturel de qualité supérieure, sans utiliser des additifs auxiliaires.

Une tonne de lavande permet d’obtenir 12-15 litres d’huile essentielle. La France, la Belgique et l’Allemagne ne sont que quelques pays où la société « Aroma » exporte ses huiles depuis dix ans déjà. D’ailleurs, selon Alexandru Cotorobai, la capacité de son entreprise lui permettrait de produire une quantité d’huile que l’UE ne serait même pas en mesure d’acheter.

Une affaire au parfum de lavande à seulement 24 ans

Nicu Ulinici. Photo : Ana Maria-Veveriţa
Nicu Ulinici. Photo : Ana Maria-Veveriţa

„Lavanda de Moldova” c’est le nom de la marque créée par Nicu Ulinici qui, à ses 24 ans, est le plus jeune entrepreneur moldave dans ce domaine. Il a décidé de lancer cette affaire « parfumée » il y a deux ans et il gère aujourd’hui une exploitation de deux hectares à Valea-Trestieni, district de Nisporeni. A présent, il vend ses produits – bouquets de lavande, sachets aromatisés ou huile essentielle de lavande - dans les réseaux commerciaux de Chișinău, mais il vise fermement à accéder sur le marché de l’UE.

« C’est ma première expérience. Après avoir analysé plusieurs idées d’affaires, j’ai opté pour la lavande, car c’est une plante spéciale », affirme Nicu. L’huile essentielle de lavande est produite une semaine après la floraison de la plante : « Après avoir cueilli les fleurs, je les laisse sécher pendant une journée directement dans le champ et après j’en extrais de l’huile. Environ 150 kg de fleurs fraîches de lavande donnent un litre d’huile », explique le jeune entrepreneur qui envisage d’élargir son affaire et de cultiver aussi de la menthe.

A présent, le plus gros fournisseur d’huile de lavande du monde est la Bulgarie (plus de 100 tonnes par an), suivie par la France et la Chine.

Conformément aux données du Bureau National des Statistiques, en 2014, en Moldavie il y avait 569 hectares de lavande.

D’après un article de Ana-Maria Veverița, publié sur http://diez.md/2016/09/07/integrare-cu-aroma-de-lavanda-tot-mai-multi-producatori-europeni-de-cosmetic-folosesc-uleiurile-esentiale-din-moldova/

Le 28 décembre 2016